RT19 Santé, Médecine, Maladie, Handicap

 

 

 

 

Journées d’études 2007-2008

 

Enjeux et modalités de la professionnalisation dans le domaine de la sociologie de la santé

 

Le 14 Novembre 2007 de 9h30 à 17h

MSH, 54 bd Raspail, Paris

salle 214

 

 

 

Le cadre général des journées d’études

 

Le Réseau Thématique 19 « Santé, Médecine, Maladie, Handicap » de l’Association Française de Sociologie a engagé une réflexion collective sur les incidences, pour la sociologie et les sociologues de la santé, des évolutions en œuvre dans le champ de la santé et dans celui de la recherche sociologique sur la santé. Cette réflexion prend la forme de journées d’études laissant une large place à la discussion à partir des expériences des acteurs concernés ou partie prenante de ces changements.

 

Plusieurs questions traversent ces journées d’études. Que peut-on dire aujourd’hui des évolutions des modalités d’articulation entre les sociologues de la santé et les divers canaux de la demande sociale d’études et de recherche ? En quoi ces évolutions déterminent-elles les domaines de recherche couverts, les problématiques développées, la production de savoirs, et contribuent-elles à en laisser d’autres peu ou pas exploités ? Quelles en sont les incidences sur les modes de socialisation des chercheurs  et plus spécifiquement sur le parcours des jeunes chercheurs et la diversification de leurs métiers ? Quels sont les enjeux et les contraintes de la restitution aux commanditaires, ainsi qu’aux protagonistes rencontrés sur le terrain, et, plus largement, de la valorisation sociale et scientifique des recherches.

 

Ces questions conduisent à s’intéresser à la place et à la spécificité de la sociologie de la santé en France en regard d’autres disciplines qui revendiquent la production de savoirs sur les états de santé et le fonctionnement du système de santé, ou sur les professions de soins (on pense à l’épidémiologie et santé publique notamment). Elles conduisent également à mettre en perspective les caractéristiques actuelles de la sociologie de la santé avec d’autres segments spécialisés de la sociologie et à s’interroger sur sa contribution, conceptuelle, méthodologique à la sociologie.

 

Une première journée d’études a porté sur les relations entre la structuration de la sociologie de la santé et les financements de la recherche dans leurs incidences sur le travail des chercheurs. Une seconde journée, le 14 novembre 2007, portera sur la professionnalisation de la sociologie de la santé. Au cours des journées d’études suivantes en 2008, nous questionnerons les relations entre la sociologie de la santé et d’autres disciplines, dont l’épidémiologie sociale. Enfin, nous nous interrogerons sur la contribution de la sociologie de la santé en tant que sociologie spécialisée au domaine de la sociologie.

 

 

 

Enjeux et modalités de la professionnalisation dans le domaine de la sociologie de la santé

 

Il existe différentes façons d’aborder les enjeux et les modalités de la professionnalisation de la sociologie de la santé. Pour cette journée d’études, nous adoptons une définition à dessein large de la professionnalisation comme le processus de formation de normes et de règles de travail définissant une communauté d’activité dédiée à la production de connaissances sociologiques dans le domaine de la santé.

 

Dans la continuation d’une approche centrée sur l’expérience de chercheurs confrontés à des demandes diverses de production de connaissances, nous prenons le parti d’aborder les questions relatives à la professionnalisation de façon pragmatique en nous demandant à quels problèmes les sociologues de la santé sont confrontés dans leur travail. Nous nous interrogerons sur les types de réponses qu’ils leur apportent, sur les conceptions qu’ils ont de leur activité et des principes qui la fondent. Il s’agira également de considérer les caractéristiques de la production de connaissances et des formes de reconnaissance partagées par une communauté professionnelle. A cet égard, certains types de recherche ou d’institution requièrent-ils des principes de travail particuliers ? A l’inverse comment le sociologue propose t-il ou négocie t- il, les règles de travail propre à sa discipline? Quelles sont les limites posées aux exigences des institutions ? Il nous semble en effet que c’est de la façon dont sont résolus les problèmes qui se posent dans l’activité de production de connaissances, voire de façon plus large, dans une activité de conseil et d’expertise fondée sur une production de connaissances, que les principes et les règles de travail peuvent être caractérisées.

 

La difficulté de l’exercice réside dans l’extrême dispersion de ces activités, que la précédente journée d’études a soulignée : l’appel d’offres public, les études appliquées ou la pratique de la recherche–action locales se caractérisent par des réponses et des manières de faire différentes. Le plus souvent, les sociologues de la santé n’ont ni l’occasion, ni le lieu d’en discuter et de confronter leurs pratiques. L’organisation de cette journée d’études vise à susciter des échanges sur les règles et les principes de travail, plus ou moins implicites, qui définissent de fait une communauté d’exercice professionnel. Il ne s’agit pas de définir les canons de l’activité sociologique dans le champ de la santé, ni de délimiter ex abrupto les frontières de l’activité professionnelle, mais de caractériser le champ de l’activité professionnelle que nous mettons en œuvre.

 

Plusieurs entrées sont proposées pour aborder les questions posées par la formation des normes et règles de travail de l’activité professionnelle.

Ø      D’une part le cadre institutionnel de la demande a des conséquences sur la façon  dont le chercheur formule son objet de recherche : programme d’un organisme de recherche, d’une collectivité territoriale, d’une institution de soin, d’une association de malades- ….A partir de quelles demandes institutionnelles (cadrage pré-défini de la problématique…) peut-on, doit-on refuser de répondre ? Quelles sont les normes et les règles « incontournables » de la discipline ?-. Ce cadre affecte-t-il la nature et les formes de connaissances sollicitées (-savoirs généraux, expertise, diagnostic-) et comment les sociologues investissent-ils ces diverses formes ? Au travers des différentes réponses apportées, peut-on lire des règles professionnelles en discussion ou en émergence, des modalités variées d’aborder la relation entre demande sociale de recherche et la production sociologique dans le champ de la santé ?

Ø      Concernant le travail de production de connaissances, on questionnera comment, en fonction de la demande sociale, s’opèrent les choix de méthodes, la définition des populations d’études, quelles sont les questions éthiques et déontologiques auxquelles les chercheurs sont confrontés. Comment se joue la maîtrise du point de vue et des méthodes propres du sociologue dans ces relations avec les instigateurs d’une offre d’étude ou de recherche ? Peut-on songer à s’engager, de façon circonstanciée ou plus générale, dans une « formation des demandeurs » à ce que peut – ou ne peut pas être – une démarche d’étude ou de recherche, à ce qu’elle est susceptible d’apporter (ou de ne pas apporter) ?

Ø      Sur la diffusion et la valorisation des connaissances, on se demande quelles stratégies les sociologues adoptent en matière de publication des données et analyses produites  : pratiques de double ou triple publication dans des revues de spécialité, professionnelle ou grand public-. Au delà des obligations académiques, la publication devient-elle un passage obligé de la recherche qui remplace le rapport de fin de contrat ? Quelles positions adoptent les sociologues (évitement, contournement, participation, contrôle) face à la question de l’instrumentalisation ou plus généralement de l’usage social des savoirs qu’ils produisent (- demande de recommandations)? Cette question est d’autant plus prégnante pour les jeunes chercheurs que l’on attend d’eux un travail de publications important.

Ø      A propos des formations supérieures (mastères..), on se demande comment elles contribuent à la formation (à la production et à l’unification) des normes de la pratique professionnelle qui se rapportent au champ de la sociologie de la santé et plus largement à la discipline sociologique.

 

Deux types de communications sont possibles pour ancrer la discussion dans des situations de recherche effectives. D’une part des communications s’appuyant sur des expériences de recherche ou de formation dans lesquelles les auteurs s’attacheront à dégager des enseignements ou questionnements relatifs aux normes de l’exercice professionnel. D’autre part, des communications transversales sur les modalités de la professionnalisation.

 

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Cette journée se tiendra le mercredi14 novembre, de 9h30 à 17h, à Paris à la MSH, 54 bd Raspail, 75014, Métro Sèvres-Babylone (salle 214).

 

Le programme définitif de cette journée sera communiqué ultérieurement. 4 à 5 interventions de 30 à 40 minutes suivies de 20 à 30 minutes de discussion sont prévues au total.

 

Les personnes intéressées par la proposition d’une communication peuvent prendre contact avant la fin du mois de septembre 2007 avec

Marcel Calvez marcel.calvez@uhb.fr

Isabelle Feroni  feroni@marseille.inserm.fr

Béatrice Jacques beatrice_jacques@yahoo.fr