Appel à communications
COLLOQUE INTERNATIONAL
JEUNES, DYNAMIQUES IDENTITAIRES ET FRONTIERES CULTURELLES
16-17 février 2007
Hammamet (Tunisie)
organisé par
le réseau tunisien de l’Association
internationale des sociologues de langue française (AISLF)
et le Comité de recherche -
Sociologie de la jeunesse (CR 28) de l’AISLF
Les dynamiques identitaires en tant que double rapport à
soi-même et aux autres sont plus que jamais au cœur des sciences humaines. Ces
dynamiques impliquent la capacité à jouer des frontières, à les franchir, voire
à les manipuler, comme des charnières en construction permanente. Ce travail de
construction identitaire, aussi bien en ce qui concerne l’identité personnelle,
que le rapport au collectif et les modes d’insertion dans la communauté,
s’inscrit nécessairement dans un contexte socioculturel.
Au cours de ce processus d’affirmation de soi, la jeunesse
constitue l’âge où se cristallise et se met en place l’essentiel des références
identitaires. Pour les jeunes, la reconnaissance par les autres, et plus
particulièrement par les adultes et par les institutions représente un enjeu
majeur au niveau de la construction de leur individualité et au niveau de leur
insertion dans la vie de
Les jeunes aujourd’hui sont à la fois le produit et les
acteurs d’un double mouvement : une globalisation de la culture juvénile et une
diversification des itinéraires de vie, engendrant parfois un recentrement sur
ce qui est ressenti comme un soi authentique. Dans leur construction
identitaire, les jeunes composent avec ces deux dimensions indissociables,
allant du local au global, essayant de trouver des repères susceptibles de les
aider dans cette démarche. Fondées sur une multitude
de représentations de soi et de géographies de l’altérité, les dynamiques
actuelles font que les mouvements d’affiliation et de désaffiliation,
d’adhésion et de rupture que vivent les jeunes ne sont presque jamais
définitifs. Elles donnent également à penser que la notion de frontière
constitue un prisme théorique intéressant dans l’étude sociologique des
conditions juvéniles, tant les désirs d’ouverture sur l’autre n’ont jamais été
aussi extrêmes et les fidélités à soi aussi virulentes. Les modèles
socioculturels sont repris et adaptés par les jeunes selon des parcours plus ou
moins individualisés et les contextes dans lesquels ils s’inscrivent. L’accès
des jeunes à l’autonomie exige non seulement la reconnaissance par les
institutions de leur statut d’individu, mais aussi la mobilisation de
ressources inégalement réparties, grevant par là l’élaboration de projets
autonomes et la construction d’un soi authentique chez bon nombre d’entre eux.
Mais la notion de frontière est aussi importante dans la
mesure où elle permet de penser à la fois la différence et l’identité, la
continuité et la discontinuité et constitue, par conséquent, un biais
méthodologique précieux pour interroger la pertinence des catégories d’analyse.
En effet, elle peut être considérée non seulement comme un paramètre qui
intervient dans le processus de construction identitaire chez les jeunes, mais
comme le moyen d’inscrire la question de la comparabilité à l’ordre du jour des
recherches sur les jeunes et de penser le transfert et la circulation des concepts
et des référents théoriques entre les différents contextes sociaux (frontières
internes) et culturels (frontières externes) sur un autre mode que celui de
l’évidence.
L’objectif fondamental de ce colloque est de favoriser la
comparaison entre pays et contextes différents, en mettant, d’une part,
l’accent sur l’ancrage contextuel des concepts et des notions et en testant,
d’autre part, la « transposabilité » de quelques
filons théoriques. A cet effet, il conviendrait de voir en quoi les dynamiques
identitaires chez les jeunes seraient différentes d’un contexte à un autre :
comment se feraient-elles à travers le retour à de nouveaux liens et référents
communautaires ou à travers des sociabilités de plus en plus fluides ?
Trois axes sont susceptibles de structurer la réflexion sur
le thème général des dynamiques identitaires et des frontières culturelles chez
les jeunes :
1- Institutions,
confiance et reconnaissance :
Les institutions familiales et extra-familiales assurent
l’accompagnement des jeunes dans leur quête identitaire, en vue de les amener à
compter davantage sur eux-mêmes. Les mutations en cours nous invitent à
interroger le rôle des institutions qui ne sont plus, souvent, à même de
garantir aux jeunes la reconnaissance dont ils ont besoin et qui ne sont pas,
par conséquent, accréditées de leur confiance. Dans un contexte où l’école,
l’université, les institutions de formation les entreprises et l’Etat
connaissent des transformations, la reconnaissance des savoirs et la validation
des compétences ne seraient plus assurées. Dans certaines situations, la
marginalité devient, dans le parcours de bon nombre de jeunes, le moyen de se
reconstruire une estime. Les enjeux de reconnaissance pour les jeunes engagent
plusieurs types de liens : parental, amoureux, amical, professionnel, etc. et
impliquent la mobilisation de toutes sortes de capitaux et de ressources, y
compris celles qu’apportent les réseaux liés à différentes formes de
sociabilité.
2- Individualisation,
autonomie et mobilisation des ressources :
Dans la majorité des sociétés, l’accès au statut et à la vie
d’adulte exige la perte d’éléments et de traits liés à la jeunesse et
l’acquisition de nouveaux attributs : autonomie économique, résidentielle,
l’installation dans la vie de couple, la participation à la vie publique et
politique, etc. Les parcours des jeunes sont souvent traversés par des conflits
entre, d’une part, l’affirmation de leur individualité et l’acquisition
d’espaces d’autonomie, aussi bien dans la sphère privée que dans l’espace public,
et, d’autre part, les différentes formes de contrôle exercés sur eux par
plusieurs institutions sociales, dont particulièrement la famille. En effet,
l’autonomie n’est pas acquise à tous les jeunes, fautes de ressources de toutes
sortes. Certains groupes de jeunes n’échappent pas aux effets de l’exclusion et
de la stigmatisation et cherchent, par le biais de compromis ou de stratégies,
à dépasser l’identité du raté et à reconquérir une certaine estime de soi. Mais
cette autonomie est également compromise à cause de l’injonction paradoxale à
laquelle la société des adultes soumet les jeunes en les enjoignant, d’un côté,
de se prendre en charge et en leur demandant, de l’autre, de coïncider avec des
moules et des rôles préétablis.
3- Mobilité et
circulation entre cultures et frontières :
Les transformations des conditions juvéniles concernent de
manière inégale les diverses catégories de jeunes qui appartiennent à des
milieux sociaux différents, mais qui échappent difficilement aux incidences de
la mondialisation. En favorisant la standardisation des modèles socioculturels
et le cumul des identités, les phénomènes inhérents à la mondialisation
pourraient entraîner des mouvements violents et des attitudes de repli sur soi.
Ainsi, la mobilité territoriale et géographique, dans ses différentes
manifestations (migration, tourisme…), et l’utilisation des technologies de
l’information et de la communication, entre autres facteurs d’ouverture sur
l’altérité, affecteraient considérablement les processus de construction
identitaire chez les jeunes. Elles induiraient une individualisation et une
diversification de leur trajectoire personnelle mais pourraient produire, par
ailleurs, certaines formes de frustrations dues au contrôle de l’information et
de la circulation des individus, etc.
Les chercheurs intéressés à participer au colloque sont
invités à proposer une communication sur un des axes retenus. Ils devront à cet
effet remplir le bulletin de pré-inscription auquel
ils devront joindre un résumé de leur projet, dont la longueur n’excédera pas
une page. Le bulletin dûment rempli et le résumé devront parvenir avant le 15
novembre 2006 (coordonnées à la fin du document) à l’adresse suivante :
colloquejeunesse.tunisie@yahoo.fr
Le comité scientifique sera chargé de sélectionner les
communications. Les communications proposées devront être rédigées en français,
saisie par le traitement de texte et imprimé sur papier de format 21x29,7. Elles ne devront pas excéder 15 pages, y compris les
tableaux, graphiques et annexes éventuels.
Sur la première page de la communication, devront figurer le
titre, le(s) nom(s) de l’auteur (des auteurs), son (ses) titre(s) et son(ses) institution(s) de rattachement.
Les versions définitives des communications devront
impérativement parvenir au comité scientifique avant le 15 janvier 2007.
Comité scientifique international :
- Sénim Ben Abdallah, Faculté des Lettres et Sciences
Humaines de Sfax (Tunisie)
- Ridha Ben Amor, Institut National du Travail et des Etudes Sociales
(Tunisie)
- Sleheddine Ben Fraj, Faculté des
Sciences Humaines et Sociales de Tunis (Tunisie)
- Vincenzo Cicchelli, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de
- Madeleine
Gauthier, Institut National de
- Jean-François
Guillaume, Institut des Sciences Humaines et Sociales, Université de Liège au
Sart Tilman (Belgique)
- Dorra Mahfoudh Draoui, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis
(Tunisie)
- Imed Melliti, Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis
(Tunisie)
- Annie
Pilote, Université Laval (Canada)
- Laurence Roulleau-Berger, Centre National de
Comité national d’organisation :
- Adel Belhaj Rhouma,
Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Sfax
- Sénim Ben Abdallah, Faculté des Lettres et Sciences
Humaines de Sfax
- Ridha Ben Amor, Institut National du Travail et des Etudes Sociales
- Sleheddine Ben Fraj, Faculté des
Sciences Humaines et Sociales de Tunis
- Mohsen Bouazizi, Institut
Supérieur des Sciences Humaines de Tunis
- Dorra Mahfoudh Draoui, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis
- Imed Melliti, Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis
- Hassane Mouri, Faculté des
Lettres et Sciences Humaines de Sfax
- Sihem Najar, Institut Supérieur
des Sciences Humaines de Tunis
- Zeineb Samandi, Centre d’Etudes
et de Recherches Economiques et Sociales
Pour plus de renseignements :
Sénim Ben Abdallah, Faculté des
Lettres et Sciences Humaines de Sfax
Route de l’aéroport Km 4,5
3029 Sfax - Tunisie
Tél. GSM : (216) 98 35 42 45
Email : colloquejeunesse.tunisie@yahoo.fr