Appel à
communication
Colloque pluridisciplinaire
et international
Espaces hérités, espaces enjeux
Appropriations – (dé)valorisations – catégorisations
8-9-10 novembre
2007, Maison de la Recherche en Sciences Humaines
Université de
Caen Basse-Normandie.
Colloque
organisé par l’UMR CNRS ESO « Espaces géographiques et sociétés »,
les pôles pluridisciplinaires « Villes et sciences sociales » et
« Sociétés et espaces ruraux » de la MRSH de l’Université de Caen, le
Programme de Recherches Interdisciplinaires « Études urbaines » de
l’EHESS Paris, le CREDILIF de l’Université de Rennes 2.
La dimension spatiale des processus
de division et hiérarchisation sociale
Ce colloque a pour objectif de permettre la
rencontre de chercheuses et chercheurs en sciences sociales partageant l’ambition
d’intégrer pleinement l’espace dans l’étude de la société, autour d’un
questionnement central : quels sont les rapports entre valeur des espaces
et positions sociales ? Plus précisément : en quoi l’appropriation,
la catégorisation, la hiérarchisation des espaces jouent-elles un rôle dans la
production des inégalités, la différenciation et la hiérarchisation des
individus et des groupes sociaux, la construction de rapports sociaux
dissymétriques ?
Parler de catégorisation invite à interroger le rôle du langage et des
discours, à travers notamment l’articulation entre mise en mots des espaces et mise
en mots des groupes sociaux. Parler de valorisation peut nous entraîner vers un
questionnement plus économique, sur la « marchandisation » des
espaces et les tensions entre valeurs d’usage et valeurs d’échange par exemple,
ou encore du côté des valeurs et représentations symboliques dont les espaces
sont investis. Mais au bout du compte, il s’agit précisément d’interroger
les formes et « luttes de classement » dans toutes leurs
facettes (linguistiques, économiques, symboliques mais aussi matérielles,
juridiques, politiques…) et plus encore dans les rapports qu’elles
entretiennent, en faisant l’hypothèse que leur commune dimension spatiale
permettra de problématiser ces relations de manière renouvelée.
De même, s’il existe plusieurs modes de division et de hiérarchisation des
sociétés (classes sociales ou groupes socioprofessionnels, mais aussi genres,
origines nationales ou « ethniques », âges, sexualités, langues,
cultures…), les aborder par l’espace permettra sans doute de saisir la façon
dont ils se combinent, entrent en concurrence ou se renforcent.
Axes de questionnements
proposés
Interroger l’espace comme enjeu de rapports de pouvoir ou de concurrences
diverses et entrecroisées, confère une centralité à la problématique de l’appropriation
de l’espace. Cette notion renvoie principalement à l’usage exclusif ou
au contrôle de l’espace (la privatisation des espaces domestiques, la
fermeture des gated communities, l’entre-soi des clubs selects,
l’exclusion des indésirables par delà les frontières…), mais il ne faudrait pas
négliger ses autres significations : l’aménagement et l’usage autonome, le
sentiment d’être chez soi ou à sa place, l’association symbolique ou
identitaire (commune ouvrière, quartier chinois, bar gay…), etc.
· Qui s’approprie les différents types d’espaces
(urbains / ruraux, centraux / périphériques, etc.) ? Grâce à quelles
ressources l’appropriation ou l’attribution des espaces aux individus et
groupes sociaux (par transmission ou assignation), ou au contraire leur
expropriation ou mise à distance, sont-elles rendues possibles ?
· Quels sont les espaces les plus disputés ?
Inversement, peut-on s’approprier des espaces dévalorisés ou stigmatisés, à
l’image des quartiers d’habitat social ou dégradé ? Y a-t-il des espaces
« inappropriables » et qu’en est-il par exemple des
« institutions totales » : hôpitaux, prisons, camps,
casernes… ?
· Quelles sont les différentes modalités ou
stratégies matérielles et idéelles d’appropriation de l’espace (violences
physiques, propriété ou autres dispositions juridiques, marquage symbolique,
discours légitimes…) ? Et surtout, quels sont les rapports qu’elles
entretiennent entre elles ? Ces stratégies se manifestent-elles toujours à
travers le marquage de l’espace (architecture, signalétique, pratiques
symboliques…) ou peuvent-elles rester « tacites » ?
Mais les rapports de concurrence ou de pouvoir concernent aussi la
qualification de l’espace, la production de sa valeur et non sa seule
appropriation. D’autant plus que les notions de valeur, de (dé)valorisation, etc.
renvoient à des constructions sociales (non à des propriétés naturelles), ayant
de multiples facettes (non univoques), variables non seulement selon les
sociétés et les époques, mais également au sein d’une même société.
· Comment passe-t-on du classement comme simple
découpage à la hiérarchisation, des différences spatiales aux inégalités
sociales ? Comment valorisations et dévalorisations s’articulent-elles à
chaque échelle spatiale (habitat, quartier, ville, région, territoire
national…), mais aussi entre ces différentes échelles ? Et comment
contribuent-elles à les construire ?
· Quelles sont les différentes formes (économiques,
fonctionnelles, esthétiques, symboliques, affectives…) de hiérarchisation des espaces ?
Sont-elles cumulatives ou au contraire exclusives et contradictoires, ou encore
elles-mêmes hiérarchisées ?
· Comment chacune de ces formes de valeur
évolue-t-elle dans le temps, de sa production à sa disparition, en passant par sa
diffusion ou objectivation ? Comment peut-elle s’inverser (et selon quelle
temporalité), comme dans le cas de la patrimonialisation/gentrification
de certains quartiers ou de l’application de la notion de risque à certains
espaces (catastrophe, évolution des perceptions, des documents d’urbanisme…) ?
· Qu’est-ce qui fait, ou plutôt qui fait (ou
défait) la valeur des lieux et espaces ? Quel est le rôle des ménages, de
l’État et des collectivités locales (à travers les politiques de logement, les
politiques urbaines, sociales, scolaires…), mais aussi des médias (des chaînes
nationales de télévision à la presse locale), des autres entreprises
(stratégies de localisation, d’embauche, discriminations...), des associations,
etc., dans cette fabrication ? Quelle est la part de domination, ou au
contraire de résistance et de « quant à soi » des individus et
groupes sociaux, notamment les plus démunis ?
Bref, comment la valeur circule-t-elle et se
transmet-elle (ou pas), d’un individu ou d’un groupe à un autre, mais aussi
d’un groupe à un lieu, d’un lieu à un individu, d’une dénomination à une
autre… ?
À ces questionnements, non exclusifs d’autres propositions du même ordre,
il nous semble important d’ajouter un axe plus réflexif et historiographique
sur le regard et les pratiques des « savants » : outre les jugements
de valeur portés sur les groupes et espaces qu’ils étudient, quels sont les
rapports entre les catégorisations « savantes » et les
catégorisations « ordinaires » ou « indigènes » ?
Le lien que l’on peut imaginer entre ces découpages du social et les
divisions de la recherche en disciplines et spécialités, rend plus cruciale
encore la rencontre de l’ensemble des sciences sociales, aujourd’hui plus
attentives à la dimension spatiale : géographie, histoire, sociologie, ethnologie, sociolinguistique urbaine,
histoire de l’architecture, économie, science politique, droit… De même que le
dialogue doit s’instaurer entre les spécialités fondées sur des terrains de
recherche (études urbaines, rurales, et maintenant périurbaines) ou sur des
aires géographiques (États, continents ou régions du monde), de façon à
favoriser les confrontations et si possible les comparaisons
internationales.
Les propositions de communications
doivent être envoyées avant le 28 avril 2007 à l’adresse suivante :
fabrice.ripoll@unicaen.fr (secrétaire).
Elles devront être comprises entre 3000 et 5000 signes (espaces non compris),
comporter un titre, expliciter le questionnement et les matériaux utilisés
(quelques références bibliographiques possibles).
Une fiche signalétique séparée indiquera le titre de la
proposition, les nom et prénom du ou des auteurs, l’institution de rattachement,
la discipline ainsi qu’une adresse électronique (à défaut, postale).
Les propositions seront évaluées de façon anonyme, par deux chercheurs de
deux disciplines différentes. Les réponses seront envoyées début juin 2007.
Le texte définitif, d’environ 40 000 signes, est attendu pour le 30
septembre 2007. Des publications
sélectives sont envisagées, sous forme d’ouvrage collectif et/ou de dossier de
revue.
Les informations pratiques et contributions scientifiques seront
consultables sur le site Internet de l’UMR ESO, à l’adresse suivante : http://eso.cnrs.fr/actualites_2.html
Comité scientifique
Isabelle
Backouche, MCF en histoire, CRH -
UMR CNRS 8558 / PRI Études urbaines, EHESS, Paris.
Thierry
Bulot, MCF habilité en
sociolinguistique, CREDILIF, Université de Rennes 2.
Annie
Fourcaut, PR en histoire, Directrice
du CHS - UMR CNRS 8058, Université de Paris I.
Maria
Gravari-Barbas, PR en géographie,
CARTA - UMR CNRS 6590, Université d’Angers.
Régis Keerle, MCF en géographie, RESO - UMR CNRS 6590,
Université de Rennes 2.
Brigitte
Marin, PR en histoire, TELEMME - UMR
CNRS 6570, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence.
Emmanuel
Martinais, Chargé de recherche en
géographie, RIVES – UMR CNRS 5600, ENTPE, Lyon.
Christelle
Morel-Journel, MCF en géographie,
RIVES - UMR CNRS 5600, Université Jean Monnet de Saint-Étienne.
Gilles
Laferté, Chargé de recherche en
sociologie, CAESER INRA-Dijon, chercheur associé au Centre Maurice Halbwachs - UMR
CNRS 8097.
Claude
Loupiac, MCF en histoire de
l’architecture, AVD, Université de Paris I.
Philippe
Madeline, MCF en géographie,
CRESO - UMR CNRS 6590, Coresponsable du Pôle « Sociétés et espaces ruraux
» de la MRSH, Université de Caen Basse-Normandie.
Michel
Rautenberg, PR en ethnologie, CLERSÉ
- UMR CNRS 8019, Université de Lille 1.
Nicolas
Renahy, Chargé de recherche en
sociologie, CAESER INRA-Dijon, chercheur associé au Centre Maurice Halbwachs -
UMR CNRS 8097.
Raymonde
Séchet, PR en géographie,
Directrice de l’UMR CNRS 6590, RESO, Université de Rennes 2.
Yasmine
Siblot, MCF en sociologie,
Laboratoire Georges Friedmann - UMR CNRS 8593, chercheuse associée au CSU - UMR
CNRS 7112, Université de Paris 1.
Sylvie
Tissot, MCF en sociologie, CSU -
UMR CNRS 7112, chercheuse associée au GSPE-PRISME - UMR CNRS 7012, Université
de Strasbourg II.
Cyril
Trimaille, MCF en
sociolinguistique, LIDILEM, Université de Grenoble 3.
Vincent
Veschambre, MCF habilité en
géographie, CARTA - UMR CNRS 6590, Université d’Angers.
Nadine
Vivier, PR en histoire, LHAMANS,
Université du Maine.
Pierre-Paul
Zalio, PR en sociologie, IDHE,
ENS-Cachan, Paris.
Comité d’organisation
Pierre
Bergel, MCF en géographie, CRESO
- UMR CNRS 6590, Coresponsable du Pôle « Villes et sciences sociales » de
la MRSH, Université de Caen Basse-Normandie.
Michaël
Bermond, MCF en géographie, CRESO
- UMR CNRS 6590, Université de Caen Basse-Normandie.
Patrice
Gourbin, Docteur en histoire de
l’architecture, Pôle « Villes et sciences sociales » de la MRSH,
Université de Caen Basse-Normandie.
Fabrice
Ripoll, Docteur en géographie,
CRESO - UMR CNRS 6590, Université de Caen Basse-Normandie.
Rémi
Rouault, PR en géographie,
Directeur du CRESO - UMR CNRS 6590, Université de Caen Basse-Normandie.