Les données de l'enquête

APPEL A COMMUNICATIONS
Colloque international
Les « données » de l'enquête
Nouveaux dispositifs théoriques et techniques, nouveaux enjeux en sciences sociales Sciences

Comité scientifique : Michel Barthélémy (CEMS-IMM, EHESS), Michel de Fornel (CELITH, EHESS), Guillaume Garreta (EXECO, Univ. Paris 1), Sandra Laugier (CURAPP, UPJV), Barbara Olszewska (COSTECH, UTC), Louis Quéré (CEMS-IMM, EHESS), Roger Slack (University of Wales), Rod Watson (University of Manchester).

Présentation de la manifestation
Les
« données » sont au coeur des sciences sociales. Le recueil des données, l'analyse qui en est faite et la communication des connaissances produites à partir d'elles sont considérés habituellement comme les trois moments autour desquels s'organisent le travail et la réflexion des chercheurs. Ce colloque vise à poser à nouveaux frais la question des « données » de l'enquête à la lumière des développements technologiques récents (technologies de l'audiovisuel, technologies tactiles,...) qui affectent les modalités de leur collecte et de leur traitement.

Qu'est-ce qu'une « donnée » en sciences sociales ? Qu'appelle-t-on ainsi ? Quelle est la nature de ces opérations par lesquelles des occurrences sont extraites du champ social pour être constituées en « données » appropriées à un examen scientifique ? Dans des termes plus précis, qui sont ceux de John Dewey : quel est le rapport entre l'objet de l'enquête et l'environnement ? ou entre les données, l'objet et la situation de l'enquête ? C'est de telles questions que l'on souhaite voir aborder dans ce colloque, prenant acte notamment du renouveau de la réflexion méthodologique engagée par l'ethnométhodologie et l'analyse de conversation. On cherchera dans ce cadre à mettre la notion de donnée au coeur de la praxis, objet et résultat d
une activité concertée sujette à une enquête visant à en décrire la rationalité. La notion de donnée n'est pas séparable de celle de l'ordinaire, de l'accomplissement banal des actions et des situations de la vie courante par des participants se rendant mutuellement intelligibles leurs faits et gestes. En ce sens, la variété des méthodes par lesquelles les personnes pourvoient à l'intelligibilité dune action ou dune situation peut être une « donnée » de l'enquête sociologique. Le foyer de l'enquête se déplace ainsi du registre de l'ordre social, conçu comme la réalisation d'un savoir acquis appliqué à des cours d'actions concrets, à celui de l'examen des méthodes d'action et de raisonnement pratiques telles qu'elles sont mises en oeuvre par les membres dun groupe pour donner sens à leur environnement et leurs activités.

Si on admet une définition minimale de la notion de donnée, comme trace, signe, document, représentation d'une activité échue rendue disponible pour une consultation ultérieure, elle-même visée d'une activité pratique (reconstituer un cours d'action, explorer le passé, comprendre une situation, résoudre un problème, répondre à une question, etc.), on doit aborder la question des différents accès à la situation, ou de lenquête telle qu'elle se réalise pratiquement. Les chercheurs en sciences sociales sont de plus en plus nombreux à recourir à l'enquête filmée. On assiste, en partenariat avec des entreprises de l'audiovisuel, au développement de dispositifs de captation vidéo innovants qui permettent de nourrir de nouvelles ambitions empiriques quant à laccès aux détails du déroulement de cours d'action examinés dans le temps et l'environnement de leur réalisation. Les technologies de recueil audiovisuel permettent de fait de rendre des cours d'action accessibles à l'analyse sous une forme stable et répétable. Les techniques audio-vidéo facilitent l'étude de l'ordinaire en remédiant à la fugacité et à la diversité des actions qui composent la production et la reconnaissance de l'ordre social par la possibilité qui leur est faite d'apparaître, de persister et de former un objet d'analyse de plein droit. Dans quelle mesure peut-on dire que la vidéo nous fait accéder de manière privilégiée à ce qui a lieu et ce qu'on fait ?

Contributions attendues
On privilégiera les contributions susceptibles de s'inscrire dans l'un des axes de réflexion suivants.
Axe 1 : Données, objet et situation d'enquête
On interrogera la notion de « données », en cherchant à penser son articulation avec celles dobjet de lenquête, dune part ; de situation denquête, dautre part. Comment penser le passage de lobjet aux données de lenquête ? Et de la situation aux données ? Quelles opérations pratiques sont en jeu ? Si les textes des pragmatistes américains offrent des éléments de réponse, on souhaite voir confrontées des lectures différentes ou faire entendre des voix divergentes.

Axe 2 : Les données et lordinaire
On se posera la question de savoir ce que lenquête (tel ou tel dispositif denquête) rend observable de lordinaire, des règles et des savoirs que lengagement dans une action manifeste, de la rationalité quun cours daction revêt pour ses participants, etc. Quel est le lien de ces méthodes, par lesquelles les participants, chercheur compris, pourvoient à l'intelligibilité dune situation, aux « données », traces, signes ou documents disponibles une fois lactivité échue ?

Axe 3 : Nouvelles techniques de recueil et de partage de données en sciences sociales
Sont attendues des contributions articulant la réflexion sur les « données » à la présentation dun nouveau dispositif denquête : dispositifs expérimentaux, nouveaux dispositifs techniques pour lanalyse ou pour le partage des données. On se montrera attentif aux nouvelles modalités de léchange scientifique que lanalyse de type audio ou vidéo rend nécessaires.

        Les propositions (400 mots) doivent être adressées à Barbara Olszewska :

barbara.olszewska@utc.fr

avant le 20 juillet 2007