Actualité de l'AFS

  • La prochaine feuille d’Info (n°93) paraîtra le 13 décembre 2007

  • Le répertoire français des sociologues (RepFS) fonctionne depuis une semaine : au bout de 6 jours, il comptait 154 membres avec la répartition suivante en ce qui concerne le croisement Sexe x Catégories (sociologues praticiens 14%, sociologues académiques 62% , doctorants et post-doctorants 23%).



    Répartition entre les catégories et l'âge (par division en trois tranches d'âge numériquement équivalentes)


    Rien d'anormal à signaler mais pour que la description ait du sens, il faut que le répertoire soit exhaustif : inscrivez-vous !

    Note technique : un lien entré dans la notice détaillée depuis le 25 novembre est actif (c'est à dire qu'en cliquant dessus on est envoyé au site correspondant). Pour le rendre actif dans les données entrées auparavant il suffit de revenir à son propre formulaire (en utilisant identifiant, mot de passe et icône gomme) et de l'envoyer à nouveau.

  • 16  novembre 2007

    A l’intention des membres de l’AFS, Note rédigée conjointement par Daniel Bertaux, Claude Martin et Dan Ferrand-Bechmann

    L’européanisation et l’internationalisation de la recherche s’accélèrent. La création des agences (Agence nationale de la recherche – ANR, et Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur – AERES) est un signe de plus de ce processus d’alignement du fonctionnement de la France sur des modèles et des pratiques européens (voir la journée organisée par l’AFS sur l’évolution des relations entre l’Etat et les sciences sociales). Il en est de même en matière de publications, avec le rôle croissant joué par certains critères d’évaluation qui ont déjà cours à l’étranger, comme le classement des revues en fonction de leur « impact factor ». A cet égard, les revues académiques françaises sont hors compétition, non seulement pour des problèmes de langue, mais aussi du fait que nous avons eu coutume de fonctionner sur d’autres critères que ce modèle inventé dans le champ médical et pour le champ médical.
    Le « métier de sociologue » est soumis à ces évolutions et les sociologues ne doivent pas les subir passivement. L’AFS souhaite contribuer à ce changement en mobilisant ses adhérents pour en orienter le cours.
    Cette internationalisation ne se résume pas à un faisceau de nouvelles contraintes. Il s’agit aussi d’une fantastique opportunité d’élargissement de la discussion scientifique, de confrontation avec des changements sociaux qui ont cours à l’échelle internationale. Les travaux de recherche comparative se développent sous l’impulsion de l’Union Européenne et de ses programmes cadres (PCRDT). Le 7ème PCRDT est actuellement en cours et les chercheurs français sont encore peu nombreux à oser se risquer en sciences sociales à coordonner ces lourdes opérations qui nécessitent un important travail de «gestion administrative ».

    Pour toutes ces raisons, nous souhaitons promouvoir la dimension internationale de nos activités, en coopération avec les dirigeants d’autres associations de sociologie. Mais il nous faut tenir compte de l’état des lieux et surtout du caractère limité de nos moyens. Notre priorité reste la sociologie en France, et plus concrètement nos réseaux thématiques.
    Dans cette note, nous passerons rapidement en revue un certain nombre de problèmes et de constats, avant de préciser les objectifs, stratégies et initiatives que nous considérons prioritaires ; et de rappeler à ceux de nos membres que la participation à des congrès internationaux intéresse, la proximité temporelle de quelques échéances.

    Les problèmes et les constats

    Peu d’ouvrages français sont traduits à l’étranger ; et de manière plus générale il y a assez peu de publications d’auteurs français dans les revues internationales.
    On note une faible audience des revues françaises à l’étranger (sauf dans les pays francophones, bien entendu), d’où de nouvelles initiatives de certaines d’entre elles consistant à produire une livraison annuelle en anglais (sélection des ‘meilleurs’ articles de l’année) : Revue Française de Sociologie, Population...
    Le coût de la participation à des congrès et manifestations hors de France et le peu de crédits donnés par les universités et laboratoires affaiblissent considérablement la présence des chercheurs français dans ces réunions.
    Il est difficile de candidater et plus encore de réussir à obtenir des crédits européens ou des financements de fondations. Peu à peu des compétences s’affinent ; mais le temps qu’il faut y consacrer peut entraîner le découragement. Nous sommes dans l’ensemble moins épaulés que nos collègues étrangers par du personnel administratif et sans doute moins également que nos collègues des sciences exactes.
    Ces difficultés et obstacles sont encore plus importants pour les jeunes doctorants

    Objectifs des activités internationales de l’AFS :

    Il s’agit de promouvoir la sociologie et les sociologues français au-delà des frontières et d’augmenter l’audience et le rayonnement des travaux de sociologie française au plan international.
    Nous pourrions participer à une réflexion sur la procédure de classement des revues académiques (en lien avec les enquêtes bibliométriques du CNRS) permettant de contrecarrer la logique de l’impact factor qui a toute chance de pénaliser les revues francophones.
    Nous devons développer les contacts de travail avec des collègues et équipes d’autres pays, échanger nos travaux et nos cadres théoriques, etc. Socio-Logos peut en être l’un des vecteurs.
    Nous réfléchissons avec des collègues étrangers sur les questions d’éthique, de professionnalisation, de formation (par exemple dans des doctoriales).

    Stratégies

    L’élargissement et la mutualisation de nos réseaux passe par une action conjointe avec d’autres associations de sociologues au niveau européen, en particulier pour rendre plus lisibles les sujets, les objets, les terrains à privilégier au plan de la recherche en sciences sociales.
    L’échange de pratiques concrètes avec les autres associations nationales et internationales est indispensable, de même qu’une coopération avec l’AIS, l’AISLF et l’ESA. Nous sommes dans une conjoncture favorable à la France : Michel Wieviorka et Monique Hirschhorn étant actuellement à la présidence de l’AIS et de l’AISLF. L'idéal est de s'insérer progressivement dans un réseau de sociologues, centré sur le type de questions sur lesquelles nous sommes compétents. On pense aux Réseaux Thématiques (Research Networks, ou RN) de l'Association Européenne de Sociologie; aux Réseaux Thématiques et Groupes de Travail (RT et GT) de l'AISLF, et aux Comités de Recherche (Research Committees, ou RC) de l'Association Internationale de Sociologie. Les listes de ces réseaux sont accessibles sur les sites web de ces associations. Elle ne correspond pas exactement à la liste des Réseaux thématiques de l’AFS. Leur fonctionnement est partout le même et il est très similaire à celui des RT de l’AFS. Un nombre croissant de nos membres en font partie.
    Ces réseaux transnationaux se réunissent à l'occasion des Congrès de leurs Associations ; chacun y tient un mini-colloque de cinq à six sessions, à l'image des RT de l'AFS. Ils organisent aussi, pour certains d'entre eux, des colloques dans les années inter-Congrès. L'affluence extraordinaire, par centaines, des sociologues français aux Congrès de l'AISLF, même quand il faut pour cela aller au Québec ; et par contraste leur quasi-absence dans les Congrès européens, même s'ils se tiennent en Espagne, en Pologne ou en Ecosse (ce qui a été le cas des trois derniers;  le prochain se tiendra à Lisbonne en 2009) tend à confirmer empiriquement, quoiqu'indirectement, que c'est bien la question de l'anglais qui constitue l'obstacle principal à la participation aux réunions internationales.
    La relative absence des français dans les congrès internationaux est un phénomène ancien. Il a plusieurs causes : la question de la langue ; la « maigreur » des financements disponibles pour participer à des Congrès hors des frontières ; l'absence de fonds pour la traduction de nos travaux en anglais. Mais l'exemple de ceux de nos collègues qui ont su s'affranchir de ces obstacles montre assez qu'ils ne sont pas insurmontables. Certes quelques investissements personnels sont initialement nécessaires : familiarisation avec le maniement de l'anglais, dépenses personnelles en complément des financements que les budgets de nos labos peuvent supporter... Mais tous ceux et celles qui les ont consentis vous confirmeront que ces investissements initiaux sont récompensés, et bien au-delà.
    De plus, si s'engager personnellement dans un réseau transnational de sociologues a longtemps été facultatif, certaines évolutions sont en train de faire de cet engagement une nécessité, en tous cas pour les universitaires. Non seulement pour le surcroît de visibilité qu'il apporte, qui prend et prendra de plus en plus de poids dans l'évaluation de leurs activités de chercheur et d'enseignant-chercheur ; mais aussi par l'ouverture sur des sociétés proches, donc différentes mais comparables, qui débouche sur des raisonnements implicitement puis explicitement comparatifs dont on sait, depuis Tocqueville, Weber et Wright Mills, à quel point ils stimulent l'imagination sociologique.  Ceux d'entre nous qui exercent leur profession de sociologue en-dehors des milieux universitaires ne sont pas moins touchés : ce n'est pas parce que leur métier est plus tourné vers la pratique et ses résultats concrets, plus circonscrit géographiquement, que la connaissance des "best practices" et de leurs résultats dans des pays voisins n'enrichit pas leurs compétences, bien au contraire.

    Les actions et les initiatives

    L'AFS s'est engagée depuis plusieurs années dans la recherche d'activités communes avec les associations de sociologie du Portugal, d'Italie et d'Espagne. Ainsi est né le RESU, Réseau des associations de sociologues d’Europe du Sud (voir ses Statuts sur le site de l’AFS). Nous avons commencé à déléguer un ou deux membres de notre CE pour assister aux Congrès des autres associations (A Coruna, Urbino, bientôt Lisbonne), et réciproquement (Bordeaux).
    Nous allons accueillir des membres de l’association anglaise en mai.
    Au Congrès de l'Association Européenne de Sociologie qui s'est tenu à Glasgow début septembre (60 participants venus de France sur 1660), les quatre associations du RESU ont organisé une session à l'ouverture du Congrès sur le devenir des ex-étudiants en sociologie en France, Italie, Portugal et Espagne (cf. la note de Daniel Bertaux et Odile Piriou).
                Un progrès technologique (le Power-point) facilite désormais la présentation d'une communication simultanément en deux langues, français et anglais : en français par la parole, en anglais par l'image. Odile Piriou a procédé ainsi avec succès dans la session sus-mentionnée.
    La valorisation de l’échange international doit être encore accentuée. Dans cette perspective, nous invitons chaque RT à indiquer dans ses fiches et ses sites ses actions et ses réseaux internationaux. Nous devons aussi avec l’aide de tous chercher des appuis financiers pour les jeunes doctorants. Enfin, nous projetons de tenir quelques sessions en anglais lors du prochain congrès pour nos collègues étrangers

    Dans l'immédiat plusieurs rendez-vous internationaux s'annoncent. Nous en avons résumé les principales caractéristiques sur le tableau ci-joint. On notera l'urgence de se manifester avant les dates-limites si l'on veut, respectivement :
    . proposer une communication au Forum de l'ISA/AIS (sorte de mini-Congrès intermédiaire de l'ISA, moins formel) à Barcelone, début septembre 2008 ;
    . réserver (avant le 30 novembre) une chambre d'hôtel à Istanboul pour le prochain Congrès de l'AISLF, début juillet 2008.

    Tableau de synthèse des Congrès internationaux à venir

    La dernière colonne indique la première date-limite pour l'envoi d'une proposition de communication, et dans le case de l'AISLF, pour la réservation d'une chambre via les organisateurs du Congrès

    Association 

    Type de
    Conférence

    Lieu

    Dates

    Coût inscription  

    Date limite
    envoi  proposition  de communic.

     

    ISA/AIS
    mondiale

    FORUM 
    (mini-congrès
    intermédiaire)

    Barcelone

    5-8sept 2008        

    200 $
    70 $ étudnt

    variableSelon Réseaux
    URGENT
    (nov/déc 07)

     

    AISLF
    francophone

    CONGRÈS

    Istanboul

    7-11juil 2008 

    200 €
    70€ étudnt

    30 nov 07 pour réserv hotel

    15 fév 2008 pour propos. communic.

    AFS
    (française)

    3me Congrès

    Paris

    printemps 2009?

    ?

    ?

     

    ESA/AES
    (européenne)

    CONGRÈS

    Lisbonne

    2-5sept 2009

    ?

    ?

     

     

    ISA/AIS
    mondiale

    CONGRÈS

    Göteborg

    été 2010

    ?

    ?

     

    Source: sites web des Associations, tableau de D.Bx.
    Sigles:
    ISA/AIS : Association Internationale de Sociologie      www.isa-sociology.org
    AISLF: Association Internationale des Sociologues de Langue Française
    www.univ-tlse2.fr/aislf
    ESA/AES: Association Européenne de Sociologie
    Deux sites: jusqu'au Congrès 2007: www.valt.helsinki.fi/esa ; ensuite   esa.iresco.fr

     


 

Actualité de la sociologie


  • Que deviennent les anciens étudiants de sociologie en France

    Odile Piriou (Lise Cnam-Cnrs, membre du CE de l'AFS)

    Evolution des flux de diplômés et opportunités d’emploi dans l’Académique

    La sociologie en France est d’abord caractérisée par ses flux de diplômés. Il en ressort trois éléments principaux : (1) depuis 20 ans, les effectifs de diplômés en sociologie augmentent en moyenne de 6% par an, (2) la sociologie est une des disciplines parmi les sciences humaines qui produit le plus de diplômés notamment à deux niveaux, celui des premiers cycles et celui de la thèse ; (3) le nombre de doctorats délivrés ré-augmente en sociologie après une baisse dans les années 80.  
    L’augmentation des thèses invite d’ailleurs à mieux considérer l’écart entre le nombre de titres produits en sociologie en vue d’un « destin académique » et la réalité des offres offertes dans ce secteur aux détenteurs d’une thèse de sociologie. En moyenne, de 2000 à 2005, la sociologie délivre par an 141 thèses (Source, DEP). Or le CNRS et les universités offrent en moyenne 45 postes par an (depuis 2000) aux sociologues (Source, Journal officiel). En conséquence, seul un tiers des thésards trouvent et trouveront un poste à l’université et dans la recherche. Dans le même temps, les deux tiers des docteurs en sociologie trouvent un emploi en dehors de « l’Académie » (Université et recherche publique). C’est le cas de la totalité des sortants d’un Master de sociologie (soit 1351 diplômés d’un Master par an). La part du secteur académique (en termes d’opportunité d’emploi) est donc faible en France. Cette faible représentativité concerne plus largement le secteur public (37% d’emplois) dans lequel les diplômés de sociologie trouvent moins d’emplois que dans le secteur privé (63% d’emplois pour les diplômés de sociologie, niveaux L+M+D) (Cereq, 2001). C’est une différence stable avec d’autres disciplines des sciences humaines (philosophie, lettres, etc.) et même des sciences sociales (droit, sciences politiques) (Piriou, 2001), sans doute en partie due à la faible organisation de la sociologie comme discipline d’enseignement secondaire.

    Secteurs d’embauche des diplômés de sociologie

    Dans le secteur public, les principaux employeurs de diplômés de sociologie (et de « sociologues ») sont les services décentralisés de l’Etat offerts aux personnes, au niveau des régions, des départements, des villes (22%) (Piriou, 2006). Viennent ensuite les services centraux, comme les ministères (15%). Dans le secteur privé, les trois principaux employeurs sont les bureaux indépendants de recherches appliquées, de conseil et d’études (15%) ainsi que les associations (14%). Souvent d’ailleurs ces deux types d’employeurs « cachent » des statuts d’indépendants, c’est-à-dire de sociologues sur contrats qui s’associent entre eux. Mais seulement 7% se déclarent sous le statut de sociologue professionnel. Dans ce cas, ils exercent seuls ou dirigent seuls un cabinet de recherche, d’études et/ou de conseil en sociologie. Les entreprises (privées et publiques) ont été et restent des employeurs importants pour les diplômés de sociologie (22%) (Piriou, 1999, 2006).

    Au-delà des traditionnels secteurs de la formation, du travail social, de l’étude, les diplômés de sociologie accèdent dorénavant à des secteurs professionnels en développement, où semble-t-il, leurs compétences de sociologie sont mieux reconnues. Il reste cependant  à mieux cerner quelles contreparties économiques et socioprofessionnelles les études de sociologie offrent aux étudiants qui s’y engagent, à quels niveaux de diplôme et dans quels types de cursus.

    Taux de chômage

    Une analyse comparée indique que le taux de chômage qui touche les diplômés de sociologie ne varie pas beaucoup de celui de l’ensemble des diplômés en sciences humaines (Cereq, 2001). Les variations entre les niveaux de diplôme indiquent même que la situation des niveaux 3 (Licence, Maîtrise) est un petit peu plus favorable aux diplômés de sociologie (9% de taux de chômage à ce niveau pour les sociologues, 10% pour l’ensemble des diplômés en sciences humaines au même niveau). Le taux de chômage des sociologues au niveau 8 (doctorat) (29%) est un peu plus élevé que pour l’ensemble des SHS (20%). Cet écart reste cependant relatif puisque ce taux rassemble les docteurs en sociologie qui ont soutenu ou non leur thèse, comparativement aux seuls docteurs « titrés » en sciences humaines. Or en France, la qualification protège les détenteurs d’un diplôme par rapport à ceux qui ne sont pas allés au bout de celui-ci (CEREQ, 2001). Une autre importante variation est celle constatée entre les deux types de Master. En sociologie, les diplômés d’un Master professionnel (3%) subissent moins le chômage que ceux d’un Master recherche (conduisant à la thèse) (10%). Les diplômés d’un Master professionnel de sociologie, au regard des taux de chômage, s’en sortent mieux que l’ensemble des « Masters pro » en sciences humaines (6%).

    Taux d’accès au statut « cadre »

    Les taux d’accès au statut « cadre » montrent que les diplômés de sociologie (excepté au niveau du doctorat) accèdent dans une moindre proportion aux statuts cadres que l’ensemble des diplômés de lettres et de sciences humaines (45% pour les niveaux L+M+D en sociologie ; 54% pour les mêmes niveaux en sciences humaines). L’analyse de l’accès au statut « cadre » confirme la meilleure situation des diplômés de Master professionnel. En sociologie, les diplômés d’un Master professionnel sont 42% à devenir « cadres » pour 28% des titulaires d’un Master « recherche » (Cereq, 2001). 8 ans après leur entrée dans la vie active, les diplômés d’un Master professionnel sont 67% à accéder à un statut « cadre » (rejoignant le taux moyen de l’ensemble des SHS : 65%) alors que les diplômés d’un Master recherche demeurent en dessous avec 54% seulement d’accès au statut « cadre » en milieu de parcours professionnel (Piriou, 2006). Ces différences entre Masters (professionnels et recherche) se vérifient pour l’ensemble des sciences humaines est sociales (Cereq, 2003).

    L’examen du salaire médian des diplômés de sociologie conduit aux mêmes constats que précédemment. En moyenne, les diplômés de sociologie au niveau L+M+D (1433 euros net par mois) gagnent des salaires plus faibles que ceux des diplômés de sciences humaines (1534) aux mêmes niveaux de diplôme. En sociologie, les Masters professionnels (avec une médiane de rémunération atteignant 1 500 euros, net par mois) offrent aux diplômés une meilleure contrepartie économique que les Masters « recherche » (1 379 euros, net par mois).

    Conclusion

    Il semble que le développement de la sociologie en France, en ce début de siècle, se joue actuellement à l’aune du développement des filières professionnelles. Par développement il faut entendre la place, la reconnaissance sociale de la sociologie à la fois en termes de formation, d’utilité et sans doute des contreparties socioéconomiques qu’elle est susceptible d’offrir aux futurs entrants à l’université. Ces enjeux ne seraient-ils pas accrus aujourd’hui par le double processus constaté dans la discipline en France, à la fois la faiblesse des opportunités d’emploi dans les secteurs académiques et le nombre croissant d’étudiants attirés en sociologie par les filières professionnelles ? Malgré ces différences de ton et de prisme, dans différents pays (Portugal, Italie, Espagne) comme en France, les réformes universitaires et le développement de la sociologie posent des questions assez partagées de professionnalisation des étudiants, dont on sait encore peu de choses, et qui ne trouvent pas encore de stabilisation dans les nouveaux cycles d’enseignement. La réforme « LMD » qui désigne l’application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur, dit « processus de Bologne », accentue ce flou.

    Sources statistiques

    CEREQ, 2001, extraction de la base de données Génération 2001, pour les diplômés de sociologie. Pour la population mère, voir :  Giret J.F., Moullet S., Thomas G., « Enquête « Génération 1998 », De l’enseignement supérieur à l’emploi, les trois premières années de vie active de la génération 98 », Cereq, décembre 2002, document pdf, http://www.cereq.fr/enquetegeneration.htm
    Bref Cereq, enquête « Génération 2001 » - Extension docteurs, Bref n°220, juin 2005, pp. 4
    Chenu A., « Une institution sans intentions. La sociologie en France depuis l’après-guerre », Actes de la recherche en sciences sociales, 141-142, 2002, pp.46-59
    Bref CEREQ, « L’enseignement supérieur professionnalisé, un atout pour entrer dans la vie active ? », Bref n° 195, mars 2003
    Journaux officiels (sur les nombres de postes offerts aux concours au CNRS et à l’Université pour les sociologues)
    DEPP Direction des études, de la prospective et de la performance, du Ministère de l’Education nationale (pour les flux de production de diplômés)
    Piriou O., La face cachée de la sociologie. A la découverte des sociologues praticiens, Préface de Claude Dubar, Belin, Perspective sociologique, 2006
    Piriou O., Pour une sociologie des sociologues. Formation, identité, profession, Préface de Renaud Sainsaulieu, Saint-Cloud, Editions de l’Ecole normale supérieure, 1999


    Ceci est un extrait d’une communication pour le 8ème Congrès de l’ESA (European Sociological Association) à Glasgow en septembre 2007. Cette communication a été présentée dans le cadre d’une session spéciale du RESU (Réseau des Associations de Sociologie de l'Europe du Sud) on : What is happening to sociology students after graduation ? Cette cession était organisée et présidée par Daniel Bertaux, AFS. L’auteur se réserve le droit de republier ces données et ces analyses dans d’autres supports de communication, revues, etc.


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