Colloque international pluridisciplinaire
Rugby, médias, éducation et transmission des
valeurs
Béziers, Centre
Universitaire Duguesclin
Dates : 13-14-15
Juin 2007
Manifestation à
l’initiative du :
Laboratoire Corps &
Culture (Université Montpellier I),
Laboratoire Dipralang-ARSER, (Université
Montpellier III), CIM-CREDAM (Université Paris III-Sorbonne nouvelle),
IUFM de Montpellier, Association « Rugby, culture et société »,
l’AFRAPS.
Avec le soutien du
Comité Territorial du Languedoc de
et la participation de
l’Institut National de l’Audiovisuel, L’Équipe,
Midi Libre, Midi Olympique.
Comité de patronage : Phillipe Boher, Guy Molveau, Jacques Verdier, Pierre Villepreux.
Comité
scientifique : Jean-Pierre Augustin, Robert Boure, Daniel Bouthier, Gilles
Bui-Xuân, Hubert Cahuzac, Jean-Michel Cassagne, Patrick Charaudeau, Olivier
Chovaux, Sébastien Darbon, Gérard Derèze, Jean-François Diana, Bertrand During,
Renata Freccero, Allen Guttmann, Gilles Klein, André Quilis, Bernard Leconte,
Jacques Mikulovic, Michael Palmer, Christian Pocciello, Anne Saouter, Otto Schantz,
Carmen Soares, Jean-Claude Soulages, Thierry Terret.
Comité d’organisation : Valérie Bonnet, Henri Boyer, Jacques Gleyse, Guy Lochard, Pierre
Stoecklin, Joris Vincent.
L’évènement de
On s’est ému en France des initiatives médiatiques et spectaculaires (calendrier, pom pom girls) du Stade français. Toutefois, ces débats ne masquent-ils pas des mutations plus profondes ? Ainsi, comment l’« amour du maillot » et certaines formes de lien social et d’engagement, qui excédaient traditionnellement l’espace du terrain pour s’élargir à l’espace de la cité, peut-il s’articuler avec la déterritorialisation du recrutement ? Par ailleurs, comment combiner la valeur centrale du sens de la collectivité avec la montée en force de formes d’individualisation de cette discipline ? En d’autres termes, la vedettarisation observable de certains joueurs (le phénomène Wilkinson) ne va-t-elle pas à l’encontre de l’esprit d’un sport exigeant l’effacement de l’individu dans le groupe, ou la nécessaire cohésion entre une équipe et ses supporters (la récente « affaire » Michalak et les sifflets du public au Stade de France) ?
Au cœur de ces interrogations figure, on le
voit, le rôle des médias. Considérant les enjeux financiers qu’ils
représentent, certains y voient des sources possibles de dérives telles que
celles du dopage tandis que d’autres s’inquiètent d’évolutions affectant les
modes de traitement mis en œuvre par les professionnels de l’information À ce
titre, l’évolution des langues des entraîneurs, et la réorganisation des
identités locales sont-elle liées au commentaire télévisuel ou
radiophonique et au parler médiatique ? La perception et la conception de
ce sport sont-elles transformées par la focalisation sur certaines phases
de jeu ou en l’emphatisation de certains gestes spectaculaires (les
« plaquages offensifs » notamment) lors des retransmissions
télévisuelles ? Dans le même ordre d’idées, le registre émotionnel du
spectacle sportif et la polarité passion/raison sont-ils modifiés par des
mises en images sans cesse investies par des procédés technologiques de
« visualisation » de plus en plus omniscients ou par les
indicateurs statistiques ? Enfin, et si l’on se tourne maintenant du côté
des publics, les liens organiques que la presse entretient avec son lectorat,
où le compte-rendu de match fait écho à la glose sportive informelle et
spontanée d’après match, n’est-il pas menacé par la technicisation du
vocabulaire de la presse écrite ?
À ces discours pessimistes qui donnent à penser que la médiatisation du rugby remet fondamentalement en cause des référents identitaires partagés par la communauté des pratiquants et des amateurs, d’autres commentateurs opposent une approche plus sereine de ces transformations. La force de la « culture sportive » du rugby n’est-elle pas en effet garante d’une préservation de ses valeurs constitutives ? Les mutations tant décriées n’affectent-elles pas essentiellement une élite (internationale et nationale) faisant écran à un secteur amateur conservant intacts ces systèmes de valeurs et ces liens avec le secteur professionnel ? Par ailleurs, la délocalisation élargie du recrutement ne peut-elle être considérée comme un moyen de dépassement de formes archaïques de localisme et de chauvinisme ? Ne peut-elle pas œuvrer à des formes de dialogues et de compréhension inter-culturelles amplifiés par les médias qui oeuvrent ainsi à l’émergence de communautés spectatorielles transfrontalières ? Cette diabolisation des médias ne se fonde-t-elle pas enfin sur une centration des regards sur des opérateurs dominants et leur ligne éditoriale (Canal +), occultant le rôle et la place de médias régionaux ou à diffusion régionale (« Rencontres à XV », Sud Radio), ou même le ton de certains commentateurs nationaux (J. Abeilhou sur France 2) qui perpétuent la sociabilité rugbystique ? Le respect (de l’adversaire, du joueur, de l’arbitre), valeur fondamentale en rugby, ne trouve-t-il pas dans les propos des journalistes une tribune puissante ? En relayant sous diverses formes certaines valeurs traditionnelles, les médias, qu’ils soient spécialisés ou non, n’en sont-ils pas les garants et les gardiens ?
Cependant, ceux-ci n’ont-ils pas tendance à occulter l’ambiguïté de la communauté rugbystique quant à la violence, physique ou symbolique (on pense aux célèbres euphémismes des commentateurs et consultants ou au pseudo fair play du public) ? En érigeant le rugby en bon élève des sports collectifs, par opposition à son éternel rival le football et à ses dérives actuelles, les journalistes ne sont-ils pas dupes ou complices d’un certain discours, parfois stéréotypique (le rugby cassoulet) ou autocomplaisant (le French flair) ? Cette exploitation des représentations sociales qui leur permet d’avoir les faveurs d’un public non spécialiste ou conservateur reflète-t-elle la réalité d’un sport en pleine mutation ?
La problématique des valeurs ne peut, quoi
qu’il en soit, faire l’économie d’une réflexion sur le cadre éducatif d’un
sport dont l’une des devises est « École de rugby, école de la vie ».
Sont invoqués la socialisation, l’apprentissage de la solidarité et de la
générosité, mais aussi celui du respect de la règle.
En conclusion, le rugby semble entretenir avec les médias des rapports relevant du mode de la tension entre une pratique et son spectacle, dont émergent 5 axes, non-limitatifs :
— Ouverture et clôture de l’univers rugbystique,
— Le caché et l’apparent, l’occulté et le montré,
— Tradition et modernité du rugby,
— L’individu et le groupe,
— Règle et affrontement physique, morale et rapports agonaux.
Les propositions de
communication devront parvenir à l’adresse suivante valeursrugby@free.fr avant 1er
Décembre 2006 impérativement sous forme de document attaché en format word.
Celui-ci devra comprendre sur deux pages séparées :
—
une page de présentation
personnelle (Nom, Prénom, rattachement institutionnel)
—
une page de résumé de
2000 signes maximum (à respecter impérativement) accompagné de 5 mots clefs
La publication d’actes
est envisagée.