Appel à communications
Atelier
autonomie
Journée d’étude organisée par l’atelier de doctorants « Autonomie » (GSPM, CEMS – EHESS)
La journée se tiendra le samedi 2 juin 2007 à Paris.
Comité d’organisation :
Arnaud Esquerre (GSPM), Benoît Eyraud (CEMS), Lucie Bonnet (GSPM), Gaston Bosio (CEMS), Arnaud Hedouin (GSPM), Delphine Moreau (GSPM), Matthieu Elgard (centre Aron), Jeanne Lazarus (GSPM), Elisa Herman (CEMS)
Présentation de la journée d’étude :
Le constat de l’omniprésence de la notion d’autonomie a conduit à la constitution d’un atelier de doctorants. Pendant trois ans, cette préoccupation commune s’est traduite par l’analyse des usages de cette notion sur différents terrains d’enquête : politiques de l’habitat, pratiques du travail social, conditions d’accès au crédit, pratiques de la psychiatrie, vécu de la maladie, dénonciation de croyance… Ces terrains d’enquête ont permis également d’interroger le rôle de cette notion dans la manipulation d’objets sociaux et symboliques : l’argent, le sexe, les maladies ; ou dans la constitution de groupes sociaux ou professionnels : sectes, association d’usagers et de malades, travailleurs sociaux…
La définition de la notion, les outils utilisés pour la rendre opératoire, ses usages injonctifs ou critiques varient selon les lieux d’observation. Une caractéristique commune semble pourtant se dégager à travers la diversité de ces usages : l’articulation difficile entre une dynamique émancipatrice et une dynamique normative.
La diversité des matériaux d’enquête a conduit à questionner les implications des usages sociaux observés, en ayant systématiquement le souci de dégager les conceptions théoriques de « l’autonomie » et de « l’individu » mobilisées dans l’analyse. La journée d’études sera organisée autour des trois axes suivants :
1) La
diffusion sociale de la notion d’autonomie et ses définitions
2)
L’hétérogénéité des usages de l’autonomie
3) Les
conceptions des êtres qu’impliquent ces définitions et ces usages.
1) La diffusion sociale de la notion d’autonomie
et ses définitions.
Ce
premier axe cherche à la fois à retracer l’histoire de la diffusion de la
notion d’autonomie et à évaluer son actualité sociale dans les différents
espaces qu’elle traverse.
Dans le
monde médical, psychiatrique, et pénitentiaire, dans celui de l’action sociale,
dans le monde économique comme pour les personnes entrées dans des sectes,
l’autonomie est un thème central des réflexions des acteurs et tend à le
devenir dans les analyses sociologiques et philosophiques.
Comment l’autonomie
est-elle définie ? Les définitions de l’autonomie sont-elles l’objet de
conflits au sein des espaces analysés ? Observe-t-on des variations dans
les définitions données à ce terme suivant les sphères étudiées ? Peut-on
dégager une trame commune ou bien les définitions sont-elles toujours
locales ?
2). L’hétérogénéité des usages de
l’autonomie.
L’objectif
de la réflexion est d’évaluer les conditions de reconnaissance de l’autonomie,
de sa perte éventuelle, de sa restauration, ainsi que son degré d’exigence
sociale. L’autonomie constitue-t-elle un préalable à la participation
sociale ?
En
effet, l’autonomie n’est pas postulée, évaluée, reconnue, déniée de la même
façon selon les terrains et selon les acteurs, et sa présence ou son manque
n’ont pas les mêmes conséquences.
Les critères d’évaluation de l’autonomie nous renseignent sur la
manière dont la notion est comprise : l’autonomie fait-elle l’objet de
mesure de performances ? Quels en sont les critères et sont-ils
négociables ? Comment sont-ils indexés sur une échelle de normalité ?
3). Les conceptions des personnes mobilisées
par ces définitions et ces usages.
Les
implications politiques des usages de la notion d’autonomie sont liées à des
conceptions de la personne. Quelles compétences doivent-elles acquérir pour
être reconnues comme autonomes ? L’autonomie est-elle une condition de
leur dignité, un critère de normalité ? Quels sont les êtres qui
mobilisent cette notion ?
Les
usages de l’autonomie laissent également entrevoir des modes de régulation
collective qui leur sont diversement associés : nouvelles techniques
managériales, dispositifs consultatifs et participatifs, diffusion
des pratiques « psy », démocratie sanitaire, ré-articulation des
politiques de redistribution et de reconnaissance, activation des
politiques sociales et de leurs bénéficiaires...
Dans
quels ordres du bien et du juste les acteurs inscrivent-ils leurs luttes et
leurs alliances ? Sur fond de quel partage du public et du privé, de
l’individuel et du commun, ou encore du social et du psychologique ?
Envoi des propositions de communication :
Les propositions de communication doivent être envoyées aux adresses électroniques suivantes (remplacer -at- par @) :
hermanelisa-at-yahoo.fr
Arnaud.ESQUERRE-at-culture.gouv.fr
Les propositions de communication devront être envoyées par courrier électronique avant le 23 mars 2007. Elles ne dépasseront pas une page et devront comporter, outre le titre de la proposition, une description de la problématique et de la méthode employée, les éléments suivants concernant les auteurs : Nom, Prénom, adresse électronique, laboratoire de rattachement.
Une réponse sera envoyée sous quinze jours et il sera demandé aux auteurs concernés de rédiger un texte qui comprendra au maximum 30 000 signes à remettre par courrier électronique au plus tard le 4 mai 2007.
Tout complément d’information peut être demandé aux membres du comité d’organisation de la journée.