Appel à communication

 

L’Université Marc Bloch de Strasbourg[1] et le Réseau Thématique 25 (Travail, Emploi, Organisation) de l’Association Française de Sociologie

organisent deux Journées d’Etudes :

 

Identités au travail et cultures d’organisation

à l’épreuve des mutations économiques et sociales

 

 

les 8 et 9 novembre 2007

Université Marc Bloch de Strasbourg

Palais universitaire, Salle Fustel de Coulanges 

 

Contacts : william.gasparini@umb.u-strasbg.fr ; causer@evhr.net

 

Malgré les transformations récentes du système capitaliste et ses effets sur les relations salariales, les sociologues du travail et des organisations s’accordent sur une même analyse : le travail occupe toujours une place centrale dans la production des sociétés contemporaines. Pourtant, depuis une quinzaine d’années, non seulement le monde du travail a radicalement changé (nouvelles formes d’organisation de l’entreprise et du travail –dont les « pratiques flexibles »-, décentralisation des relations sociales, externalisation de la production, fonctionnement en réseau, montée en puissance des activités de service et transformation du temps de travail) mais les champs thématiques de recherche se sont aussi élargis avec l’émergence de problématiques portant sur les discriminations, les rapports de sexe, les relations de service, le travail bénévole, etc.

Certains sociologues analysent ces transformations comme des innovations permettant une plus grande autonomie des salariés, de nouvelles formes de coopération et une responsabilisation accrue. D’autres y voient au contraire une intensification du travail, une forme de retaylorisation et une soumission à un contrôle plus strict mais plus discret.

Les transformations des modes de production ont entraîné un éclatement des relations salariales et une remise en question du modèle d’emploi standard. Avec la mutation du rapport à l’emploi, la différenciation des contrats de travail (CDD, temps partiel, auto-emploi), l’individualisation des salaires, le travail par intérim, la recherche de flexibilité des entreprises, la valeur d’un salarié, au regard de l’employeur, semble bien résider de plus en plus souvent dans ce qui le distingue des autres employés et de moins en moins dans ce qu’il a de commun avec eux. D’où l’altération des conditions de travail et la prolifération des formes d’emploi, la montée de ce que d’aucun dénomment « l’individualisme », la désyndicalisation et la dissolution des solidarités professionnelles.

Dans ces conditions, le travail est-il toujours « l’une des occasions principales d’échange entre les individus des sociétés contemporaines » (Sainsaulieu, 1988) ? Quelle est l’influence des nouvelles structures d’organisation sur la qualité des échanges entre salariés et sur la culture d’établissement (entreprise, administration, association) ? Dans les entreprises de service marquées par un fort turn-over ou celles employant des intérimaires, comment se forment les communautés professionnelles ? Dans le contexte de l’individualisation des rapports sociaux dans l’entreprise et de la désyndicalisation, comment s’articulent l’identité de classe, l’identité professionnelle et les modes plus élargis d’identification ? Quel est le poids des stratégies managériales dans la fabrication de la culture d’entreprise et quels sont les espaces de liberté et les jeux rendant possibles les cultures d’organisation particulières ainsi que les reconversions identitaires ?

Les identités au travail résultent aussi de la rencontre de trajectoires socialement conditionnées avec des situations et des organisations elles-même situées dans des champs économiques et des systèmes culturels. Comment concilier les analyses micro, méso et macro-sociologiques dans l’analyse des identités collectives au travail ? Peut-on toujours distinguer l’identité pour autrui (destin probable et souhaité par l’entreprise) et l’identité pour soi (perception individuelle établie en fonction d’une carrière passée et d’un futur désiré par le salarié) ?

Les contributions attendues s’organiseront autour des quatre thèmes suivants  :

-          Controverses et apports paradigmatiques dans l’analyse sociologique des identités au travail

-          Participation des salariés, résistances et régulations individuelles ou collectives face aux transformations néolibérales

-          Cultures syndicale et d’établissement : regards croisés en Europe et dans le monde

-          Les techniques et les rhétoriques managériales à l’épreuve des réalités organisationnelles

 

Les propositions de communication devront parvenir par E-mail accompagnées du titre de la communication, de vos noms, prénom, adresse institutionnelle complète (en format Word pour PC ; 2000 signes environ) avant le 20 mai 2007 aux deux adresse suivantes :

Jean-Yves Causer (causer@evhr.net)

William Gasparini (william.gasparini@umb.u-strasbg.fr)



[1] Le Centre de Recherches et d’Etudes en Sciences Sociales (EA 1334) et le Groupe de Recherche « Institutions et organisations sportives, travail et emploi » (EA 1342) Université Marc Bloch, Strasbourg II avec la collaboration du Groupe d’Etude Interdisciplinaire des Sciences du Travail (GEIST) de Strasbourg et du Laboratoire « Analyse et Evaluation des Professionnalisations (EA 3313, Université de Reims).