Accueil d’un chercheur dans le cadre d’une bourse post-doctorale
Programme « PERIURB » : Solidarités sociales et
territoriales : l’interface périurbaine
Profil du Poste :
Disciplines : géographie, aménagement, urbanisme, sociologie ou sciences politiques
Durée : 1 an, début en septembre 2007, localisation sur Le Mans ou Nantes.
Profil méthodologique : compétences dans les entretiens, capacités dans le renouvellement des problématiques autour de la question de la gouvernance du périurbain, capacités rédactionnelles.
Profil thématique :
Le candidat doit avoir une
expérience liée à la problématique développée dans le projet, soit par la
réalisation antérieure de travaux sur le type d’espace objet de la recherche,
le périurbain, soit par une maîtrise des problématiques dans un autre cadre
géographique.
Thème de
recherche :
-
La recomposition des formes de régulations
sociales, juridiques et politiques dans les espaces périurbains
Les résultats électoraux ont fait nettement
apparaître que désormais, la différence se jouera dans les espaces périurbains. Il y aurait désormais comme un « fait
acquis », celui de l’inéluctable montée du vote de repli (en faveur de
l’extrême-droite ou en direction du repli) dans le périurbain lointain, qui
vient renforcer la disqualification des ces territoires. Et pourtant, c’est
bien la question des formes de régulation, c’est-à-dire de la production des
structures d’organisation à la fois sociale et politique dans ces espaces que
ce type d’événement pose directement, tout en révélant
des processus de paupérisation et de mise à l’écart de populations socialement
fragilisées (Rougé 2005).
Certaines régulations fonctionnent à une
échelle fine, celle de la commune par exemple, d’autres à des échelles
intermédiaires, d’autres enfin à l’échelle du bassin de vie, de la région
urbaine ou métropolitaine.
La régulation strictement
institutionnelle par le politique est sans doute
aujourd’hui en partie déficiente malgré la proximité de l’échelon communal, qui
est amené à ne gérer que les aspects les plus quotidiens alors que les
véritables enjeux sociaux, économiques ou environnementaux échappent souvent à
son contrôle. Les échelons intermédiaires, intercommunalité et pays en voie de
construction, semblent abstraits, échappant d’ailleurs à l’expression citoyenne
la plus élémentaire, celle du suffrage universel direct, alors que leurs
compétences sont de plus en plus élargies. Les départements ou les régions
paraissent déjà lointains et la multiplication des échelons nuit à leur
visibilité par les citoyens. S’ajoute à cela un sentiment de mise à l’écart (Oblet 2005), notamment dans le périurbain lointain,
alimenté par le retrait progressif des services publics dans un contexte où
chaque échelon politique tend à se défausser vers l’échelon supérieur
(« on ne peut rien faire, c’est une compétence de… »).
La perte de pertinence des formes institutionnelles classique de
régulation, leur décrochage avec leur espace légitime conduit à la
multiplication des formes parallèles visant à recomposer les structures
d’organisation. La régulation prend donc de nouvelles
formes, plus labiles et sur des temporalités courtes, apparaissant de
manière privilégiée à l’occasion de conflits, avec la
mise en place de collectifs et d’associations qui engendrent de nouveaux
rapports entre élus et « société civile », jouant et interférant sur
les différents niveaux politiques. Ces conflits portent souvent sur des aspects
de qualité de vie (installation d’infrastructures de transports, pratiques
d’épandage agricole ou de boues d’épuration, implantation d’incinérateurs,
etc.). La population du périurbain se retrouve donc confrontée à des
« externalités » du monde urbain qui sont contradictoires avec la
recherche d’aménités environnementales. Plusieurs études ont aussi mis en
lumière les effets qu’engendre le recul des espaces agricoles et naturels en
zone périurbaine. Sur ces espaces, du fait de la pression urbaine, la réduction
des surfaces naturelles et le renchérissement du prix de la terre sont porteurs
de conflits potentiels entre les différents utilisateurs du sol, agriculteurs,
résidents, industriels, collectivités locales, etc.
Les habitants du périurbain sont également confrontés
à de multiples découpages (carte scolaire distincte des intercommunalités,
réseaux associatifs, nouveaux territoires de santé ou d’action gérontologique,
regroupements de paroisses etc.) dans lesquels ils ne se retrouvent pas
nécessairement. La question des solidarités sociales et territoriales, dans un
contexte de nouvelle décentralisation et d’émergence de nouveaux territoires
(généralisation de l’intercommunalité, pays et leurs nouvelles compétences,
nouveaux schémas départementaux, action renforcée de la région, etc.) se pose donc
avec acuité.
On peut poser l’hypothèse d’une discordance entre
l’habiter périurbain tel qu’il se profile aujourd’hui dans toutes ses
figures et la gouvernance des territoires aujourd’hui
mise en œuvre, au sens de la gouvernabilité des territoires périurbains. Ce
décrochage interpelle vivement le champ politique : quelles sont les
échelles optimales, les modes d’actions sur la distance les plus à même de
répondre aux enjeux de la production des solidarités
sociales, économiques ou écologiques ? Alors que certaines collectivités
travaillent à développer une « conscience d’agglomération », ne
serait-il pas parfois nécessaire de réfléchir à développer
une conscience de bassin de vie, en matière de régulation des ségrégations
sociales, d’accès aux services et aux transports, de compétition économique ou
encore de problèmes environnementaux. Comment les régulations à
l’échelle métropolitaine peuvent-elles également s’articuler avec des échelles
plus fines, celles des proximités relatives, sans pour autant concevoir cette
proximité comme une solution magique ?
Renseignements complémentaires auprès de DODIER Rodolphe, Maître de conférences à l’Université du Maine, GREGUM, UMR CNRS ESO 6590, Université du Maine, 72085 Le Mans cedex 9
Rodolphe.Dodier@univ-lemans.fr, Tel prof. 02 43 83 38 86, Tel secrétariat 02 43 83 31 83, Fax : 02 43 83 31 92, Tel personnel 02 43 25 48 49.
Candidatures : fournir un CV complet, un projet de recherche correspondant au profil du poste (5 pages maximum), date limite de réception le 25 juin 2007, soit par courrier, soit de préférence par mail.