XVIIIème CONGRÈS DE L’AISLF

ÊTRE EN SOCIÉTÉ

Le lien social à l’épreuve des cultures

ISTAMBUL – 7-13  juillet 2008

 

1. Les modes d’existence : fragmentations et conflits

2. Les nouveaux rapports du culturel et du social

 3. Tensions et nouvelles régulations

 

CR14- Sociologie de la connaissance

Appel à communications

 

 

La décision de créer l’AISLF fut prise par Georges Gurvitch et Henri Janne lors des « Entretiens de Royaumont », consacrés à « La crise de l’explication en sociologie » en mai 1956. La fondation officielle de l’association eut lieu à Bruxelles en 1958. Mais, dès 1957, Georges Gurvitch fonde le premier Groupe de Sociologie de la connaissance. C’est le travail de ce « Groupe » que le CR 14 perpétue aujourd’hui, dans l’esprit de son fondateur.

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Le présent appel à communication s’inscrit dans la continuité des travaux réalisés à l'initiative du Comité de Recherche en sociologie de la connaissance (CR14), à l'occasion des congrès et colloques pluridisciplinaires internationaux de Toulouse (2000 : La connaissance sociologique), Poitiers (2001 : Construction et déconstruction de la réalité), Besançon (2003 : De l'interprétation) et Genève (2006 : Fonction émancipatoire de la connaissance et Construction sociale des sentiments).

Ces rencontres ont donné lieu a plusieurs ouvrages chez L’Harmattan dans la série Sociologie de la connaissance : La connaissance sociologique (2002), Le terrain et son interprétation (2005), L’interprétation sociologique (2006) et La fonction émancipatoire de la connaissance, ainsi que La construction sociale des sentiments (à paraître fin 2007).

 

  Ces rencontres ont mis l'accent sur la nécessité - dans un esprit socio-anthropologique - de décloisonner les disciplines qui structurent le champ des sciences sociales, et de renouveler les problématiques qui s’y inscrivent. Décloisonnement et renouvellement sont centrés sur l'articulation des dynamiques de l'action individuelle et collective, d'un côté, et sur les rapports entre reproduction et production du social, de l'autre.

 

Notre groupe est donc ouvert à la multiplicité des courants qui traversent cet univers de recherche, ouvert à l’approche socio-anthropologique, intéressé par les postures critiques et généalogiques, notre but étant de faire connaître, promouvoir et développer la sociologie de la connaissance dans toutes ses dimensions. Nous nous proposons de contribuer ainsi à l’élucidation des diverses formes de consciences, savoirs et représentations qui constituent la trame de la vie individuelle et collective.

 

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En tant que productions historico-sociales, les connaissances et les savoirs, tout en étant portés par des individus et des groupes apparaissent au sociologue de la connaissance comme des construits collectifs à dimension certes théorique mais à présupposés et implications fortement empiriques et à signification collective.

 

Ces connaissances sont identifiables, descriptibles, analysables et interprétables à des degrés divers, non seulement par les sociologues mais aussi parfois par les acteurs qui les produisent, les reproduisent et les transmettent avec plus ou moins de conscience. C’est ainsi en leurs divers degrés qu’elles demandent à être connues, comparées, situées et estimées, voire critiquées.

 

Les connaissances possèdent donc une nature, une origine, une histoire, un pouvoir, des fonctions, des usages, des modes de production, de reproduction et de diffusion qui génèrent et requièrent descriptions, analyses et interprétations sociologiques et anthropologiques, puisqu’elles génèrent aussi des interprétations ordinaires qu’il convient précisément d’interpréter pour en saisir le jeu et en comprendre les enjeux. Ces savoirs sont bien entendu porteurs d’autant de normes implicites et explicites qui forment matière pour la sociologie de la connaissance.

 

Axe 1 : Epistémologie, théories de la connaissance, savoirs et savoirs-faire appliqués, mises en scène sociales des savoirs

 

Les communications pourront donc aborder, sans exclusive d’écoles ou de courants, la question des connaissances et des savoirs dans une ou plusieurs des dimensions évoquées, qui les structurent dans leur complexité, leur multidimentionnalité et leur plurivocité : corrélation aux divers cadres sociaux, politiques, éthiques, religieux, institutionnels, techniques, professionnels, qui en constituent les conditions empiriques de possibilité.

Elles pourront aussi de manière plus théorique, analyser des instruments du connaître dans leur aptitude à produire des "catégorisations" savantes ou ordinaires, à tout palier en profondeur et dans tout registre de l'existence.

L’analyse du rôle de la littérature dans la dynamique de construction des représentations individuelles et collectives sera aussi la bienvenue, compte tenu de ses retombées dans le domaine des identités et de l’imaginaire collectif.

Le CR14 est également ouvert à l’analyse des savoirs empiriques, techniques et professionnels qui tissent la vie sociale dans la dimension des microcosmes et mésocosmes, et les communications pourront se situer dans ce domaine des savoirs et savoirs faires pratiques les plus variés

 

 

Axe 2 : Autour du lien social : le culturel, le social et le politique, la domination et la libération

 

Les communications pourront bien évidemment s’inscrire dans la thématique générale du congrès et plus spécifiquement dans la question du lien social, de sa perduration ou de sa décomposition, des fragmentations culturelles et des conflits, des nouvelles tensions et des nouvelles régulations. Ces questions sont toutes étroitement connectée avec celle des connaissances et des savoirs, et ce, quelles que soient les communautés ou sociétés considérées. Sont ici évocables les problématiques de la mémoire collective, de l’oubli, de la réminiscence, des commémorations, mais aussi celles de la méconnaissance, de l’amnésie, de l’idéologie et des multiples croyances collectives qui renvoient inévitablement à la question des pouvoirs, de l’oppression ou de la libération, de la servitude ou de l’émancipation, tout ceci se déroulant sur fond de connaissance et d’éducation niées ou affirmées.

Ces connaissances, croyances et ignorances multiples et multiformes qui tissent ou détissent le lien social, tout en étant tissées et détissées par lui dans un mouvement incessant, n’existent pas en soi et pour soi, mais par d’autres et pour d’autres dans des contextes bien particuliers, dans des situations bien déterminées, et pour des périodes déterminées.

 

Axe 3 : L’intimité : repli, résistance et créativité

 

En lien avec le thème général du Congrès d’Istanbul, le CR14 choisit d’ajouter à son appel généraliste, cet appel plus centré, qui intéresse aujourd’hui certains d’entre nous. Il s’agit ici de problématiser l’intime, sous l’angle de l’intériorité, du familier, du local, ainsi que dans ses rapports avec l’extériorité, l’étrangéité, le sociétal.

Les espaces de l’intimité - avec soi-même et avec d’autres proches - constituent-ils l’occasion d’une fuite, face à une extériorité perçue comme anonyme et menaçante ? L’occasion d’une résistance à cette extériorité, résistance qui s’articule à la maîtrise d’interactions dans des espaces identifiables et qui s’appuie sur la construction d’une habilitation à réagir ? L’occasion d’une créativité et d’une inventivité accrues, qui s’ouvrent sur un potentiel de changement susceptible d’être proposé et négocié en dehors des territoires du proche ?

On le voit, repli, résistance et créativité ne sont des notions définies ni par leur antinomie, ni par leur complémentarité : c’est sous l’angle de la tension entre ces trois notions que nous interrogerons l’intimité. La créativité en effet peut prendre forme dans la résistance, et celle-ci, s’occasionner dans le repli. Mais le repli peut aussi être conçu comme abandon et fermeture. Le recours à l’intimité sera dès lors abordé dans les trois dimensions de la tension : force d’opposition, force de liaison et force d’innovation.

 

Les propositions de communication doivent parvenir à

francis.farrugia@wanadoo.fr