
À l’heure de la « mondialisation » et de la mobilité
généralisée, alors même que les sociétés modernes ont tendance à occulter le
contenu anthropologique de l’espace, comment rendre compte de la complexité des
espaces vécus ? De la dimension culturelle des territoires ?
Car la banalité des espaces ordinaires recouvre une dimension cosmologique :
nos espaces quotidiens, à différentes échelles (domicile, quartier, ville,
territoire), sont empreints de règles, obéissent à des conventions, répondent à
des valeurs, le plus souvent implicites.
La démarche de l’auteure pour répondre à ces interrogations s’ancre ici dans
une réflexion sur les formes et les usages de l’espace dans différentes
sociétés. Car si toutes partagent des « universaux », Fonder, Habiter, Classer
et Distribuer, Transformer et Reformuler, pour autant, ces opérations communes
se déclinent de diverses manières que l’ouvrage examine, montrant comment
s’instaurent, aujourd’hui comme hier, ces liens entre espaces et sociétés.
Ainsi, l’auteure analyse notamment la rencontre et le renforcement des rapports
en France, après Mai 1968, entre sciences sociales, architecture et
urbanisme.
Destiné aux étudiants, chercheurs, professionnels opérant dans et sur l’espace,
mais aussi aux citadins « ordinaires », ce travail leur apportera les outils
indispensables à une appréhension globale de la problématique anthropologique
des espaces.
Marion SEGAUD, sociologue, est Professeure émérite à l’Université du
Littoral-Côte d’Opale.