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Appel à communications
11, 12 et 13 octobre 2007
Histoire et actualité de
Depuis les années 1960, la haine est évoquée dans les travaux historiques sans
pour autant avoir fait l’objet de recherches spécifiques. Lucien Febvre, l’un
des fondateurs des Annales, avait déjà souligné qu’il faudrait un jour
entreprendre une histoire de la haine qui constituait un véritable objet
historique. Depuis, les historiens se mettant à l’écoute des anthropologues se
sont attachés plus particulièrement aux violences interpersonnelles, aux modes
résolutions de conflits et aux formes de la régulation sociale. Ils se sont
ainsi intéressés à l’histoire de la vengeance, ont commencé à explorer les
“sentiments envieux”, la jalousie, les inimitiés et les rivalités. Les haines
collectives, comme la peur de l’Autre et l’aversion pour l’étranger ont
également donné lieu à d’importants développements qu’il faudrait “revisiter”.
Il importe aussi de procéder à une relecture des travaux sur les guerres
civiles. Mais il conviendrait d’interroger, indépendamment de l’échelle, de
l’individu au groupe, de la classe à la nation les formes de la haine. Sans
aucun doute, faudrait-il s’attacher aux modalités de la haine, aux lieux où
elle s’exprime, à ces effets individuels et sociaux.
La haine n’est pas en tant que telle un objet spécifique clairement identifié
ni par la sociologie, ni par la psychologie sociale. Pourtant, à travers leurs
préoccupations respectives, l’intégration, la cohésion, le lien social, le
rapport à l’autre et à soi, et en utilisant parfois des notions plus ou moins
proches (rejet, exclusion, discrimination, stigmatisation, etc.) sociologues et
psychologues sociaux traitent souvent des conditions sociales et psychologiques
de la « pacification des mœurs » tant finalement collectives qu’individuelles
et interindividuelles. Le présent colloque sur la haine sera l’occasion de
faire le point sur ces questions et d’apporter des éclairages sur des phénomènes
plus contemporains (haine ethnique, religieuse, etc.).
La haine est pour la psychopathologie un fait clinique. Ce qui signifie sa
causalité psychique et nécessite la prise en considération de ses conséquences
sociales. Deux exemples sont particulièrement distingués, à savoir la haine
jalouse et la haine de l’être. La haine jalouse se modèle sur
l’expérience du frère appendu au sein maternel telle que Saint Augustin l’a
traduite dans ses Confessions, le sujet s’y percevant comme dépossédé de
l’objet de son désir. La haine de l’être vise une personne à laquelle
est supposé un savoir plus parfait et dont les conduites ou les propos sont
alors exécrés. Ce qui a été le cas de certains scientifiques en avance sur leur
époque comme Galilée, Cantor, Freud et d’autres. Ainsi, nous voyons que la
haine est articulée à l’Autre et au savoir, le prochain, le père, Dieu,
l’institution. Elle fait symptôme dans le lien social. C’est ainsi que nous
appréhendons dans nos recherches la haine comme symptôme du sujet dans le
lien social.
Si la haine est abordée dans la philosophie présocratique d’un point de vue
mythologique et prend place dans une ontologie, la pensée antique classique et
l’âge moderne ont préféré l’analyser dans le cadre d’une théorie des passions
ordonnée à une perspective morale.
La réflexion contemporaine sur les masses, le totalitarisme,
les génocides ont conduit à réfléchir sur la haine dans une problématique
politique qui s’interroge sur les formes du mal et se demande comment il est
possible de surmonter des périodes où la haine politique, religieuse, raciale,
ethnique a semblé être la passion politique dominante. Les expériences de
Réconciliation menées dans certains pays (l’Afrique du Sud, le Rwanda) amènent
à s’interroger moins sur les causes de la haine politique que sur ses effets
sur les possibilités de passer à un nouvel ordre politique. La haine pose ainsi
les problèmes du pardon, de la punition, de la mémoire et de la réconciliation
en politique.
Université de Poitiers, UFR SHA, 8 rue Descartes, 86022 Poitiers cedex
Comité d’organisation : Jean-Claude Bourdin (CRHIA), Frédéric Chauvaud (GERHICO),
Ludovic Gaussot (SACO), Christian Hoffmann (ERPC)
Ce colloque se tiendra à l’Université de Poitiers les 11, 12 et 13 octobre 2007
Les propositions de communication (nom, prénom, fonction, adresses électronique
et postale, titre, quinze lignes de présentation) devront être envoyées pour le
22 septembre 2006. Les organisateurs du colloque vous donneront d’autres
précisions en décembre 2006. Une publication est d’ores et déjà prévue.
Vous pouvez envoyer votre proposition de communication à :
jacky.martin@univ-poitiers.fr
Les droits d’inscription fixés à 100 euros comprennent pour les auteurs de
communication retenus l’accueil, l’ébergement (2 nuitées), le dîner du
colloque, les Actes du colloque.