
Depuis mai 2006, le numéro 1 de Socio-logos, revue publiée par l'AFS, est en ligne, lisible par
toute personne intéressée, à l'adresse http://socio-logos.revues.org/
A l'issue du Congrès de Bordeaux, en tant que
secrétaire de rédaction, je m'adresse à vous pour vous inviter à faire des
propositions d'articles pour la revue. En effet, à la suite de beaucoup de
discussions, je me suis rendu compte du paradoxe qui existe entre le nombre
important de communications auquel on est arrivé à Bordeaux (environ 1300) et
le peu de propositions qui sont faites en général aux revues.
On pourrait croire en effet que du fait de
l'importance des publications dans une carrière de recherche, les grandes
revues de la discipline devraient recevoir beaucoup de propositions de
publications : or ce n'est pas le cas. En même temps ces revues soulignent que
parmi les propositions qui leurs sont faites, la majorité n'est pas au niveau
requis. Par contre, la diffusion sous forme de livres est très importante : en
prenant simplement en compte les livres signalés par leurs auteurs dans la feuille d'info de l'AFS pour les deux
dernières années, on arrive au total de près de 350 ouvrages (alors que les
grandes revues de la discipline peuvent publier chacune une vingtaine
d'articles par an).
Il faut privilégier les revues : en effet la
progression de la connaissance scientifique se fait d'une manière cumulative par
le biais d'une évaluation collective. Or, pour qu'un livre soit connu, il faut qu'il
ait été mis en valeur par une critique (dans une revue) et est donc soumis au
hasard de l'intérêt ou au soutien de la notoriété déjà acquise. L'avantage
d'une revue est que tout article qui y est présenté peut être lu et apprécié
par l'ensemble de la communauté scientifique. L'évaluation se fait a posteriori : c'est quand on se rend
compte qu'un article a été beaucoup utilisé qu'on voit qu'il a fait avancer la
connaissance.
Dans toutes les disciplines scientifiques, ce rôle a
été joué par les revues et jusqu'à il y a peu, par les revues papiers,
référencées par les systèmes documentaires antérieurs aux moteurs de recherche.
Une
revue en ligne offre aujourd'hui l'avantage :
-
de la rapidité (pas de temps d'attente d'édition)
-
de l'économie (pas de couts d'expédition, pas de frais d'abonnements)
-
de l'accessibilité (consultation immédiate, pas de recours aux bibliothèques)
- du référencement dans les moteurs de recherche
généraux (google) ou spécialisés (en
France pour les sciences sociales in-extenso
http://www.in-extenso.org/ )
Pourquoi alors ce peu d'empressement pour les revues
en général ? Je fais l'hypothèse que, du fait du contraste entre le nombre des
jeunes engagés dans la recherche et du petit nombre annuel d'articles publiés,
beaucoup s'autocensurent et pensent qu'ils n'arriveront pas à être publiés car
ils imaginent que, devant choisir, les revues ne les prendront pas (ou,
hypothèse pire : ils envoient aux revues des textes peu élaborés étant persuadés
qu'ils ne seront pas pris. Une telle manière de faire étant évidemment
auto-réalisatrice, elle renforce la croyance à l'hyper-sélection). Une telle
attitude est éminemment dangereuse pour la discipline car le but premier (collectif)
d'une publication est de proposer à la lecture des collègues une nouvelle
vision, ce n'est pas de créer une ligne supplémentaire sur un CV (objectif
légitime mais individuel). Pour que la lecture, et donc le jugement
scientifique, puisse avoir lieu, il faut un support accessible aisément,
référencé par les moteurs de recherches par mots clés.
Ce
que Socio-logos propose c'est de
prendre des articles de recherche sur la base des exigences suivantes vérifiées
par une expertise en double aveugle (indépendamment des débats, des actualités et
des textes de travail) :
-
l'auteur connait la littérature du sujet et se positionne par rapport à elle,
-
l'auteur travaille à partir d'un terrain (ou corpus, ou archives, ou enquête en
analyse secondaire),
-
l'auteur ne se contente pas de présenter son terrain mais veut faire avancer la
connaissance par une théorisation renvoyant à l'état du sujet,
- le texte est formellement correct.
La question
de savoir si, ces conditions étant remplies, l'auteur a effectivement fait
avancer la connaissance scientifique, n'est pas du ressort de la revue mais ne
pourra se définir qu'a posteriori si l'article et les concepts qu'il a mis au
point sont réutilisés par d'autres (c'est la manière de faire de toute les
disciplines scientifiques dans le monde entier).
Il faut casser le cercle vicieux de la prétendue
hyper-sélection faite par les revues : il n'y a aucune nécessité de sélection
par le nombre d'article dans Socio-logos
et donc tout texte qui présente ces caractères formels (connaissance de la
littérature, terrain, désir théorique, écriture correcte) sera pris.
En plus des articles, Socio-logos peut aussi accueillir des débats, des textes liés à l'actualité
(comptes-rendus de colloques) ou de simples textes
de travail qu'un auteur souhaite faire circuler sans qu'il soit jugé comme
article de revue à comité de lecture. Pour chaque cas, les évaluations sont
différentes.
A vos plumes ou a vos traitements de textes : vous
avez des communications, transformez-les en article !
Philippe
Cibois
Secrétaire
de rédaction de Socio-logos