Assemblée Générale de l'AFS du 7 juillet 2011 à Grenoble
17h - amphi Weil



Ordre du jour

Rapport moral

Rapport financier

Présentation de la 3e version de la Charte déontologique

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approbation du rapport moral
approbation du rapport financier
approbation de la charte

présentation des candidatures au CE

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présentation des candidatures à la présidence

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Candidatures au Comité Exécutif et/ou à la présidence

Les candidatures sont classées par ordre d'arrivée


  • Frédéric Lebaron

    Professeur de sociologie à l'université de Picardie-Jules Verne depuis 2004 (après avoir été MCF dans cette même université depuis 1997), je suis également, depuis 2005, directeur du Centre universitaire de recherches sur l'action publique et le politique - épistémologie et sciences sociales (UMR 6054 UPJV-CNRS), laboratoire pluridisciplinaire de sciences sociales. Je suis également ancien membre junior de l'Institut universitaire de France (2005-2010).

    Ma candidature au CE de l'AFS se situe dans le prolongement direct de mon implication dans la vie collective de la discipline:
    -  co-animation du RT "Elites" de l'AFS, participation aux RT "Sociologie de la gestion", "Sociologie économique" ainsi qu'au RC33 ("Logique et méthodologie") de l'Association internationale de sociologie (AIS) ;
    - élection (au titre du SNESup) au sein de diverses instances d'évaluation: Comité national du CNRS (section 36) entre 2004 et 2007 puis Conseil national des universités (section 19) entre 2007 et 2009 ;
    - participation à plusieurs réseaux internationaux de chercheurs en sociologie (notamment dans le cadre du PICS CNRS SOCSTYLE).

    Dans le contexte des réformes néolibérales de l'enseignement supérieur et la recherche, qui dégradent fortement les conditions d'exercice du métier de sociologue (précarisation de l'entrée dans les carrières de la recherche, détérioration généralisée des conditions de travail, éclatement des structures collectives, nouvelle gestion publique utilitaire et centrée sur des indicateurs contestables, etc.), la sociologie doit se mobiliser afin de constituer une force de résistance et de propositions alternatives. Elle ne le pourra que dans la collégialité, la démocratie et l'ouverture, et, en particulier, à la condition expresse de "balayer devant sa porte" et d'être irréprochable.

    Ma candidature s'inscrit ainsi dans le cadre d'une démarche visant à renouveler le fonctionnement collectif de notre discipline, notamment à la suite des dérives constatées au CNU durant les quatre dernières années. Ce renouvellement repose sur plusieurs idées:
    - des procédures collectives plus démocratiques et transparentes à tous les niveaux  ;
    - la mise en place d'un large débat collégial sur les critères d'évaluation des activités dans la recherche et l'enseignement supérieur, aboutissant à un consensus et à une communication claire, en relation étroite avec, notamment, la section 19 du CNU et la section 36 du CoNRS (cela suppose notamment un débat sur les supports de publication, mais ne s'y réduit évidemment pas)  ;
    - des procédures de publication plus systématique et officielle des informations professionnelles (composition des comités de sélection, critères d'évaluation de ceux-ci, etc.) ;
    - l'élaboration d'une réflexion collective sur l'internationalisation de la sociologie et ses conséquences pour la sociologie française, notamment en matière de diffusion des connaissances, de carrières, etc. ;
    -  une politique de soutien actif aux "entrants" (doctorants, jeunes chercheurs...), notamment en matière d'insertion dans le champ scientifique international.
    - un lien étroit avec les collègues de SES soumis à une réforme des programmes anti-pédagogique qui menace aussi notre discipline.


  • Raoul Marmoz

    Je suis candidat au conseil d’administration de l’Association Française de Sociologie. Je souhaite agir afin que la sociologie soit une matière professionnalisante. Je souhaite agir afin  que l’AFS se batte pour la suppression de la dichotomie entre les masters à but professionnel et les masters recherche. Je souhaite que l’AFS agisse pour que l’on puisse développer une nouvelle branche de la sociologie : la sociologie active. Je souhaite que l’on agisse pour l’AFS se batte pour que la sociologie existe et soit reconnu par le patronat en vue de développer des débouchés pour les étudiants.


  • Nicolas Sembel

  • MCF en Sociologie, IUFM d'Aquitaine (Université Bordeaux 4) et Centre Émile Durkheim (Université Bordeaux 2)
    Profession de foi en vue de ma candidature au CE de l'AFS / Grenoble juillet 2011.
    - Il y a tant à faire pour la promotion de la sociologie aujourd'hui : tel est le credo que je voudrais défendre dans la perspective du renouvellement du CE de l'AFS.
    - Promotion de l'enseignement de la sociologie au sein des réformes qui jalonnent l'enseignement supérieur et du second degré : collèges universitaires, mastérisation de la formation des enseignants, modification des programmes de Sciences économiques et sociales en lycée, pour ne citer que celles-là, sont des rendez-vous que notre discipline ne peut pas manquer, pour essayer d'accroître son influence, et lutter contre les potentialités d'affaiblissement qui la menacent.
    - Promotion de la recherche en sociologie autour de fondamentaux toujours à rappeler et à consolider : pluralisme méthodologique, approfondissements théoriques, déontologie minimale mais sans concession, dans les manières d'exercer notre discipline, de la délimiter théoriquement, de la produire empiriquement, de l'écrire aussi ; en un mot, de défendre son autonomie scientifique, réelle mais mouvante, régulièrement questionnée par des épisodes parfois désolants, et renforcée par des victoires rassurantes. 
    - Promotion de la professionnalisation de la sociologie, dans les domaines de l'enseignement, de la recherche, des bureaux d'études, des postes et des missions à assurer ou qui restent à définir voire à inventer, à conquérir, d'abord par la conviction de l'utilité sociale de la sociologie.
    - Sur ce dernier point, la rencontre avec des non-sociologues incline parfois plus à l'optimisme que les échanges entre (certains) sociologues : contre toute tendance au pessimisme, je pense que la promotion de notre discipline passe par la lutte contre l'étroitesse des perspectives défaitistes et par la multiplication des liens avec des collectifs proches : ASES (Sociologues du Supérieur), ANCSP (Chercheurs en Science Politique), APSES (Professeurs du secondaire), Associations nationales et internationales de Sociologie (Association internationale de sociologie, Chercheurs sans frontières, etc), sur les terrains de l'enseignement, de la recherche, de la professionnalisation, mais aussi des médias, du politique et du juridique chaque fois que nécessaire. 
    --L’Association française de sociologie a un rôle crucial à jouer dans le contexte actuel, de nombreuses responsabilités à assumer sans faiblesse, et besoin de toutes les bonnes volontés se retrouvant sur quelques principes essentiels.

  • Pascal Fugier

    Docteur en sociologie, ingénieur d’études à l’Université Paris 7 (vacataire) et chargé de cours à l'Université Paris Dauphine. Je suis aussi intervenant vacataire en sociologie à l’ARIFTS-SAFRANTS de Angers, centre de formation de travailleurs sociaux. Je suis par ailleurs chercheur associé au Laboratoire de Changement Social de l’Université Paris 7 (EA 2375).

    Je souhaite poser ma candidature pour intégrer le comité exécutif de l’AFS à l’issue de l’Assemblée Générale du prochain congrès de l’association. Membre de l’AFS depuis le début de mon doctorat, soit 2005, j’ai immédiatement pu en apprécier le vif intérêt : en permettant aux nombreux anonymes des facs de province que nous sommes d’exister institutionnellement, via notre intégration dans ses réseaux thématiques ainsi que dans le répertoire des sociologues ; en nous informant de l’actualité de la profession ; ou encore, plus récemment, en travaillant à la constitution d’une charte éthique. Voilà largement de quoi motiver ma candidature. Par ailleurs, ayant depuis le début de l’année 2011 pris en main le blog du RT16 « Sociologie clinique » de l’AFS, cela constituerait aussi une continuité que d’en intégrer le comité exécutif et de représenter ainsi cette orientation théorique, comme vous nous y invitez dans votre mail, tout en ayant à cœur, évidemment, de défendre toute la sociologie, au-delà même des ESRP.

    Outre ma présence à chacune des réunions du CE, je souhaite m’impliquer le plus concrètement possible dans ses différents champs d’action. Ma participation au secrétariat et au comité de rédaction de la revue Interrogations me rendent sensible aux activités relatives à la revue Socio-logos ainsi qu’au secrétariat général de l’association. Par ailleurs, ayant noué des liens avec les membres du CASP, ce dernier pourrait constituer un de mes champs d’action, tout comme celui des réseaux thématiques. Cela dit, je ne fais ici qu’évoquer de possibles modalités concrètes de participation au CE de l’AFS et m’engage bien entendu à participer à toute activité faisant le quotidien comme l’extra-quotidien du comité.

  • Catherine Delhoume

    Enseignante-chercheur à l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais
    (Département STIM, Sciences Transversales de l’Ingénieur et Management)
    Membre de l’équipe de recherche PICAR-T (Processus d’Innovation, Compétitivité dans les secteurs Agricoles, Agroalimentaires, Agroressources, Ruraux & Territoires).

    Diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence en 1998, j’ai ensuite continué à travailler dans le domaine des sciences politiques en suivant le DEA de science politique comparative (option Amérique Latine) de l’IEP d’Aix. Le travail de mémoire mené avait pour sujet le Mexique et la place des nouvelles religions dans le pays, dans un contexte de transition démocratique.
    J’ai par la suite « dévié » vers la sociologie du développement, en m’inscrivant en thèse à l’IEDES (Institut d’Etude du Développement Economique et Social, Paris I). Le sujet de mon doctorat était le suivant : « Le Mexique dans un contexte d’ouverture. Ruptures et continuités des pratiques sociales paysannes. Le cas de deux organisations de producteurs de canne à sucre » (Directeur de thèse : Maxime Haubert). J’ai effectué à cette occasion un travail de terrain assez important auprès d’organisations de producteurs de canne à sucre. Ma thématique de recherche étant assez « large », j’ai dû mobiliser plusieurs sous-champs disciplinaires de la sociologie : des organisations, de l’action collective, rurale et du développement notamment. De même, j’ai été sensibilisée à l’interdisciplinarité, que ce soit via l’économique ou la technique, deux éléments déterminants pour l’étude du monde rural.
    Suite à cette thèse et souhaitant travailler dans le domaine du rural et de l’agro-alimentaire, j’ai trouvé un poste d’enseignant-chercheur à l’IPLB (anciennement Isab, Institut Supérieur d’Agriculture de Beauvais) où je travaille depuis 2005. J’y assure des cours auprès d’élèves ingénieurs en sociologie, comportement alimentaire, méthodes des sciences sociales et systémique. A cela s’ajoute un encadrement de mémoire de fin d’études d’ingénieur et de stagiaire.
    Quant au domaine de la recherche, celle-ci s’est consolidée depuis deux ans, avec la création d’une équipe de recherche – Picar-T- labellisée par l’AERES et dont je suis la suppléante. J’ai ainsi participé à plusieurs programmes de recherche (projet « Dynamique des Territoires Laitiers », projet européen « Netgrow », « Améliorer les capacités d’innovation des PME agroalimentaires au travers des relations partenariales et de la performance par l’apprentissage »). L’équipe de recherche a pour ambition de développer les projets académiques mais aussi plus « industriels », l’ouverture d’une école d’ingénieurs vers le monde de l’entreprise étant importante stratégiquement.
    Enfin, j’ai pour objectif de passer une HDR à l’horizon 2015, avec pour thématique l’appréhension des identités professionnelles agricoles et le pilotage des apprentissages organisationnels.

  • Didier Demazière

    Je souhaite me porter candidat au comité exécutif de l’AFS, avec la perspective –si je suis élu- d’être candidat à la présidence de l’association. Compte tenu de mes propres engagements au service de la communauté des sociologues et de la sociologie, je suis prêt à me mobiliser pour accompagner, structurer et consolider la belle dynamique collective qu’est l’AFS. Le rôle clé de l’AFS est de renforcer le rayonnement et la légitimité de la discipline.

    Cette mission se décline en plusieurs dimensions, également importantes.

    • Poursuivre l’entreprise d’animation scientifique de notre communauté dans laquelle l’association s’est fortement engagée depuis sa création. Un telle mobilisation est un levier permettant non seulement d’organiser la communauté mais aussi de donner du crédit à la discipline. La visibilité de la sociologie doit être encore renforcée, à travers l’organisation de manifestations d’ampleur (congrès, vie des RT/GT) et l’entretien de relations avec des associations homologues d’autres disciplines (anthropologie, science politique, histoire...).
    • Prendre une part active dans la production de normes professionnelles en matière de pratique de la recherche (déontologie, gestion des manquements…) et d’organisation des carrières (évaluation, recrutement…). Dans la dernière période particulièrement agitée, l’AFS a su contribuer, avec et auprès d’autres collectifs organisés, au vaste chantier relatif à la régulation de nos pratiques professionnelles. Ainsi, si elle est fondamentalement un espace de débats scientifiques et de socialisation professionnelle, elle devient aussi une autorité morale au sein de la profession d’abord, vis à vis de l’environnement institutionnel ensuite.
    • Lutter contre les initiatives et réformes pouvant affaiblir la sociologie en termes de débouchés (SES, doctorants...) ou de conditions de travail et d’emploi (financements, statuts...). L’avenir de la discipline est fortement dépendant de son ancrage dans le monde académique et il l’est tout autant de son implantation dans d’autres mondes professionnels. Car la sociologie a vocation à être exercée dans de multiples univers professionnels, et sa légitimité s’y joue tout autant que dans l’enseignement supérieur.
    • Ancrer l’association dans un réseau élargi d’échanges académiques internationaux. Les relations qui ont été nouées avec des associations de sociologues d’autres pays doivent être démultipliées. Et l’ouverture à des sociologues et sociologies non hexagonales représente un autre moyen de donner visibilité et solidité à l’AFS, à ses composantes, à ses adhérents.

    Aucune de ces missions ne doit être négligée, car chacune contribue à renforcer le rayonnement, la consistance et la légitimité de la discipline, et ce faisant à lutter contre les pratiques visant à s’autoproclamer sociologues. Les solutions ne viendront pas d’une protection du titre, d’un repli académique ou de la fermeture du marché du travail. Ma conviction est qu’elles résulteront d’un travail collectif orienté vers l’identification de principes de référence partagés (l’impératif de l’enquête, les règles de la méthode, l’exigence de transparence…) permettant de caractériser notre matrice disciplinaire. Elle est aussi que cette entreprise doit obstinément éviter la standardisation et la normalisation des pratiques, et doit reconnaître –dans un cadre commun- la diversité de la sociologie, qui est sa richesse.

    Les chantiers auxquels l’AFS doit s’atteler sont donc multiples et de nouveaux émergeront assurément à l’avenir. Pouvoir y répondre implique dynamisme et capacité d’organisation et requiert esprit d’ouverture et respect de la collégialité. C’est avec ces exigences que, au long de mon parcours professionnel, j’ai exercé des responsabilités variées et me suis investi dans des tâches collectives multiples (voir précisions ci-dessous). Si je m’y suis engagé c’est parce que je suis convaincu que le développement d’initiatives collectives (labos, revues, associations…) est une ressource pour soutenir et renforcer les projets et activités de chacun. Aussi je me suis efforcé, dans tous les réseaux, instances, organisations, auxquels j’ai pris une part active, d’impulser des projets mobilisateurs dans le respect de la variété des points de vue et sensibilités. Cet équilibre est une condition centrale de toute dynamique collective.

    C’est aussi en fonction de cette ligne de conduite que je conçois le pilotage de l’AFS : préparation collective des dossiers, partage des responsabilités, mise en débat des orientations, collégialité des décisions, etc. Pour mettre en œuvre ces principes, je m’appuierai sur le comité exécutif, dont je souhaite qu’il représente la diversité de notre communauté, de tous les points de vue, statutaire, générationnel, scientifique… De plus les réseaux (RT/GT) constituent les unités de base à la source de la vitalité de l’association, et cela doit conduire à porter une attention particulière à leurs initiatives scientifiques et à les associer étroitement à l’organisation des congrès et plus largement aux missions de l’association.

    Un dernier point : jusqu’ici je n’ai pas été membre du comité exécutif, mais j’ai contribué au fonctionnement de l’AFS d’une autre manière. Tout particulièrement à travers l’animation du Réseau « Méthodes » dont j’ai eu la charge entre 2003 et 2009 : dans ce cadre j’ai participé à la préparation des congrès de Villetaneuse, Bordeaux et Paris, et lancé d’autres initiatives scientifiques, comme des colloques et publications collectives portant sur l’analyse textuelle des volumes des résumés préparés pour les congrès. Ma candidature s’inscrit dans la continuité de cette responsabilité exercée au sein de l’AFS, et elle est aussi un prolongement des charges collectives qui m’ont été confiées jusqu’ici.

    C’est avec ces perspectives et ces convictions que je m’engage à exercer le cas échéant les responsabilités de président de l’AFS.

    En guise de petite fiche d’identité

    Exemples de la variété des responsabilités collectives exercées

    Sociétés savantes : coordination du RT20 Méthodes de l’AFS (2003-2009), coordination du réseau Occupations and Professions de SASE (depuis 2007).
    Laboratoire : direction du laboratoire Printemps (UMR CNRS-UVSQ) entre 2001 et 2008.
    Revues : direction de Sociologie du Travail (depuis 2004) et codirection de Langage et Société (depuis 2005).
    Enseignement : direction du domaine sociologie de l’école doctorale de Sciences Po (depuis 2011).
    Evaluation : membre élu de la section 40 du comité national du CNRS (2004-2008).
    Colloques : co-organisation du colloque Les parcours sociologiques d’Andrew Abbott (mai 2011), organisation de la Conférence intermédiaire de RC52 (Sociology of Occupational Groups) de l’AIS (octobre 2004), nombreuses autres expériences de montage de manifestations scientifiques.

    Eléments succincts de parcours professionnel

    Doctorat de sociologie en 1991, recrutement au CNRS en 1992, actuellement directeur de recherche (section 40).
    Rattaché au Centre de Sociologie des Organisations, après 11 ans au laboratoire Printemps (UVSQ) et 6 ans au Clersé (Lille).
    Enseignement : Sciences Po et Paris-Dauphine (après UVSQ, Paris I, Lille I, Lille II).
    Intérêts de recherche : chômage et politiques publiques ; groupes professions et transformation des métiers ; marchés du travail et carrières professionnelles ; coordination de la production et processus d’organisations du travail.
    Terrains de recherche : les expériences de la privation d’emploi dans différents contextes nationaux ; le travail des élus politiques en position de gouvernement régional ; le fonctionnement des communautés de développeurs de logiciels libres ; les régulations des marchés du travail sportif.


  • Yvon Lamy
  • J’ai décidé de présenter ma candidature au Comité exécutif de l’AFS, et, si j’y suis élu, de me présenter à la présidence de notre association. Les trois présidents successifs - Daniel Bertaux, Dan Ferrand-Bechmann et Philippe Cibois - ont fait de l’AFS une institution pleinement reconnue dans l’ensemble des Sociétés nationales de sociologie. Entre elles, des liens réciproques seront, j’en suis certain, renforcés - dans les années qui viennent - grâce à plusieurs initiatives communes de portée internationale.
    Pour avoir participé avec vous aux trois premiers Congrès -Villetaneuse, Bordeaux, Paris -, et pour prendre part régulièrement aux travaux et aux journées d’études du RT 27, j’ai pu mesurer l’exceptionnelle richesse thématique que rendaient manifeste ces rassemblements de sociologues aux origines, aux parcours et aux statuts professionnels divers, tant publics que privés. Comme l’affiche notre prochain Congrès à Grenoble, c’est par centaines que des communications vont y être présentées, dont la valorisation pourra être légitimement assurée par la revue en ligne de l’association, Socio - logos.

    Parce qu’elle n’est pas structurée en groupes régionaux et territoriaux, mais, à l’inverse, en réseaux thématiques souples, en évolution durable et à géométrie variable, l’AFS présente - pour ses membres - cette originalité d’être fondée sur le travail des chercheurs et animée par lui ; à cet égard, la multiplication de sessions conjointes pour le prochain congrès de Juillet, témoigne de manière éclatante des croisements et des regroupements en cours parmi les champs déjà institués et parmi les nouveaux champs en émergence. Pour avoir créé ex nihilo, il y a dix ans, un département de sociologie en université, j’ai pu apprécier l’apport et l’appui de certains des réseaux de l’association au lancement de son premier groupe de recherche.  Une telle vitalité associative ne serait sans doute pas possible si, dans la période dite d’« inter - congrès », de nombreux responsables de réseaux ne s’étaient préoccupés de les faire prospérer – en imaginant des alliances inédites de thématiques souvent au-delà de leurs cercles et de leurs appartenances – sous la forme de Colloques, de Journées d’études et de Séminaires.

    Le processus que je viens d’évoquer à grands traits, met au jour les deux principales raisons de présenter ma candidature au Comité exécutif.
    La première porte sur la nécessité de conserver à l’association cette puissance de rassemblement de tous les sociologues bien au-delà de l’université, du CNRS et des autres grands organismes ; et, de même, des invités étrangers vont cette fois encore participer aux travaux du prochain Congrès.
    La seconde raison est reliée au thème des Etats Généraux sur « la mise en danger » de la sociologie dans la période actuelle. Elle concerne le rôle que je pourrai sans doute jouer avec d’autres dans le Comité exécutif, sur trois dossiers fondamentaux pour la défense de la discipline dans notre pays :

    • Celui de la situation des confrères sociologues précaires et / ou  précarisés, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. C’est un dossier déjà largement ouvert par l’Association des Sociologues Enseignants du Supérieur et qui appelle sans doute des convergences d’action entre les deux associations. Il mobilise dans le même temps nos collègues du CASP, adhérents à l’AFS.
    • Celui de la continuité des principes prévus dans la profession de foi de la liste commune au CNU. C’est un dossier soutenu par l’AFS et dont la mise en œuvre vise à récuser toute auto-promotion de nommés ou d’élus en cours de mandat. Sur un plan global, l’objectif de notre association est de promouvoir une réelle conformité à nos principes déontologiques en matière d’évaluation des collègues, de modulation des services et de hiérarchisation critériologique.
    • Celui de la reproduction du corps des sociologues en France. C’est un dossier déjà instruit par l’AFS en relation avec l’Association des Professeurs de SES dans les lycées (APSES). Aujourd’hui interpellée par les nouveaux programmes de l’Inspection Générale et les nouveaux temps d’enseignement inégalement répartis entre les deux disciplines - économie / sociologie -, l’APSES revendique auprès du ministère le rééquilibrage de la part attribuée à la sociologie par rapport à celle, nettement plus généreuse, accordée à l’économie.

    Enfin, j’ai tout à fait conscience de la charge de gestion que représente la vie au jour le jour d’une association comme l’AFS en régime de croisière ; et j’ai également conscience du partage de la charge qui s’impose entre tous les membres du CE. Pour en avoir parlé avec le président actuel Philippe Cibois et avec certains membres du CE, il est nécessaire que les divers dispositifs – réseau numérique, feuille régulière d’informations, blogs… - décidés lors des trois précédents Congrès et mis en œuvre avec une régularité exemplaire entre les Congrès, puissent se poursuivre, éventuellement en se dotant de moyens techniques nouveaux, mais autour du même enjeu : la meilleure communication qui soit, d’abord en interne, entre collègues de courants et de statuts différents, et ensuite en externe avec d’autres associations d’enseignants - chercheurs telle l’ASES (dont la plupart des adhérents sont aussi membres de l’AFS). Enfin, la politique de communication doit, sur un plan international, prolonger et renforcer l’ouverture scientifique aux grandes Sociétés de sociologie à l’étranger, dont nous voyons déjà les effets positifs lors des Congrès.

    Ainsi, en faisant part de mon intention à tous les membres de l’AFS, en ce moment particulier de ma carrière (passage à l’éméritat), j’ai simplement voulu souligner que les raisons évoquées ci-dessus expliquent et sous - tendent la double candidature que je compte présenter à l’occasion du prochain Congrès.


  • Hugo Dupont

    Je termine ma première année de thèse qui s’intéresse au parcours scolaire de jeunes présentant des troubles du comportement, pathologie mentale autant que handicap psychique.

    Je suis diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence avec une spécialisation en science politique comparative. J’ai souhaité approfondir le travail entamé lorsque j’ai étudié les domaines de l’action collective en milieu scolaire et les politiques publiques scolaires, notamment institutionnelles, menées en faveur des jeunes en situation de handicap psychique. Pour ce faire j’ai entamé une thèse de sociologie pour me préoccuper plus spécifiquement de ces jeunes eux-mêmes à partir de leur expérience sociale en général et de expérience scolaire en particulier.

    Effectuant mes recherches au sein du secteur sanitaire et médico-social, je m’aperçois du manque de connaissances sociologiques des travailleurs sociaux qui pourtant, à chacune de mes venues, se montrent curieux de savoir ce que je pense des pratiques, des prises en charge et de tout autre aspect de leur travail et du secteur dans lequel ils œuvrent. Ils parlent de la sociologie comme d’un souvenir lointain qui date de leur formation initiale. Pourtant, un regard sociologique sur leur travail enrichirait le sens qu’ils donnent à leurs pratiques en venant compléter les analyses psychologiques et psychiatriques actuellement dominantes dans ces secteurs. Cela m’apparaît d’autant plus pertinent que certains nomment la déficience dont ces jeunes seraient porteurs de « handicap social ».

    C’est donc pour participer à cette valorisation de la sociologie en dehors du seul cadre académique, que je ressens le besoin de prendre ma part dans la vie de l’Association Française de Sociologie à travers son Comité Exécutif. Je participerai ainsi à l’ouverture de notre science.


  • Florent Gaudez

  • Aujourd’hui à mi-parcours de mon mandat électif au Comité Exécutif de l’Association Française de Sociologie, je ne suis donc pas candidat à un renouvellement de mandature. En revanche je serai candidat à la succession de Philippe Cibois, c’est pourquoi je me permets aujourd’hui de vous écrire quelques mots pour vous préciser qui je suis et quelle est ma vision des choses pour les suites de notre aventure.
    Je suis Professeur de Sociologie à l’Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, où je dirige un laboratoire de Sociologie nommé EMC2 (Equipe d’accueil : Émotion-Médiation-Culture-Connaissance), et Vice-Président de l’AFS en charge de l’organisation du IVème Congrès. Mes activités de recherche se situent à l’articulation des sociologies de la culture, des arts et de la connaissance.
    En terme de notoriété, il est clair que je ne suis pas le sociologue « le plus célèbre du monde » de France cependant ce que je peux humblement mettre à la disposition de notre communauté, outre une solide pratique associative, est une expérience éprouvée de coordination de collectifs de divers types (DUT, DEUG, Master…), participation à des collèges de direction divers (Ecole doctorale, GDRi-CNRS, Cluster régional…) et Directeur éditorial de la revue Sociologie de l’Art – OPuS (que j’ai animée à différents postes depuis plus de 15 ans).
    En ce qui concerne ma pratique associative (dans l’espace de la Sociologie), pour l’exposer chronologiquement, je commencerai en disant que je suis entré à l’ASES au début des années 90 (à l’époque de la présidence Tripier) et mon cas avait alors fait jurisprudence, car c’était la première fois qu’un non-statutaire (un jeune blanc-bec - j’étais alors simple chargé de cours à Paris V) y sollicitait une adhésion. Devenu entre temps ATER, on accepta de m’y introduire, puis d’autres suivirent.
    Deux ou trois ans après, j’ai intégré l’AISLF au sein de laquelle j’ai co-animé durant près de dix ans le CR18 (Comité de Recherche en Sociologie des Arts) tout en participant aux activités du CR 14 (Comité de Recherche en Sociologie de la Connaissance). J’y suis toujours un membre actif de ces deux CR.
    Puis j’ai adhéré à l’AIS où je suis Board Member (ainsi y dit-on) du RC 37 (Research Committe on Sociology of arts) tout en suivant aussi de près les activités du RC 14 (Research Committe on Sociology of Communication, Knowledge and Culture).
    Finalement, ce n’est que tout récemment que je me suis décidé à entrer à l’ESA (alors même que certains groupes commencent à s’y ouvrir à d’autres langues que l’anglais, dont le français) et j’y suis présent dans trois Research Networks : RN2 (Sociology of the arts), RN7 (Sociology of Culture), RN11 (Sociology of Emotions).
    Quant à l’AFS, j’en suis membre depuis le début de son histoire, ayant participé à tous ses Congrès sans exception, y compris le Congrès de fondation à l’ENS-Cachan. J’y suis actif au sein du RT14 (Sociologie des arts et de la culture) et du RT10 (Sociologie de la Connaissance) dont je suis membre du bureau.
    J’en ai intégré le Comité Exécutif lors du IIIème Congrès à Paris et je dois avouer que je ne regrette pas cette expérience, signifiante à bien des égards. J’y ai en effet découvert une bonne ambiance de travail au cœur d’une équipe de gens sympathiques, emprunts de bonne volonté, de personnes travaillant en toute simplicité (du Doctorant au Professeur émérite) à l’intérêt de la chose collective (dans la diversité des genres, sensibilités, courants, caractères, écoles…), d’un fonctionnement collégial et de rapports humains « vrais », c’est-à-dire capables d’osciller entre les frictions bien naturelles au sein d’un groupe d’une part, et d’autre part la cohésion et le soutien mutuel de ce groupe, dans la confiance réciproque et avec une authentique volonté et force de travail. Bref, des bosseurs dévoués à la communauté et n’attendant rien en retour.
    C’est d’ailleurs pour toutes ces raisons que j’ai accepté de proposer ma candidature, rassuré par le fonctionnement de cette équipe.
    Selon moi, un bon Président (quelque soit l’instance qu’il préside) est d’abord et avant tout quelqu’un capable de se retrousser les manches et de mettre les mains dans le cambouis, capable de motiver son équipe, mais il ne peut bien le faire que s’il est bien entouré (parfois il a pu choisir, et parfois il fait avec), capable de déléguer les tâches et surtout de bien déléguer, c’est-à-dire à des personnes adéquates, compétentes, motivées et disponibles. Il doit par ailleurs avoir une vision large et globale des objectifs et des tâches à entreprendre.
    L’AFS a avant tout comme objectif de mobiliser une communauté dans le but de promouvoir sa discipline. Dans ce but, et à l’image d’autres grandes associations disciplinaires nationales et internationales, elle s’est dotée sur le plan de la Recherche de Réseaux Thématiques fonctionnant en autonomie et fédérés au sein de ce dispositif. Elle a par ailleurs, et c’est l’une de ses grandes spécificités, vocation à regrouper en France tous les sociologues, c’est-à-dire aussi bien ceux issus du monde académique que ceux issus du monde professionnel et c’est très important à mes yeux. En ce sens, il me semble qu’il nous faut à l’avenir veiller à donner plus de visibilité au CASP (Comité d’Action Sociologie Professionnelle) tout en resserrant symétriquement nos liens organiques avec l’ASES. Dans cette optique je propose que nous organisions conjointement, à mi-parcours entre deux Congrès, des Etats-Généraux de la Sociologie, dans la continuité de l’initiative née à Paris lors du IIIème Congrès et qui sera renouvelée cette année à Grenoble.
    Promouvoir notre discipline, c’est agir aujourd’hui en pensant à demain. Ceux qui feront la sociologie de demain, ce sont nos jeunes. J’ai été frappé, je l’ai dit, au sein de la diversité des générations constituant le CE de l’AFS de la part importante de jeunes collègues motivés. C’est une vraie chance pour nous et il faut la préserver, la soutenir et l’encourager. C’est pourquoi je salue d’avance les candidatures des Doctorants, des jeunes Maîtres de Conférence et des jeunes praticiens qui ont osé franchir le pas de ce seuil symbolique d’une grande association. Mais dans le même temps, je dois aussi saluer évidemment les collègues confirmés (voire surconfirmés) qui n’ont rien à prouver et pourtant viennent faire acte de bénévolat pour épauler cette jeunesse en actes.
    Il y a bien d’autres points sur lesquels j’aimerais mettre le projecteur, mais afin d’éviter d’abuser je n’en soulignerai qu’un dernier : la question de la Francophonie. Elle est un enjeu en soi certes, mais je pense surtout que le salut et la promotion de la Sociologie française passent aussi par la défense et la promotion de la Francophonie (actuellement assurée beaucoup plus par nos collègues et amis francophones - y compris issus de pays non-francophones - que par les sociologues français eux-mêmes), car la langue française n’est pas n’importe quelle langue, soit dit non d’un point de vue chauvin mais simplement d’un point de vue linguistique, et dire cela ne signifie ni un rejet de l’anglais, ni marcher sur les platebandes de l’AISLF, mais une efficace façon aussi de promouvoir la Sociologie française (ce serait trop long à développer ici, mais vous m’avez probablement compris) nous pourrons en discuter. En tout état de cause, il s’agit vraiment aujourd’hui de défendre non seulement une discipline, mais plus, en tant qu’elle s’inscrit dans un groupe de disciplines sérieusement menacées (nous en débattrons lors des Etats-Généraux de la Sociologie « Humanités, Innovation et Création : Nouveaux Usages ? Nouvelles Critiques ? » le 6 juillet)
    Pour conclure, et restant au CE quoi qu'il en soit, je voudrais ne pas oublier de saluer le travail et les membres de l’équipe sortante dans son ensemble, tout particulièrement ceux qui ne se représentent pas et parmi eux notre Président Philippe Cibois. Je souligne que, de mon point de vue, être Président de l’AFS est tout sauf une position de prestige. C’est une lourde responsabilité, beaucoup de travail et une position exposée, non aux honneurs, mais surtout aux critiques (fondées ou non). Il faut bien être conscient de tout cela. J’ai beaucoup de respect pour les précédents Présidents qui ont eu successivement le mérite de concevoir cet outil qu’est l’AFS puis de le mettre sur les rails (c’est le plus dur) et d’essuyer les premiers plâtres. Aujourd’hui le dispositif atteint une vitesse de croisière qu’il s’agit de maintenir en choisissant aussi les bons caps. Le secret de l’action, c’est de s’y mettre. Voilà l’état d’esprit dans lequel, en toute humilité, je me présente à vos suffrages.

  • Suzy Guth

    Synthétiser quarante-trois années d’activité relève du défi, mais comme le suggère Andrew Abbott dans Time matters à propos des « turning points » qui orientent la trajectoire, quelques éléments suffiront pour suggérer les changements induits. 1°5 au Sud de l’équateur fut ce lieu et 1968 ce moment. Assistante à vingt-cinq ans au Centre d’Enseignement Supérieur d’Afrique Centrale à Brazzaville en République Populaire du Congo, je fus plongée au cœur de l’Afrique, avec des étudiants issus des quatre États d’Afrique Centrale et originaires pour beaucoup de leurs villages ; ce temps est révolu, car le centre est devenu université congolaise en 1972. Le Président de la République nous ordonna en 1973 de créer un département de sociologie, ce qui fut fait. Aujourd’hui, ce département explose dans ses locaux – mais, c’est de cette création modeste, dans l’hémisphère Sud, dont je suis la plus fière. C’est là que je crois avoir mis au point, entre deux coups d’État, une technique d’enquête, où l’enquêteur doit devenir invisible.
    Suivirent neuf années au Royaume du Maroc, une thèse d’État soutenue à la Sorbonne (1983). Et j’ai vécu là un paradoxe : alors que les autorités sont craintes et que la liberté d’expression semble variable, c’est dans ce cadre restrictif que les enquêtes furent parmi les plus aisées à mener… sauf auprès des Français ! Ce furent des années de militantisme, où j’ai appris à admirer les opposants marocains qui risquaient à chaque fois leur liberté.
    Retour en France en 1984 et difficulté de vivre dans l’abondance : abondance de livres, de papier, de photocopies, d’informations, de conflits (nous avions à l’étranger un devoir de réserve). La société française avait tellement changé, que les sociologues étaient invités à la télévision et donnaient un avis ; invisibles en 1960, ils font partie des experts ès société en 1980 ! Après avoir exercé dans trois universités françaises (Montpellier III, Metz, Strasbourg) je me souviens de Howard Becker disant en catimini à Eliott Freidson en visitant les locaux à Metz : « Well... it’s not so bad… ».
    Après avoir écrit trois ouvrages, comme j’étais éloignée des réalités quotidiennes africaines, une réorientation s’avérait nécessaire pour moi ; ce fut le retour au tropisme américain, le premier turning point, celui de 1960, et le plus important car j’avais dix-sept ans et j’étais exchange student. Traductions et ouvrages sur la sociologie de Chicago se sont succédés (5). Le dernier en date (je cherche un éditeur), Itinéraire sociologique de Robert E. Park : de Red Wing à Chicago, (390 pages) est lié au hasard ; je venais de lire que Park avait fait ses études à Straßbourg, Germany, quand soudain je me suis demandée si ce n’était pas précisément ici, dans ces locaux où j’exerçais. Une liste des cours suivis et des étudiants inscrits à la Kaiser Willhelms Universität de Straßburg vint confirmer ce fait ; son Allemagne, c’était l’Alsace.
    Membre fondateur de l’ASES, de l’ARES et de l’AFS, je souhaite poursuivre mon investissement dans des institutions sociologiques, en développant avec les collègues le rayonnement international de l’association, tant en Afrique francophone qu’en Amérique du Nord. Une implication plus grande des sociologues français me semble indispensable dans les associations anglophones où nous ne sommes souvent qu’une poignée, et j’œuvrerai pour que nous réfléchissions aux modalités permettant de promouvoir les rencontres avec les collègues de langue anglaise.
    Je suis prête à m’engager dans les activité nécessaires au bon fonctionnement de l’association ainsi qu’à la préparation du prochain Congrès.
    Je suis membre du Laboratoire UMR 7236 (Strasbourg), ancien membre associé de l’IRD et membre des associations suivantes : AISLF, AFS, American Sociological Association, ISA

  • Régis Laurent

    Je suis docteur en Sociologie. Salarié dans le Finistère, je suis "chargé de mission auprès des gens du voyage" depuis 2001. J'ai écrit une thèse sur les "gens du voyage" soutenu à Paris 3. J'ai effectué la plus grande partie de mes études à Besançon. Je défends la possibilité d'ouvrir les réseaux aux chercheurs dont le parcours est "atypique" et qui continue à produire tant bien que mal de la sociologie parfois dans des conditions difficiles (milieu professionnel, engagement, etc.) voire, extrêmes, "en dehors des clous". Par conséquent, je défends aussi la possibilité de sortir de l'isolement lorsque l'on se retrouve dans ces conditions de moins en moins atypiques de recherche "indépendante", l'idée étant de renforcer ou de construire des réseaux de coopération et de solidarité, entre tous les sociologues, ceux qui sont totalement inclus dans l'université comme les autres. Je dispose aussi dans mon parcours, en dehors de l'Université, d'une forte expérience associative dans le milieu de l'Education Populaire et dans le cadre même de l'emploi que j'occupe actuellement auprès des gens du voyage. Je défends donc l'idée que la société française pourrait employer encore plus de sociologues en créant de nouveaux postes et de nouveaux emplois pour diffuser les connaissances sociologiques et voire même dans cet esprit, de populariser notre discipline au delà même de l'université.
    C'est cette perspective d'éducation populaire, et aussi dans un esprit de contradiction en ces temps difficiles où la logique néolibérale domine largement notre société, que je désire défendre la sociologie en proposant ma modeste candidature.

  • Marc Leroy

    Professeur de sociologie depuis 1999, directeur des études du CRDT (Gis-Grale/CNRS), Université de Reims, je suis prêt à m’investir au Comité Exécutif de l’AFS. En effet, mon expérience dans toutes les facettes de notre métier, mon insertion dans de nombreux réseaux et mon indépendance scientifique me paraissent un atout pour ces responsabilités.
                Je soutiens les actions de notre association qu’il convient de saluer et de prolonger. Je suis convaincu aussi que le temps est venu d’intensifier la dimension de reconnaissance institutionnelle et sociale de la sociologie, non seulement dans le domaine académique et professionnel, mais aussi par rapport aux « décideurs » politiques administratifs, économiques et associatifs. Nous devons montrer un front uni pour nouer des dialogues ouverts mais exigeants, en assumant la part corporatiste de notre action : partenariats de recherche et de professionnalisation, soutien aux jeunes, lobbying, implication dans des projets locaux, nationaux et internationaux, accords d’édition, positionnement par rapport aux autres disciplines, labellisation de réseaux de recherche, ... Si je suis élu, je veux contribuer à mettre en œuvre les priorités qui seront définies par les membres de notre association et promouvoir notre discipline.

  • Frédéric Neyrat

    C’est aussi parce qu’elle demande continûment à être défendue que la sociologie est un sport de combat. Défendue face aux mises en cause récurrentes de ses fondements, de ses méthodes et de sa pertinence : que l’on songe, parmi bien d’autres exemples, à ces discours régulièrement distillés sur l’impasse professionnelle à laquelle elle conduirait ; ou aux obstacles que le sociologue rencontre de plus en plus souvent sur ses terrains d’enquête pour mener à bien ses investigations. Et la mise en cause de la sociologie peut devenir même parfois mise en cause du sociologue. Il n’est pas sans danger d’exercer ce métier ici et là : le cas de Pinar Selek, sociologue turque, persécutée depuis treize ans pour ses travaux sur les kurdes, et que l’AFS, avec d’autres (l’ASES, Chercheurs sans frontières, Fédération internationale des droits de l’homme…), soutient, est emblématique.
    C’est sur la place publique qu’il faut ainsi défendre la sociologie. Mais aussi dans l’institution académique. Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est tenté d’en endiguer le développement en limitant le nombre des postes d’enseignants-chercheurs ou de chercheurs. Et cette politique est déclinée dans un certain nombre d’établissements universitaires.  Alors que les candidats sont nombreux dans notre discipline, et que leurs dossiers scientifiques sont très solides, il est assez incompréhensible, par exemple, de voir des enseignements de sociologie assurés par des gestionnaires. Défendre la sociologie, c’est la défendre aussi de certains agissements de collègues peu scrupuleux : les pratiques de plagiat ou les petits arrangements entre amis au CNU (qui se sont accompagnés de la disqualification d’un certain nombre de collègues aux dossiers scientifiques incontestables) ne sont pas propres à la sociologie. Cependant elles ont atteint depuis deux ans un niveau tel dans notre discipline que les associations professionnelles ont été amenées à réagir fortement. Ces pratiques sont d’autant plus inacceptables en sociologie qu’elles fragilisent une discipline que certains s’emploient déjà, de l’extérieur, à affaiblir ou dont ils voudraient, en tout cas, cantonner les ambitions. Parce que la sociologie est, plus que d’autres, régulièrement mise en cause, le respect de ces règles déontologiques minimales s’impose pour nous avec encore plus de force
    Défendre la discipline ne signifie pas adopter une posture défensive, bien au contraire. Mais c’est en étant conscient de son statut présent que nous pouvons favoriser le développement de la sociologie. Par exemple, par un travail de lobbying auprès du ministère et des grands organismes de recherche pour jouer sur cette variable essentielle que sont les postes. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas des espaces de développement pour la sociologie en dehors des institutions académiques ; mais simplement de par mon parcours et mes responsabilités actuelles, je me sens plus compétent pour m’occuper de ce dossier, avec d’autres, si je suis élu à l’AFS. Je souhaiterais aussi continuer à travailler sur l’articulation secondaire-supérieur (j’avais organisé au Congrès de Bordeaux une table-ronde sur la question). Agrégé de sciences sociales, ayant enseigné plusieurs années en lycée et ayant milité à l’APSES,  pour défendre, notamment, le second « s » des  « SES » (Sciences économiques et sociales)  que différentes réformes depuis la création de cet enseignement ont tenté de rendre minuscule, je sais combien la question des programmes des lycées et de la place de la sociologie dans ceux-ci est lourde d’enjeux à la fois pour les élèves et leurs professeurs mais aussi dans l’enseignement supérieur, pour la sociologie en tant que discipline.
    Ma candidature s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens (déjà solides) entre l’AFS et l’ASES, que je préside depuis octobre 2008.  Au titre des responsabilités collectives, je suis également membre de la section 36 du Comité national du CNRS, ce qui m’amène encore à défendre la discipline tout en constatant dans le même temps sa vigueur (au travers de la diversité et de l’intérêt des travaux présentés par des candidats très nombreux face aux postes proposés).
    Je suis Maître de Conférences en sociologie à l’Université de Limoges depuis 2000. Mes travaux actuels portent sur la formation professionnelle et les transformations de l’enseignement supérieur.

  • Kaoutar HARCHI

    En tant que doctorante-allocataire-monitrice (Sorbonne Nouvelle), spécialisée en sociologie du texte/postcolonialité et constructions identitaires genrées, je souhaite, par la présente profession de foi, vous faire part de ma volonté de me porter candidate à l’élection du Comité Exécutif de l’Association Française de Sociologie, dont le Congrès se tiendra à Grenoble, le 7 juillet 2011.
    J’ai le désir de participer activement à la vie de cette importante institution engagée dans la valorisation et la promotion de la discipline sociologique car, à regret, de nombreux éléments récents ou anciens me font croire qu’il est plus que nécessaire de réaffirmer l’utilité et la légitimité de notre science. Etre élue au Comité Exécutif me permettra aussi de réfléchir, avec mes potentiel(le)s futur(e)s collègues, à la question, ô combien importante, de l’insertion des jeunes docteur(e)s au sein du monde académique mais aussi économique et social.  Prolonger et renforcer le remarquable travail mené jusqu’à présent par l’AFS, telles seront mes priorités.

  • Delphine Serre

    Enseignante-chercheuse à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, j’ai mené mes recherches sur différentes professions liées à la protection de l’enfance (professionnelles de Protection Maternelle et Infantile, assistantes sociales, juges des enfants) dans une optique toujours transversale, mêlant sociologie de la famille, du travail, du genre et des classes sociales. Après avoir commencé à enseigner dans un département de sociologie je suis actuellement investie dans des cursus pluridisciplinaires (AES, économie-sociologie), de la licence au master professionnel. Je présente ma candidature dans le souci de défendre notre discipline particulièrement menacée ces derniers temps. Les changements de programme dans le secondaire tout comme les difficultés rencontrées au niveau du CNU ne sont que deux évènements récents parmi d’autres qui montrent la vulnérabilité de notre discipline, attaquée de l’extérieur mais aussi fragilisée par l’absence de positions collectives en interne. Cette conjoncture récente est suffisamment inquiétante pour m’inciter à m’engager plus fortement que je ne l’ai fait jusqu’à présent dans des structures de défense collectives.
    Pour moi l’AFS n’est pas seulement un outil d’intervention et de rassemblement d’une discipline malheureusement trop éclatée. Elle est aussi un lieu de réflexion pour réfléchir à nos conditions de travail et à la façon dont nous voulons faire vivre et diffuser la sociologie. Un premier thème qui, à mes yeux, mériterait des échanges entre sociologues investis dans des structures et des lieux d’enseignement différents tient à la question pédagogique. Dans un contexte où cette préoccupation a toujours du mal à être reconnue ou est rejetée aux marges des parcours de formation (dans des modules de « méthodologie universitaire » par exemple), il me semble urgent que les sociologues soient en mesure de développer leur propre réflexion, voire leurs propres propositions, en ce domaine (et ce bien sûr en coopération avec d’autres associations comme l’ASES). Un deuxième thème serait celui des transformations de l’activité de recherche en lien avec la politique de contractualisation massive, et notamment le développement des ANR. L’AFS est un lieu privilégié pour confronter les expériences d’ANR passées ou en cours et pour réfléchir aux effets de ce mode de financement sur les conditions et les pratiques de la recherche (raccourcissement des délais, précarisation des jeunes docteurs, délégation du travail de terrain etc.) mais aussi sur son contenu (orientations, méthodes…).
    Mon souhait et le sens de ma candidature sont de faire de l’AFS plus qu’une association de défense, en position réactive. Son ambition doit être de profiter de la diversité qu’elle représente, tant du point de vue des thèmes que des statuts professionnels, pour mutualiser les expériences, les leçons à en tirer, et être une force de proposition et d’action.

  • Alex ALBER

    Je suis maître de conférences à l'Université F. Rabelais de Tours depuis 2010, membre de l'UMR CITERES et chercheur associé au Centre d'Etudes de l'Emploi. Après avoir travaillé sur la socialisation professionnelle des officiers durant ma thèse, j'ai élargi mon champ de recherches aux personnels d'encadrement du secteur public au sens large, en tentant de saisir, sur des terrains divers, l'effritement des "marchés internes" du public, en lien notamment avec la diffusion d'un éthos gestionnaire largement inspiré des pratiques du secteur privé.
    Sur un plan méthodologique, je me caractérise par une propension à combiner approches qualitatives et quantitatives et à m'investir dans la fabrication d'outils informatiques destinés à la recherche. J'ai notamment développé le logiciel Sonal et je participe depuis longtemps au développement de Trideux, avec Philippe Cibois.
    Ma candidature est motivée par l'envie de m'impliquer davantage dans la vie de notre discipline, qui me semble avoir aujourd'hui un grand besoin d'être promue et défendue, tant sur le plan académique que dans le débat public. Plus prosaïquement, je pense assez normal de donner de mon temps après être sorti des incertitudes statutaires de l'après thèse (expérience d'ailleurs encore assez proche pour que j'aie quelques convictions à défendre sur la question de l'insertion des jeunes docteurs). Sur un plan pratique, ma contribution aux travaux collectifs pourrait notamment tirer profit de ma curiosité pour les nouvelles technologies et les méthodes innovantes.
    Je finirai en précisant que sur un plan théorique et méthodologique, je pense être à l'abri de tout esprit de clan ou d'exclusive, et pouvoir participer de manière constructive et équilibrée à la vie de l'association, qui se doit à mes yeux d'être le lieu d'un débat serein entre toutes les sensibilités de la sociologie.

  • Odile Piriou

    Maître de Conférences à l’Université de Reims, IUT de Châlons en Champagne, je souhaite renouveler ma candidature au Comité exécutif de l’Association Française de Sociologie. En quatre ans de participation au Comité Exécutif, j’ai pu apprécier l’activité de construction et de soutien au développement de la sociologie sous ses différents aspects. J’ai ainsi particulièrement participé à la construction du Répertoire Français des Sociologues (RepFS), aux Etats-Généraux de la Sociologie au Congrès de Paris, au comité de travail de l’AFS sur la Charte…, etc.
    L’année dernière, le travail du Comité Exécutif de l’AFS s’est beaucoup recentré sur les problèmes de régulation institutionnelle. Il a du conjoncturellement réagir à la crise du CNU et aux litiges déontologiques. La transformation de l’exercice de la recherche, de ses institutions, de la mission des universités, des formations, de la place et de la fonction des savoirs dans l’économie de la connaissance plaide pour que le Comité Exécutif de l’AFS se recentre sur les grandes questions scientifiques, professionnelles, humanistes de la sociologie en France. L’Association Française de Sociologie peut et doit développer ces dimensions en dialogue avec les associations des disciplines voisines, des autres pays, au-delà de l’Europe même, où déjà des réflexions sont en cours sur le sort des Humanités. Evidemment maints collègues travaillent à ces questions à des échelles diverses, scientifiques et/ou de pratiques professionnelles. Pour autant, ces enjeux sont au cœur de la mission d’une association à vocation nationale et professionnelle telle que l’Association française de Sociologie. C’est dans la perspective de relancer et mettre concrètement en chantier et en forme ces questions de la place de la sociologie dans la société, en lien avec les autres SHS, que je souhaite  renouveler ma candidature au Comité Exécutif de l’AFS. Concrètement,  cela implique de développer le dialogue avec les autres SHS, et associations représentatives, développer le dialogue et s’engager dans le débat avec les décideurs, développer les éléments sur la réalité de la discipline, ses débouchés, ses usages, son « utilité », sa tradition critique ses postures d’intervention, sa rigueur méthodologique et son éthique (…) et développer les échanges entre les segments praticien et académique.
    Créer une base de données propre à l’AFS sur ces réalités, un ou des dispositifs dont la(les) forme(s) concrètes devront être arrêtées ; Favoriser des rencontres et des débats avec les autres associations françaises et étrangères. Voici quelques éléments plus concrets de ce que le Comité exécutif de l’AFS pourrait engager sur la place et le développement de la sociologie dans nos sociétés, la place de la sociologie dans la recherche, dans les milieux d’action, dans les universités, dont les enjeux majeurs sont des enjeux de sciences humaines et sociales.

  • Hervé Flanquart

    Je pose ma candidature au Conseil exécutif de l’AFS pour apporter ma contribution à la vie scientifique et institutionnelle de cette institution. Je suis actuellement Maître de Conférences en sociologie à l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO-Dunkerque).
    Le parcours qui m’a amené à ce poste a été plutôt long et en zigzag ; le voici en quelques phrases. J’ai fait des études de Sciences économiques et sociales à l’Université de Lille 1 et d’histoire à l’Université de Lille 3, j’ai ensuite passé une agrégation de Sciences Sociales, puis, plus tard, une thèse en sociologie à l’Université de Paris 8. Entre les deux étapes de mon cursus universitaire, j’ai enseigné six ans les sciences sociales dans les sections B et ES d’un lycée de Tourcoing. Aujourd’hui, j’enseigne la sociologie à l’ULCO, dans les filières Culture & Médias et Développement des Territoires, et suis membre du laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société, qui regroupe des chercheurs de plusieurs sciences sociales des Universités du Littoral et de Lille 1.
    Côté thématique de recherche, je me suis d’abord intéressé à la sociologie des croyances (essentiellement religieuses mais pas que…), avant de travailler sur les questions de perception/représentation des risques (essentiellement technologiques et littoraux).   
    Pour ce qui est de mon positionnement dans la discipline, je plaide pour une sociologie qui soit une science sociale « réflexive », qui couvre tout le spectre de la recherche, de la plus théorique à la plus appliquée, et qui, en plus, soit diverse dans ses écoles internes et ouverte sur les autres sciences sociales (et même au-delà – avec précaution néanmoins ! – vers les sciences dites « exactes »). Je détaille ces traits, en essayant, vue la brièveté du texte, d’apparaître ni trop naïf ni trop péremptoire :

    • Une science sociale « réflexive » : si l’objectivité est bien sûr inatteignable dans le travail sociologique, elle doit néanmoins, pour moi, toujours constituer un horizon ; aussi les méthodes et les positionnements épistémologiques doivent-ils être constamment interrogés. Il me semble impossible qu’un sociologue ne soit pas également, peu ou prou, un épistémologue.
    • Une science qui couvre un large spectre, du plus théorique au plus appliqué : pratiquer la sociologie ce n’est pas faire de la philosophie (même si c’est également très bien, la philosophie !), aussi le passage par le terrain est-il presque toujours incontournable ; néanmoins la sociologie ne se limite pas non plus à une collection de techniques, de savoir-faire, donc, avant et après le terrain, c’est le temps de la réflexion et de la construction théoriques. Certain(e)s sociologues peuvent se trouver plus, par goût ou par positionnement institutionnel (les universitaires, les chercheurs du CNRS, de l’INRA, etc.), du côté théorique, d’autres peuvent au contraire se positionner plus fortement du côté de la pratique (les sociologues des cabinets d’études, des instituts de sondage…) ; mais si le dosage entre travail de conceptualisation et études de terrain peut varier, il est difficile d’imaginer un sociologue se passant totalement de l’un ou des autres. 
    • Une science diverses dans ses écoles. C’est ce qui prévaut plutôt, heureusement ; mais peut-être y a-t-il encore trop souvent des réactions d’exclusion entre tenants de paradigmes ou de méthodologies d’enquête différents. Le débat, même vif, est sain, hautement souhaitable – loin de moi l’idée que la sociologie puisse un jour être un monde de bisounours, où tout le monde il serait beau, tout le monde il serait gentil… –, mais ce sont les arguments scientifiques, rationnels qui doivent être privilégiés, pas le soupçon systématique, l’exclusion a priori, le renvoi à des clivages idéologiques supposés, etc.
    • Une science qui soit ouverte sur les autres sciences : certains objets sociaux ne peuvent être abordés efficacement qu’avec des regards scientifiques différents : les faits sociaux possèdent forcément une dimension historique, géographique, économique, etc. Mais dialoguer avec d’autres sciences suppose que l’on sache qui l’on est, d’où le premier point de cette énumération. Personnellement, je ne me sens jamais autant sociologue (et content de l’être !) que lorsque je travaille, au sein de mon laboratoire, avec des géographes, des urbanistes-aménageurs, des politistes…

    Voilà ma vision de la sociologie, celle que je me suis construite après un déjà long parcours professionnel et que je défendrais au sein du Conseil exécutif de l’AFS si j’étais élu. D’ailleurs, si je n’étais pas élu, je défendrais quand même cette vision, puisque c’est celle à laquelle je crois, mais je le ferais comme simple membre de l’association, et au sein de mon Université, de mon laboratoire, des groupes de travail auxquels je participe.
    Un dernier point, avant de terminer, qui a plus trait aux sociologues qu’à la sociologie (puisque celle-ci et ceux-là sont intimement liés…) : je suis bien-sûr pour que l’on fixe des règles déontologiques précises pour les différents conseils, comités et autres instances où se décident les recrutements et les promotions ; néanmoins, pour ce qui est des règles d’exercice de la profession – et donc surtout de l’enquête –, ma préférence va plus vers une charte qui fixerait les grands principes auxquels ne pas déroger plutôt que vers un règlement long et précis, qui tenterait d’imaginer toutes les déviances possibles, les petites comme les grandes, et chercherait à les prévenir a priori. Le travail scientifique a certes besoin d’éthique, mais il a aussi besoin de liberté.    

  • Prisca Kergoat

    MCF depuis maintenant 6 ans, (au Centre Universitaire d’Albi puis à l’Université de Toulouse 2, Le Mirail), mes recherches portent sur la production des inégalités au travail (rapports sociaux : classe, sexe et « race ») en privilégiant une entrée, celle de la formation professionnelle initiale (apprentissage, lycées prof, professionnalisation des universités). J’ai donc été amenée à communiquer dans le cadre de trois réseaux thématiques (RT1 savoir, travail, profession ; RT4 Education et formation et le RT 24, Genre, classe, race).
    Je souhaite déposer ma candidature au Comité Exécutif de l’AFS sachant que l’existence comme le dynamisme de l’Association Française de Sociologie me semble plus que jamais nécessaire. La recomposition de liens, de collectifs, de propositions communes se doit d’être une priorité face à une politique d’individualisation menée sans aucune concertation.
    En ce sens, elle se doit de continuer à être un lieu de rencontre, d’échange et de création de réseaux (dont pour les doctorant(e)s et les jeunes chercheurs) mais aussi d’être une force collective de propositions. Il me semble que l’AFS à pour mission, comme elle a pu le faire précédemment, d'être un support à la définition des pratiques professionnelles et marquer sa vigilance quant aux respects des règles éthiques que cela soit en matière de promotion, d’évaluation ou de recrutement.
    Enfin, celle-ci peut également devenir un lieu de réflexion sur nos formations en étant tout particulièrement attentif à l’évolution des contenus comme des publics. Plus généralement, elle doit pouvoir se prononcer sur les effets de la professionnalisation des universités (renforcement et déplacement des inégalités). Différentes questions que j’aimerais pouvoir porter, auprès de mes collègues sociologues, au sein de l’AFS.

  • Jean-Christophe Marcel

    Je tiens à défendre par cet engagement la ligne d'une certaine déontologie dans l'exercice de la profession, tant sur le plan scientifique qu'institutionnel. Ce qui par les temps qui courent n'est pas un luxe.
    Par ailleurs, je suis attaché comme beaucoup d'autres j'imagine, au maintien de la pluralité des approches et des courants.
    Enfin, je souhaiterais que nous nous donnions les moyens de développer des domaines de recherche à mon sens trop souvent négligés, comme par exemple celui dans lequel je me suis déjà beaucoup investi, à savoir l'histoire de la sociologie.

  • Solenne Jouanneau

    Docteure en sociologie, je suis maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg depuis la rentrée universitaire 2010-2011.
    Si je suis candidate au CE de l’AFS c’est qu’en tant que doctorante j’ai grandement profité des échanges entre sociologues que permettent les congrès organisés régulièrement par cette structure. En effet, il me semble qu’étant désormais titulaire d’un poste d’enseignante chercheur, c’est un juste retour des choses qui m’invite à rendre ce qui m’a été donné en proposant de m’investir à mon tour tant dans le fonctionnement de cette association que dans les actions et combats qui sont les siens. Si vous me faisiez l’honneur de m’élire, je m’investirai dans trois domaines, chacun d’eux participant d’une manière ou d’une autre à promouvoir et asseoir la place de la sociologie en France :
    Premièrement, découvrant la condition d’enseignant chercheur à une époque où celle-ci se trouve violemment attaquée par les réformes en cours (multiplication des processus d’évaluation des enseignants-chercheurs, réduction du nombre de poste qui contraint au sur-service, modulation des services, etc.), je suis tout d’abord prête à m’investir activement dans la défense du métier de sociologue.
    Or, il me semble que pour bien faire cela nécessite indissociablement de dénoncer les processus de précarisation qui, plus généralement, touchent une part croissante de sociologues (que ces derniers soient doctorants, docteurs sans poste, chargés de mission, consultants, tant dans le privé que dans le public, etc.). C’est pourquoi, mon engagement au sein de l’AFS sera plus particulièrement marqué par la défense des conditions de travail et d’insertion des collègues diplômés en sociologie.
    Enfin, le troisième domaine que j’aspire à investir est celui de la défense de la place des sciences sociales au sein de la société française. Plus spécifiquement, en cas d’élection au sein du CE de l’AFS, je me propose avec d'autres d’œuvrer à la mise en synergies des différentes associations de professionnels des sciences sociales (APSES, AESCP, AFSP, l’ANCMSP, ASES, CVUH, etc.) car dans le contexte actuel la promotion et la consolidation des acquis de la sociologie ne pourront faire l’économie d’une mobilisation et d'une réflexion plus collective en vue de de rappeler tant l’utilité que la nécessaire indépendance des sciences sociales en général.

  • Bruno Cousin

    Maître de conférences en sociologie à l’Université de Lille 1 et au CLERSÉ (UMR 8019 – Lille 1 / CNRS) depuis septembre 2010, je suis également chercheur associé au GSPM (EHESS/CNRS). Auparavant, j’ai été allocataire de recherche en Italie et moniteur à Sciences Po Paris (dans le cadre d’une thèse en cotutelle internationale entre l’IEP et l’Université de Milan-Bicocca), ATER à l’Université Paris 8 Saint-Denis, enfin post-doc et enseignant au Département de sociologie de l’Université Harvard et à l’Observatoire sociologique du changement (FNSP/CNRS).
    Étant de la génération qui est entrée dans le monde académique au moment même où l’AFS se constituait (le premier congrès, à Villetaneuse, a eu lieu six mois après mon inscription en thèse), j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier dès le début de la sociabilité scientifique et professionnelle mise en place par ses réseaux thématiques, puis de m’y investir plus activement en intégrant en 2006 le bureau du RT9 « Sociologie de l’urbain et des territoires ».
    En parallèle, l’approche comparatiste que je tâche d’adopter dans mes recherches m’a aussi amené à fréquenter plusieurs associations internationales et étrangères : notamment l’Association Internationale de Sociologie (AIS/ISA), le Council for European Studies (CES) et l’American Sociological Association (ASA), dont je suis actuellement membre. Ces expériences diverses m’ont donné – en bien ou en mal – un aperçu de l’univers des possibles en termes d’organisation de notre profession.
    Aujourd’hui, je souhaite présenter ma candidature au CE de l’AFS pour quatre raisons principales.
    (1) L’association a un rôle central à jouer dans la structuration de notre discipline au niveau national, dans l’animation des échanges scientifiques, et dans le renforcement à l’international de nos relations avec les associations-sœurs : elle doit promouvoir la recherche en train de se faire, et la discussion par les pairs de travaux solides et originaux. Les actions déjà entreprises en ce sens doivent être poursuivies, notamment en essayant de convaincre les nombreux collègues encore hésitant-e-s de nous rejoindre (y compris celles et ceux qui travaillent sur la France depuis l’étranger).
    (2) L’AFS a par ailleurs vocation de continuer à s’opposer aux pratiques comme les autopromotions au sein du CNU ou le clientélisme local primant lors de certains concours de recrutement, qui érodent la confiance en la méritocratie au sein du monde universitaire. Parallèlement, elle doit aussi s’engager contre toute gestion managériale ou technocratique visant à court-circuiter la collégialité, seule garantie d’autonomie scientifique.
    (3) Il est également de notre devoir de réagir collectivement à la dérive des dernières années, qui a conduit un nombre croissant de jeunes sociologues à la précarité. L’AFS dispose certes de moyens d’action limités en la matière, mais elle devrait promouvoir autant que possible l’amélioration des conditions d’emploi et de travail des plus vulnérables d’entre nous, dont l’apport en termes de recherche et d’enseignement n’est plus à démontrer.
    (4) Enfin, face aux attaques et dénigrements récurrents dont la sociologie fait l’objet dans l’espace public français (y compris dans le but de la réduire à la portion congrue dans les programmes du secondaire), l’association doit continuer à œuvrer pour une meilleure reconnaissance de ses multiples domaines d’application, de son utilité sociale, et des nombreux débouchés qu’elle offre sur le marché du travail : une entreprise qui ne saurait être menée à bien sans davantage de coordination entre chercheurs, enseignants-chercheurs, et sociologues travaillant hors de l’Université et des organismes de recherche.
    (Des renseignements supplémentaires sur mes recherches sont disponibles ici : http://gspm.ehess.fr/document.php?id=668)

     

  • Cécile Prévost-Thomas

    Maître de Conférences au département de Médiation Culturelle de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, je souhaite présenter ma candidature au Comité Exécutif de l’Association Française de Sociologie.
    Avant de faire dialoguer la sociologie et la musicologie dans mes enseignements et mes recherches, grâce à l’obtention de mon DEA d’Histoire de la Musique et Musicologie de l’Université Paris Sorbonne (Paris IV), j’ai consacré l’ensemble de mes études universitaires (DEUG, Licence, Maîtrise, DESS, DEA et Doctorat de Sociologie à l’Université Paris X-Nanterre) à notre discipline.
    Lauréate du « Prix du jeune Sociologue » de l’AISLF (Québec, 2000), présente à Cachan le 22 mars 2002 lors de la fondation de notre association ainsi qu’à ses trois premiers congrès, je me suis investie pendant mes années de doctorat dans le Réseau Thématique 14  « Sociologie des Arts et de la Culture » de l’AFS.
    Membre du bureau de ce réseau de 2004 à 2009, j’en suis responsable depuis le congrès de 2009.
    Au-delà de mon implication et de mon engagement pour le RT14, je souhaite mettre à profit mes compétences au sein du Comité Exécutif de l’AFS pour œuvrer à une meilleure compréhension et une meilleure visibilité de la discipline sociologique dans notre société.

    • Valoriser et soutenir l’emploi des jeunes chercheurs,
    • Veiller à la parité et à l’égalité des chances (formation, recrutement, carrière),
    • Encourager le développement de projets et de travaux entre les sociologues de provenance (universitaire, professionnelle) et de champ de recherches différents,
    • Favoriser le dialogue interdisciplinaire avec les autres domaines scientifiques (sciences humaines et sociales et sciences expérimentales),
    • Établir des liens solides et durables avec d’autres réseaux de sociologie à l’échelle nationale et internationale,
    • Inciter un dialogue constructif, cohérent et régulier avec les organes médiatiques généralistes et spécialisés (presse écrite, radio, télévision, Internet) sur notre discipline scientifique et ses différents champs d’application,

    voilà les domaines d’action et d’intervention pour lesquels je suis prête à m’engager au sein du Comité Exécutif de l’AFS dans le but de participer au dynamisme de notre association et à la pérennité de notre profession.