Colloque  « Friches industrielles et mémoires : du paternalisme aux réhabilitations »

 

Organisé par le CEFRESS (Université de Picardie Jules Verne)

Responsable du colloque : Dominique Cochart-Coste (Doyen de la faculté de Philosophie Sciences Humaines et Sociales / UPJV)

 

 

Personne à contacter : messager.karine@wanadoo.fr

 

 

 

Les 22, 23 et 24 mars 2007

(Sur le lieu de Flixecourt, 150 ans après l’installation des Frères Saint)

 

 

 

Appel à communications

 

 

 

Le dernier tiers du XIX ° siècle a commencé dans la morosité ; il s’achève dans la crise. En économie on parlera de « grande dépression »,  pont de passage vers la mécanisation et la motorisation généralisées avec les effets de bouleversements qui lui sont connus. Parmi les différentes industries, celle du textile mettra vingt ans à se moderniser. Le passage du tissage à bras de l’artisanat rural, à l’organisation en grande industrie, mécanisée avec des centaines d’ouvriers et ouvrières donne à voir de façon emblématique le passage d’un monde à un autre. La discipline industrielle, l’individualisation du salaire, la fin d’une organisation familiale du travail, l’émergence de la classe ouvrière font que le monde bouge avec une rapidité extrême. 

 

La capacité à investir dans la modernisation de l’outillage décide du maintien ou de l’effondrement d’une activité : la dentelle du Puy se mécanise à temps, celle de l’arrondissement de Bayeux, qui tarde à réagir, voit son effectif fondre. La mécanisation entraîne la concentration. L’usine de tissage est encore rare à la fin des années 1870 ; vingt après, elle a totalement supplanté les métiers artisanaux.

Cette évolution accélérée, spectaculaire, qui lie mécanisation et usine  modifie profondément les organisations sociales du travail.

 

Naissent alors dans le conflit le paternalisme, l’organisation de la classe ouvrière et la gouvernance de masse. Parallèlement à cela, l’Etat est l’un des acteurs évidents du moment, qui prend ses marques dans l’organisation du monde social. Des lois fondatrices créent en quelques décennies la modernité sociale par la légalisation des collectifs (syndicats, plus tard les associations) et par l’organisation de la protection sociale d’Etat (l’Etat Providence).

 

Ces diverses lois s’inscrivent à la fois dans une continuité et une rupture vis-à-vis du paternalisme : il apparaît un élément fondateur et contesté de la vie industrielle. Il est aussi et surtout le témoin, voire un élément de cristallisation de la vie ouvrière : il a sans doute embrigadé, mais n’a-t-il pas autant favorisé la constitution de solidarités collectives qui se sont émancipées de sa prégnance ?

Cette vie ouvrière a été l’élément social majeur de la seconde moitié du XIX° siècle, qui n’a pu qu’inspirer les commentateurs sociaux. Nous ferons une part large à l’analyse de la littérature qui s’est attachée à faire vivre ces mondes dans des romans qui sont toujours, plus d’un siècle après, des sortes de « passages obligés » pour comprendre une époque, une histoire, mais aussi un présent.

L’histoire, cent vingt ans plus tard a à nouveau bouleversé les organisations industrielles autant que les vies de tous les jours. Délocalisations, fermetures de pans entiers de l’industrie, amènent

 

 

Ce colloque se tiendra sur trois jours dans un des lieux emblématiques des grandes industries textiles, à Flixecourt, près d’Amiens, 150 ans après l’installation des usines des Frères Saint.

Trois thèmes se succèderont sur trois jours :   

 

-         Le paternalisme

Il s’agira de mettre en évidence les différents modes de mises en œuvre de l’industrialisation, les effets sur la population en montrant différents paternalismes, Schneider, Saint-Frères….. . Il faudra aussi mettre en miroir le socialisme utopique, mais aussi l’action de l’Etat en face de ces bouleversements sociaux.

 

-         Hector Malot

Une journée sera consacrée au centenaire de la mort d’Hector Malot. Nous proposerons de traiter le monde industriel et ouvrier au travers de la littérature d’Hector Malot et d’autres auteurs qui se sont attachés à construire un regard sur une classe sociale et une époque.

 

-         L’art en friche

Que faire du patrimoine industriel aujourd’hui ? Cette question se pose dans les pays qui ont connu une forte industrialisation. Les friches maintenant inexploitées sont parfois investies par des squats d’artistes, d’autres se sont institutionnalisées en devenant des lieux d’exposition, d’autres s’attachent à une mise en œuvre de la mémoire.

 

Ce colloque s’organisera autour de trois séances plénières (en matinée) et de trois ateliers (en après-midi), dont un pour les collégiens et lycéens.

Le colloque donnera lieu à un document filmé pour les séances plénières et les ateliers collégiens et lycées.

 

 

1er jour (jeudi 22 mars 2007)

 

Matin : Conférences plénières : Paternalisme et utopies

Après midi :

 

-         Atelier 1 : Paternalisme et gouvernance : devenir des territoires.

-         Atelier 2 : Paternalisme, néo-paternalisme et post-paternalisme : où en sommes-nous ?

-         Atelier 3 : Film et débat pour collégiens et lycées.

 

 

2ème jour (vendredi 23 mars 2007)

 

Matin : Conférences plénières : Littératures et mondes industriels

Après-midi :

 

-         Atelier 1 : Autour des écrits d’Hector Malot

-         Atelier 2 : Littérature et mondes ouvriers

-         Atelier 3 : La littérature et le monde industriel pour les collégiens et les lycéens.

 

 

3ème jour (samedi 24 mars)

 

Matin : Conférences plénières : Les mondes de la mémoire et la réhabilitation des lieux.

 

Après-midi :

 

-         Atelier 1 : Les friches réinvesties

-         Atelier 2 : Mémoire et réappropriation des lieux

-         Atelier 3 : La place de l’art contemporain dans les lieux alternatifs te que les friches industrielles (pour collégiens et lycéens).


Calendrier

 

Les propositions de communications devront être adressées par mail sous forme d’un résumé pour le 1° février 2007, délai de rigueur (adresse indiquée en en-tête du texte).

Les réponses concernant les propositions retenues seront adressées pour

 le 20 février 2007 au plus tard.

Les détails concernant l’organisation du colloque (durée d’intervention, programme précis…) seront indiqués en même temps.