Stéréotypage, stéréotypes : fonctionnements ordinaires et mises en
scène, sous
la direction de Henri Boyer, Actes du Colloque International de Montpellier
(21-23 juin 2006, Université Montpellier III), 5 tomes, Paris, L’Harmattan,
2007.
Tome 1 :
Média(tisation)s, 300 p., 27 euros
Tome 2 :
Identité(s),
332 p., 29 euros.
Tome 3 :
Éducation, École, Didactique, 226 p., 21 euros.
Tome 4 :
Langue(s), Discours, 186 p., 17,50 euros.
Tome 5 :
Expressions artistiques, 188 p., 18 euros.
Les représentations partagées,
qu’elles soient qualifiées de collectives, sociales ou (socio)linguistiques, manifestent une tendance inéluctable au stéréotypage (ou à la stéréotypie). Les stéréotypes, en tant que structures
socio-cognitives, peuvent donc être
considérés comme les produits, toujours disponibles au sein des imaginaires des
communautés culturelles, de ce processus de figement représentationnel. Qu’ils
soient utiles, voire indispensables, pour le confort de la communication entre
membres de ces mêmes communautés, comme le pensent certains, ou qu’il faille
les dénoncer, pour d’autres, en raison de leur nocivité intra et
intercommunautaire, il n’en est pas moins vrai que leur prégnance et leur
impact sont tels qu’ils constituent, pour les sciences de l’homme et de la
société dans leur ensemble, des objets d’étude dont l’intérêt n’a cessé de se
confirmer durant ces dernières années, comme en témoignent de nombreux
ouvrages, individuels ou collectifs.
Le Colloque international de Montpellier « Stéréotypage,
stéréotypes : fonctionnements ordinaires et mises en scène », qui
s’est déroulé du 21 au 23 juin 2006 à l’Université Paul-Valéry, a donné lieu à
une riche confrontation des approches du stéréotypage et des stéréotypes
produites dans divers champs disciplinaires : les sciences du langage
(sociolinguistique, sémiotique, analyse du discours) et la didactologie des
langues-cultures ; la psychologie sociale, la sociologie et
l’ethnologie ; la politologie et les sciences de l’information et de la
communication ou encore la sociocritique, l’analyse littéraire et l’étude des
discours cinématographiques… Les 103 contributions à ce Colloque rassemblées
ici, de par l’hétérogénéité des angles d’attaque, des corpus traités et des
préoccupations théoriques et méthodologiques, ont permis de mettre parfaitement
en évidence, au sein de productions discursives très variées où le stéréotypage
est à l’œuvre, les modalités de fonctionnement, discret ou spectaculaire, des
stéréotypes et les enjeux de tous ordres dont ils sont investis.
Il a fallu gérer une certaine dispersion des objets et des
perspectives, bien que la centration sur la problématique visée soit
incontestable : nous avons opté dans l’organisation du Colloque pour une
distribution en cinq ateliers qui, même imparfaite, permettait d’utiles
regroupements. La composition de ces Actes en cinq tomes reconduit cette
distribution. L’exercice n’a pas été toujours aisé et il est évident que
certaines communications auraient pu figurer dans une autre section que celle
qui a été en définitive choisie. Par ailleurs, chacune des trois conférences
données en séance plénière s’insère dans l’un des cinq tomes, selon sa
dominante. L’édifice ainsi constitué nous semble bien présenter les lignes de
force de la recherche actuelle sur le stéréotypage et les stéréotypes.
Les questionnements spécifiques, concernant aussi bien des fonctionnements
ordinaires que des mises en scène, prennent place dans l’un des cinq
ensembles publiés :
– C’est du vecteur médiatique qu’il est question dans le Tome
1 : Média(tisation)s, du
stéréotypage et des stéréotypes comme phénomènes communautaires, à propos
desquels les médias ont une responsabilité particulière, dans les sociétés
médiatisées.
– Le stéréotype est lié fonctionnellement à la catégorisation :
qu’elle soit groupale, sexuelle, sociale…, intra ou intercommunautaire, qu’elle
soit ou non stigmatisante. C’est de la construction, de la (re)production de
l’/des identité(s) que traite le Tome 2 : Identité(s).
– Le Tome 3 : Éducation, École, Didactique est consacré aux traitements du stéréotype dans le domaine éducatif et
dans un secteur particulièrement exposé : celui de
l’enseignement/apprentissage des langues-cultures.
– Le stéréotypage concerne aussi les langues, dialectes et autres
parlures : les stéréotypes habitent les discours épilinguistiques. Les
stéréotypes fonctionnent également, sur le mode dialogique, dans les
interactions, au sein des actes de communication : le Tome 4 :
Langue(s), Discours accueille ainsi
les interventions traitant de langue, de langage et de communication.
– La création artistique (sous ses diverses modalités), si elle n’a pas
le même rapport aux stéréotypes que les médias, n’en est pas moins concernée
par leur prégnance, la littérature et le cinéma en particulier. Il en est
question dans le Tome 5 : Expressions artistiques.
Henri Boyer est professeur en sciences du langage à l’UPV, responsable de l’Atelier de Recherche en Sociolinguistique et d’Étude des Représentations (ARSER) au sein du Laboratoire DIPRALANG (EA 739), qu’il co-dirige. Il est également directeur de l’Institut d’Études Françaises pour Étudiants étrangers (IEFE) de l’UPV.