|
Appel
à communications
|
|
|
|||||
|
|
|
|
|
|
|
||
|
|
16
au 18 juillet 2007 Lubumbashi (République démocratique du Congo) |
||||||
L’ajustement des universités africaines au processus de Bologne
Présentation
Après une longue période d’hésitation, les universités
africaines choisissent l’une après l’autre de s’aligner sur l’architecture
d’organisation des études du L-M-D (ou
3-5-8) promu depuis 1999 par le processus de Bologne.
Dans le sud, le passage à cette architecture n’est nulle part
simple : le modèle est importé du nord, aucune concertation n’a eu lieu
entre les universités européennes et africaines sur les caractéristiques qu’il
aurait dû réunir pour être adapté de façon équilibrée aux contextes et aux
besoins économiques, culturels et sociaux de ces deux régions du monde. Les
universités européennes ont adopté une organisation des études qu’elles
imposent à leurs homologues africaines qui sont conduites à se calquer sur
elles. Aucun continent n’échappe au modèle de Bologne qui devient universel,
les régions d’Asie et d’Amérique Latine ont entrepris des réformes qui vont
dans le sens d’une plus grande compatibilité avec les systèmes d’enseignement
supérieur d’Europe.
Les organisations et/ou instances financières internationales
(UNESCO, Banque Mondiale, etc.) sont favorables à l’ajustement des universités
africaines au modèle de Bologne, particulièrement quand il s’inscrit dans des
initiatives concertées. Ainsi, certaines soutiennent le Réseau pour
l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO) qui a
été créé en octobre 2005 et qui regroupe une douzaine d’universités de six pays
(Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Togo) très vraisemblablement
appelés à être rejoints par d’autres. La Communauté Économique et Monétaire
d’Afrique Centrale (CEMAC) a quant à elle exprimé une approbation sans réserve
aux efforts qui sont déployés pour installer le modèle de Bologne dans les
universités de sa zone. Les pays du Maghreb sont eux aussi engagés dans le
processus d’harmonisation, même si des problèmes lourds continuent de s’y
poser. Le Maroc a saisi l’occasion de Bologne pour initier des réformes qui s’y
faisaient attendre, les pays voisins s’apprêtent à lui emboîter le pas. La
situation des universités des pays non francophones est plus confuse. La
tradition de décentralisation des pays anglophones rend l’information plus
difficile à réunir. L’évidence est que des accords de coopération et d’échanges
sont en train de se conclure au-delà des océans et que certains d’entre eux
pourraient contribuer à déplacer le centre de gravité scientifique et politique
du monde.
La Commission Universitaire pour le Développement de la
Communauté française de Belgique a souhaité favoriser la réflexion sur le
passage des universités africaines au modèle de Bologne, notamment en soutenant
les conférences de Dakar (juillet 2005) et d’El Jadida (mai 2006). Ces
rencontres ont donné l’occasion à des responsables académiques et à des
chercheurs issus de nombreux pays africains de confronter leurs analyses à
celles de collègues venus d’Europe et d’Amérique du Nord. Ce troisième colloque
s’inscrit dans la lignée des deux premiers, il vise à mettre à la disposition
des universités africaines tous les éléments qui leur permettront de
s’approprier le processus de Bologne de façon critique et d’en faire un objet
d’analyse dont le traitement contribuera à mettre en lumière des tendances d’évolution
des relations entre les pays du nord et du sud.
Ce colloque se tiendra en Afrique centrale. Cette zone a été
choisie à la fois parce que ses universités n’ont pas encore basculé dans le schéma de Bologne et
s’apprêtent à le faire en ordre relativement dispersé, et parce que ses
universités sont proches des institutions anglophones, porteuses d’autres
rationalités que les universités formées sur le modèle français.
Le colloque ouvrira un espace de dialogue et de concertation
pour toutes les universités africaines qui y seront représentées, dans le
projet explicite de dépasser les traditions linguistiques et organisationnelles
qui inhibent leur propension à collaborer et qui attisent entre elles des
compétitions trop souvent stériles. Il veut aussi renforcer les connivences
entre les chercheurs et les universités du sud et du nord qu’une même volonté
anime de produire des concepts et des schémas théoriques susceptibles de rendre
les évolutions en cours davantage intelligibles. L’objectif global de cette
rencontre est de contribuer à l’analyse de la restructuration de l’espace
mondial de la recherche et de l’enseignement supérieur en s’intéressant par
priorité aux effets qu’elle induit sur les universités du sud. Un objectif
secondaire est de déterminer les moyens, pour ces universités du sud, de
s’approprier les critères de qualité impliqués par le processus de Bologne sans
se faire disqualifier ni encourager un brain
drain aux effets négatifs.
Comité scientifique
Ce colloque est organisé et financé par la Commission
Universitaire pour le Développement (CUD) du Conseil Interuniversitaire de la
Communauté française de Belgique. Il est placé sous la direction du Professeur
Jean- Émile Charlier. Le Comité Éducation, Formation, Socialisation de l’AISLF (Association
Internationale des Sociologues de Langue Française) est associé à la rencontre.
Le comité scientifique regroupe des professeurs spécialistes des
politiques éducatives issus d’universités du Sud et du Nord :
Le Professeur Kaumba, Recteur de l’Université de Lubumbashi ; le Professeur Dale, Université de Bristol ; le Professeur
Derouet Institut National
de Recherche Pédagogique et Université
Lyon II ; le Professeur Nyamba,
Université de Ouagadougou ; le Professeur Sall, Université Cheikh Anta Diop de Dakar ; le Professeur Charlier, Facultés Universitaires Catholiques de
Mons.
Propositions de
communications
Le colloque sera bilingue, les langues de travail seront le
français et l’anglais, aucune traduction simultanée n’est prévue. Il est ouvert
à tout universitaire, responsable académique ou administratif, à tout chercheur
ou professeur qui s’intéresse aux réformes dans l’enseignement supérieur au
Nord et/ou au Sud.
Le colloque privilégiera des communications qui présentent les
processus de réformes institutionnelles et/ou nationales engagées dans les pays
du Nord ou du Sud.
Les propositions peuvent porter sur les axes suivants :
-le processus de décision qui a amené l’université
ou le pays à opter pour le schéma de Bologne (LMD, 3-5-8) ;
-les effets directs ou indirects induits par la
décision d’adopter le schéma de Bologne : restructuration des
cursus ; assurance qualité et accréditation ; mobilité,
reconnaissance et diplômes conjoints ; masters professionnels/masters
recherche et écoles doctorales ;
-l’évolution actuelle des universités des pays en
développement, leur inscription dans la mondialisation ;
-le rôle des organisations et/ou instances
financières internationales dans la promotion du modèle de Bologne.
Les propositions (1.000 mots maximum) en français ou en anglais
sont à envoyer pour le 31 mars au plus tard à l’adresse lmd2007@cud.be. Leurs auteurs seront avertis pour le 10 avril
de la décision du comité scientifique. Les actes du colloque seront publiés
début 2008.
L’inscription au colloque, les déjeuners et l’hébergement sont
pris en charge par la CUD pour tous les participants dont les communications
auront été acceptées. Douze bourses de voyage seront attribuées prioritairement
à des collègues africains en fonction du classement des propositions de
communication opéré par le comité scientifique. Le déplacement des autres
communicants ne sera pas pris en charge.
Comité d’organisation
Cesar Nkuku Khonde, Université
de Lubumbashi, Félix Ulombe Kaputu, Université
de Lubumbashi, Sarah Croché, Facultés
Universitaires Catholiques de Mons.
Toute information
complémentaire peut être obtenue sur demande à l’adresse : lmd2007@cud.be