DIRECTION DE L’INNOVATION ET DE LA RECHERCHE
UNITE SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
CAHIER
DES CHARGES DE L’APPEL A PROJET DE RECHERCHE SUR LE THEME :
L’évaluation du travail et des compétences :
le cas des métiers en contact avec la clientèle SNCF
Version du 13/12/2006
Sommaire
1. Contexte
du projet................................................................ 3
2. Description
de la prestation........................................... 4
a - Problématique............................................................................ 4
b - Résultats attendus................................................................... 5
c - Modalités Générales.................................................................... 5
d - Méthodologie.............................................................................. 5
3. Calendrier
prévisionnel lié à la prestation.......... 6
4. Compétences
requises.......................................................... 6
5. Documents
à remettre.......................................................... 6
a - Moyens humains mis en
œuvre.............................................. 6
b - Descriptif de la
méthodologie mise en œuvre................... 7
c - Planning........................................................................................... 7
6. Contact.......................................................................................... 7
7. Références
bibliographiques........................................... 7
De nombreuses recherches
portent sur les nouveaux modes de gestion des compétences par les entreprises.
Les classifications d’emplois, développées au cours de la période industrielle,
sont remises en question par le nouvel environnement économique. Il résulte de
ces transformations, une grande incertitude sur les façons d’évaluer les
compétences, notamment dans le champ des services. Pourtant, il semble qu’aucune
étude d’envergure n’ait été menée sur les transformations des modes
d’évaluation des compétences de service dans une entreprise publique.
Ce projet de recherche
exploratoire, issu des réflexions d’un groupe de travail interne autour de la
thématique des compétences, vise à combler cette lacune en analysant les
pratiques et critères d’évaluation du travail et des compétences à la SNCF, à
partir du champ d’application des métiers de service en relation avec les
voyageurs (les métiers ici concernés sont les métiers de la vente, de l’escale –
notamment l’accueil - et du service commercial à bord des trains).
Plusieurs questions seront examinées dans le cadre de ce
projet :
-
Peut-on
évaluer le travail et les compétences, notamment dans le champ du service et de
la relation de service ? Si oui, quels problèmes particuliers pose
l’évaluation du travail et des compétences dans ce champ ?
-
Comment
sont actuellement évalués le travail et les compétences dans l’entreprise
(atteinte des objectifs ? contribution individuelle/collective ?
etc.) : quelles sont les modalités et les dispositifs d’évaluation que la
politique managériale de l’entreprise développe et avec quelle
efficacité ? Comment prendre en compte, dans l’évaluation du travail et
des compétences, le travail « réel »[1] ainsi que certains aspects du travail absents et
néanmoins très importants sinon centraux dans la relation de service : l’imprévu,
les savoir-faire et compétences implicites, le rôle du collectif de travail et
du client, …. ?
-
Quelle
place attribuer aux activités, aux résultats, aux contributions émanant des
collectifs de travail dans les systèmes d’évaluation actuels, majoritairement individualisés ?
-
Quels
sont les atouts et limites des dispositifs d’évaluation du travail et des
compétences de service actuels et quels sont les leviers à mobiliser pour faire
évoluer ces dispositifs vers une prise en compte plus exhaustive de l’ensemble
des dimensions du travail et des compétences, dans le champ de la relation
client ? Quels sont ou quels pourraient être les dispositifs et méthodes
alternatifs à ceux qui sont actuellement développés dans l’entreprise ?
Ce projet étant exploratoire, une certaine liberté est laissée
aux répondants pour modifier, enrichir la problématique et les
questionnements ; et/ou redéfinir la méthodologie qui sera adoptée.
Les indications figurant
dans ce cahier des charges restent de ce point de vue largement à enrichir.
De nombreux chercheurs en
sciences humaines et sociales ont mis en évidence le fait que les compétences
nécessaires à la gestion des situations de contact avec les clients sont
souvent peu visibles pour l’entreprise car le travail effectué par l’agent (de type
relationnel, empathique, communicationnel, cognitif) ne recouvre que rarement
des tâches de travail codifiées et hiérarchisées.
Les
compétences de service renvoient par ailleurs souvent chez les gestionnaires
des ressources humaines et les recruteurs, à des qualités intrinsèques aux
individus. Elles sont souvent pensées en tant que qualités, qu’aptitudes innées repérables par des tests, par l’examen
du caractère des candidats (
Comme
l’a souligné Lada (2001), à la SNCF, les recruteurs accordent une place
importante aux traits de caractère[2] et à la personnalité des personnes recrutées
pour les métiers au contact avec le client. Le « savoir-sourire », la
gestion du stress, une attitude policée, tendent à être considérés comme des
qualités intrinsèques à la personne, elles-mêmes renvoyées à la sphère du
naturel, de l’inné. Les dimensions collectives et organisationnelles des
compétences de service ne semblent que faiblement prises en compte : un individu n’est rien sans son organisation qui soutient son
intervention, sans un réseau qu’il peut mobiliser à tout moment. Les
compétences individuelles sont profondément ancrées dans des compétences
collectives.
Comment
mieux identifier et évaluer les compétences détenues et mobilisées par les agents
des métiers de la relation de service ?
On entre alors ici dans un
travail nécessaire d’analyse des différentes dimensions des compétences de
service : dimensions techniques, communicationnelles (notamment
langagières) ; organisationnelles (qui assurent la coordination des
compétences individuelles) ; relationnelles (soin apporté au
client) ; pédagogiques (qui permettent notamment de traduire la demande du
client, de lui transférer de la compétence…)… (cf. Combes, 2002).
Il s’agira donc, en
partant des travaux existants sur l’analyse du travail et des compétences dans
le champ de la relation de service, d’élargir les critères d’évaluation retenus
(notamment en combinant des critères qualitatifs avec les critères quantitatifs
actuellement privilégiés) et de renouveler le regard et les pratiques en
matière d’évaluation du travail et des compétences dans ce champ.
Il apparaît en effet que
dans le champ de la relation de service la problématique de l’évaluation se
pose avec une acuité particulière. Dans les activités de service, est
généralement admise la validité de l’extension des concepts et des méthodes de
mesure de la productivité tels qu’ils ont été mis au point initialement dans
l’industrie. Or plusieurs auteurs ont montré que cela n’a rien d’évident et
qu’il faut soumettre ces méthodes à la critique. Pour Gadrey, l’évaluation du
service rendu au client doit intégrer et combiner de multiples critères :
critères de jugement sur la valeur et la quantité du produit de
l’activité ; critères techniques ou industriels ; critères marchands
et financiers ; critères relationnels ; critères civiques et
écologiques ; critères de créativité ou innovation ; critères d’image
et de réputation…Comme le souligne également Zarifian, les critères
quantitatifs liés aux parts de marchés, aux économies de débit et économies
d'échelle, à l’augmentation du chiffre d'affaires restent les référents majeurs
dans la plupart des entreprises de service, lesquels ne disent rien sur le
service rendu et perçu par les clients, et ce qu'il rapporte.
L’enrichissement des
critères, des pratiques et du rôle des acteurs de l’évaluation du travail et
des compétences de service nous semble, dans ce contexte, particulièrement
intéressant à approfondir par une recherche mobilisant le regard de chercheurs
en sciences humaines et sociales. A travers cette réflexion, il s’agira
également, indirectement, de renforcer la reconnaissance des compétences
réellement engagées dans les relations de service, renforçant ainsi notamment
le sens du travail des agents au contact de la clientèle.
- Etablir un état des
lieux de la littérature sur l’évaluation du travail et des compétences, dans le
champ des services et de la relation de service ;
- Analyser les modalités
d’évaluation du travail et des compétences de service actuellement utilisées
dans l’entreprise, leurs atouts et leurs limites ;
- Analyser la façon dont
les agents concernés perçoivent les évaluations dont ils font l’objet, et les
éventuels décalages avec leur propre conception de la compétence, ainsi que les
éventuels sentiments d’injustice ou au contraire de reconnaissance, éprouvés ;
- Proposer des pistes d’évolution
et d’amélioration des dispositifs d’évaluation (individuelle et collective) du
travail et des compétences de service.
Des déplacements sur
l’ensemble du territoire sont à prévoir.
Les membres du groupe de
travail « Conduite du changement et Compétences » ainsi que des
représentants des Activités concernées seront chargés du pilotage et du suivi
de cette recherche.
Les métiers concernés
seraient les métiers de l’Escale, de la vente, et du service commercial train.
La méthodologie qui sera mobilisée reste à définir par
l’équipe de recherche.
A titre indicatif, le projet
pourrait toutefois s’appuyer sur :
-
les
travaux en sciences sociales sur la question de l’évaluation du travail et des
compétences,
-
les
documents internes de l’entreprise,
-
des
observations in situ des relations de service,
-
des
entretiens (une trentaine) avec des agents issus des 3 métiers et leur
encadrement (de type entretiens d’explicitation ou entretiens semi-directifs ou
entretiens d’auto-confrontation),
-
des
entretiens avec des responsables de l’entreprise (une dizaine).
La
date limite de réponse à l’appel d’offres est fixée au lundi 29/01/2007 à
14.00.
L’audition
des équipes pré-sélectionnées est prévue le 31 janvier après-midi, dans
les locaux de la SNCF, à Paris.
La
recherche sera d’une durée de 6 mois environ et pourra commencer en février ou
mars 2007. En fonction de la date de signature du contrat (T0), la date de fin
de chaque phase pourra être la suivante :
|
Délai |
Phase |
Intitulé |
Livrables |
|
T0 + 1 mois |
Phase n°1 |
Etat des lieux de la littérature |
Rapport intermédiaire |
|
T0+ 4 mois |
Phase n°2 |
Entretiens et observations |
Rapport intermédiaire |
|
T0+ 6 mois |
Phase n°3 |
Bilan et préconisations sur les dispositifs et méthodes d’évaluation
individuelle et collective du travail et des compétences |
Rapport final |
Les chercheurs seront spécialisés dans l’une ou
l’autre des disciplines suivantes : sociologie du travail, sociologie de
la relation de service, économie des services, psychologie du travail,
psychodynamique du travail.
Les
équipes pluridisciplinaires seront privilégiées.
|
PROFIL |
DIPLOMES |
EXP SNCF |
EXP SIMILAIRE |
AUTRE EXP UTILE |
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a – b - c…. |
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a – b - c…. |
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a – b - c…. |
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Profil a : Profil b : Profil c :
(Sans
excès d’informations non liées à la mission)

DIRECTION DE L’INNOVATION ET DE LA RECHERCHE
UNITE SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
TELEPHONE : 01 53 42 92 36 - FAX : 01 53
42 97 84
COURRIEL : sophie.beauquier@sncf.fr
GADREY Jean (2001), « L’évaluation
des performances des services publics :
comment valoriser des critères de contribution à l’intérêt général ? », Intervention aux Etats généraux de l’ANPE.
LADA Emmanuelle (2001), Emplois de service
émergents et jeunes salarié-e-s à la SNCF. Du discours de l’entreprise à la
réalité vécue des agents, Doctorat GERS-IRESCO.
[1] Au sens d’auteurs comme Clot ou Hubault pour qui comprendre le travail réel signifie comprendre ce que l’agent fait, mais aussi ce qu’il ne peut pas faire, ce qu’il voudrait faire, ce qu’il faudrait qu’il fasse.
[2] A noter toutefois que la notion de » caractère » est absente des approches du recrutement à la SNCF qui utilise des notions scientifiquement mieux définies, comme les aptitudes et les traits de personnalité, lesquelles restent cependant insuffisantes pour décrire les compétences mises en oeuvre.