
Groupe de travail 1 de l’AISLF
Savoirs, métiers, identités professionnelles
Appel à communications
Colloque international
Les jeunesses au
travail :
Rapports
intergénérationnels et dynamiques des groupes professionnels
Organisé en
coopération avec l’Atelier de Recherche Sociologique (EA 3149)
Université de
Brest
Brest 29-30 mai 2008
1. Thématique générale du GT 1
Le groupe de
travail “Savoirs, métiers, identités professionnelles” de l’AISLF a placé au
coeur de sa réflexion la question des formes de production, de transmission et
de mise en œuvre des savoirs dans le monde professionnel. Articulant des
dimensions “instrumentales” et des dimensions symboliques et culturelles,
les métiers, les professions, les catégories professionnelles, sont ainsi
appréhendés comme des groupements sociaux dont les membres sont liés par le
partage de formes spécifiques de connaissance, mais aussi par des intérêts
communs, des valeurs et normes de comportement qui forment le support de
l’identité collective et leur permettent de fonctionner comme des instances de
socialisation.
Ces
groupements peuvent être dans les faits hétérogènes, conflictuels,
contradictoires, anomiques. La réalité sociale qu’ils représentent n’est
peut-être pas tant définie par l’intégration qu’ils favoriseraient que par les
motifs spécifiques qu’ils impriment sur la trame du changement social. Ils
n’échappent ni aux tensions engendrées par les inégalités entre hommes et
femmes, ni à celles que provoquent les formes historiques ou contemporaines de
discrimination et ségrégation professionnelle, le racisme, la xénophobie, le
repli communautaire. Confrontés à la déstabilisation des marchés du travail,
aux concurrences exacerbées par la mondialisation, aux nouvelles formes de
management et de rationalisation du travail, ils ne peuvent empêcher les
solidarités professionnelles de s’affaiblir. Les métiers et les savoirs
professionnels peuvent également disparaître, succombant aux contraintes
techniques et économiques, pendant que d’autres émergent et élaborent des savoirs
nouveaux, des référents communs, des attentes et revendications spécifiques.
« Traditionnelles »
ou «high tech», artisanales
ou industrielles, manuelles ou intellectuelles, puissantes ou marginales, sommairement
organisées ou sophistiquées, présentes ou disparues, toutes les formes de
groupement en métier, partout dans le monde, constituent, au-delà de leur
diversité, des facettes d’un phénomène social complexe et dynamique, objet
commun des recherches dont le GT 1 entend favoriser la circulation et
l’échange.
2. Problématique du colloque
A l’occasion
du colloque inaugural de ce groupe de
travail, la question à laquelle nous invitons à débattre est celle des rapports
intergénérationnels internes aux groupes professionnels, en particulier sous
l’angle des “jeunesses au travail”. Les dynamiques de changement à l’intérieur
des groupes professionnels, avec,
notamment, l’intégration des débutants, sont ainsi placées au cœur des
interrogations.
L’effacement
relatif de la notion de classes au cours des dernières décennies s’est
accompagné d’une montée en puissance d’autres catégories de représentation de
l’espace social. Ainsi en va-t-il de la mise en avant des âges et générations,
du genre ou encore des catégories ethniques ou culturelles pour tenter de
comprendre les nouvelles polarisations des rapports sociaux. On a assisté
depuis quelques années à une mobilisation grandissante de la variable
générationnelle pour donner à comprendre les mutations sociétales et en
particulier les difficultés des entrants sur le marché du travail : “apparition
d’inégalités intergénérationnelles nouvelles”, “panne de l’ascenseur social”, “déclassement
des jeunes diplômés” …
Quelle est la
pertinence de cette perspective et quel appareillage conceptuel offre-t-elle
pour penser la dynamique des groupes
professionnels ? Quelles lignes de clivage, quelles formes de solidarité
dessine-t-elle à l’intérieur des groupes professionnels ? Comment et à quels
usages sont mobilisées les appartenances générationnelles ? Quelles
instrumentalisations des rapports intergénérationnels peut-on voir à l’œuvre
dans la structuration et la régulation d’un milieu professionnel ?
Avec le contexte
de chômage de masse et de précarisation du travail, les liens
intergénérationnels sont fragilisés. L’ancienneté, source de reconnaissance de
l’expérience acquise et d’avancement dans la hiérarchie professionnelle,
devient synonyme de coût salarial élevé et de manque d’adaptation au
changement. La dévalorisation et la mise à l’écart des seniors vont de pair
avec le recours à des débutants qui deviennent parfois, à leur corps défendant,
les vecteurs de la réorganisation du travail et de la refonte des normes
professionnelles, alors qu’ils restent souvent eux-mêmes aux frontières de
l’entreprise. Le travail intérimaire et les emplois à statut particulier constituent
en effet, dans beaucoup de pays industrialisés, un outil courant de management
du personnel, qui concerne tout particulièrement les jeunes entrants sur le
marché du travail.
Les postes
offerts à ces entrants sont souvent en décalage avec les espérances que
pouvaient faire naître les titres détenus, au risque d’alimenter une opposition
classique entre « jeunes » (diplômés) et « vieux » (sans
qualification). Mais les catégories d’âge ne sont pas homogènes, nombre de
jeunes sortent de l’appareil scolaire sans formation et sont dirigés en
priorité vers des métiers qui perçoivent ce recrutement comme une source de
dévalorisation. Il faut donc prendre garde à éviter les généralisations
abusives à propos des générations.
Au-delà des
oppositions apparentes, il faut souvent recourir à une lecture symptômale des rapports entre générations et chercher
ailleurs que dans l’âge les ressorts qui expliquent la formation et l’évolution
de ces antagonismes. L’âge n’est ni un donné, ni une explication, mais une
construction sociale, un jeu d’interactions dont il convient de comprendre les
modalités, les fonctions, les
instrumentations possibles. Sur cette base, sont suggérés quelques axes de
questionnement, qui pourront être
remaniés en fonction des propositions reçues :
- Tensions
intergénérationnelles et reconfiguration des régulations professionnelles, de
la cohésion du groupe ;
- Transformations
de la socialisation professionnelle ;
- Nouveaux
entrants et redéfinition de la division du travail, des normes collectives du
groupe professionnel ;
- Relations intergénérationnelles et genre ;
- “Cultures
juvéniles” et dynamiques des identités professionnelles ;
- Métiers, carrières de jeunes / métiers et carriers excluant les jeunes (ou
refusés par les jeunes);
- Usages des
catégories d’âge dans les stratégies managériales;
-
Articulation de l’âge et d’autres catégories d’assignation sociale (immigré,
étranger, minorité…)
3. Organisation du colloque
Les
communications seront écrites en français. Elles pourront porter sur tous types de groupes
professionnels, dans des contextes nationaux variés, mais il est demandé de
bien asseoir l’analyse sur un (ou plusieurs) groupe professionnel spécifique,
qui devra être précisé dès l’envoi du résumé. Il sera apprécié qu’elles
comportent une réflexion théorique ou épistémologique, assortie à la présentation
de travaux empiriques. Le colloque est
ouvert aux communications d’autres disciplines des sciences sociales
(anthropologie, histoire, psychologie, démographie, économie,…) et aux diverses
méthodes de recueil et traitement de données (approches qualitatives, analyse
secondaire, archives, etc..).
Comité scientifique :
Sophie Divay, Paris-1
Charles Gadéa, CMH
Paris
Hocine Khelfaoui,
CIRST, Montréal
Jean-François Oriane, GIRSEF/UCL Liège
Christian Papinot,
ARS, Université de Brest
Alain Vilbrod,
ARS, Université de Brest
Mircea Vultur,
INRS, Québec
Calendrier :
|
Envoi des propositions de communications Elles doivent comporter le titre de la communication, un résumé de la
communication (d’une page maximum avec bibliographie). Elles sont à adresser
par fichier électronique sous format .rtf ou .doc
en précisant en objet “AISLF Brest mai
2008” à l’adresse suivante : christian.papinot@univ-brest.fr |
avant le 1er septembre 2007 |
|
Sélection des
communications |
octobre 2007 |
|
Envoi des
communications écrites pour les actes du colloque |
Avant le 1er février 2008 |
|
Colloque
international |
29-30 mai 2008 |
Pour tout renseignement :
Christian
Papinot christian.papinot@univ-brest.fr, tel 033+(0)298016394
ou 033+(0)298439825)