



Centre de
Recherche Clermontois en Gestion et Management
Université
d’Auvergne, Université Blaise-Pascal, Groupe ESC Clermont
et
l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
Colloque
L’activité à projet dans tous ses états
Pour une investigation des « règles »
de l’activité à projet
http://www.ecogestion.u-clermont1.fr/cogesmap/
Jeudi 23 et Vendredi
24 novembre 2006
Pôle Tertiaire, Université d’Auvergne, Clermont-Ferrand
Sous la direction
de
Pascal Lièvre*, Marc Lecoutre**, Mamadou Kaba Traore
***
* MDC-HDR Sciences de Gestion, IUP
Management, Université d’Auvergne, CRET-LOG/CRCGM
** Enseignant-Chercheur en Sociologie et
Management, Groupe ESC, Clermont, LISE/CRCGM
*** MDC Informatique, Université Blaise
Pascal, LIMOS, Responsable du Master de projet « SIPPE ».
******
Le contexte
de l’économie du XXIème siècle provoque de profonds bouleversements quant aux
pilotages de nos organisations économiques. Comme l’expose Dominique Foray
(2000), c’est une nouveauté historique que la place prise par la connaissance
dans notre économie tant dans la croissance que dans l’organisation des
activités économiques. Si l’on veut caractériser cette économie fondée sur la
connaissance, les économistes convergent vers l’idée que c’est la place de plus
en plus grande accordée au « changement » en tant qu’activité
économique qui en constitue le facteur le plus significatif. Auparavant, il
était possible de distinguer des combinaisons entre des phases brèves de
construction de nouvelles capacités et des phases plus longues d’exploitation
de ces capacités. Aujourd’hui, c’est un régime d’innovation permanente qui se
met en place. C’est le statut accordé à l’innovation dans la stratégie de
l’entreprise qui est profondément modifié.
Il y a ici
une convergence de travaux dans le champ de la gestion qui atteste cette
hypothèse. Comme l’expose le Centre de Recherche en Gestion de l’Ecole
Polytechnique (CRG 2002), l’innovation était une arme de croissance aux plus
entreprenants, elle devient une condition de survie. Elle était rare et
ponctuelle, elle devient fréquente. Localisée à quelques secteurs, elle les
concerne quasiment tous aujourd’hui. Les décideurs connaissent une véritable
« révolution managériale » analogue à ce qu’ils ont connu dans les
années 80 avec la notion de juste à temps, de production flexible et de qualité
totale. Il s’agit de mettre en œuvre de nouvelles rationalisations des
processus de production qui deviennent des processus de conception d’innovation.
Alain Charles Martinet, président de l’Association Internationale de Management
stratégique, (2000 p121) rappelle les propos des chercheurs du MIT’s Industrial
Performance Center, selon lesquels les situations que rencontrent les
directions générales ressemblent de plus en plus à celles qui caractérisent la
conception et le développement de nouveaux produits appelant à des formes de
stratégies capable de gérer des situations d’incertitude, c'est-à-dire des
stratégies prenant la forme de processus ouverts sur l’extérieur à même
d’interpréter les événements. Armand Hatchuel (2005 p.90), professeur à l’Ecole
des mines de Paris, confirme que les entreprises s’organisent aujourd’hui comme
des processus de conception innovante et que de ce fait elles s’engagent sur
une longue période de transformation de leurs pratiques qui vont devoir
privilégier celles de « concepteur-stratège ». Les modes de gestion
qui vont prévaloir dans ce nouveau contexte s’apparentent de plus en plus à du
management de projet à risque associé à des préoccupations en matière de
management de la connaissance (Nonaka, Takeuchi, 1997) à même d’initier une
spirale créatrice. On pourrait résumer qu’une des questions essentielles en
matière de gestion devient : comment concevoir et mettre en œuvre une
action collective innovante -un projet- dans un contexte évolutif, risqué et
incertain ?
Pour essayer
de penser ces nouvelles règles du jeu managérial, ce qu’on pourrait appeler le
pilotage de l’activité à projet, les travaux réalisés autour du management de
projet vont apparaître comme un corpus quasi-incontournable. Dans le même
temps, le management de projet s’est affirmé comme un mode spécifique de
gestion à l’écart de ce qu’on appelle le management des opérations
standardisées. Les travaux de Declerk, Debourse et Navarre dans les années 80
constituent une étape de démarcation importante selon Gilles Garel (2003)
opposant alors point par point sur des facteurs importants : la gestion
des opérations et la gestion des projets. Le management de projet a fait
l’objet d’une investigation approfondie de la part des chercheurs mais aussi
des experts-praticiens : il y a un corpus constitué confère la synthèse
récente proposée par Garel (2003). Des résultats de recherche sont apparus
comme convergents et relativement importants à intégrer dans une réflexion sur
le management de projet (Couillard, Navarre, Jolivet, Midler…) bien que
paradoxaux. Il semblerait que l’usage des outils formels constitutif de la
démarche classique de projet ne soit pas facteur de succès, et même au
contraire. A titre illustratif, nous pouvons citer l’évaluation réalisée par
deux chercheurs canadiens Couillard et Navarre (1993) sur 112 projets
militaires qui font apparaître que les projets qui ont le mieux réussi ne sont
pas ceux qui ont suivi le protocole formelle de la démarche de projet en
matière de planification et de contrôle, d’utilisation d’outils «hard» comme le
PERT, mais des outils plus « softs » centrés sur des problématiques
de communication, de gestion et d’organisation. Ces constats ont été ratifiés
par des associations savantes qui regroupent des chercheurs et des praticiens
comme par exemple le club de Montréal. Il a fallu alors investir non pas
comment on devrait mettre en œuvre un projet d’une manière « rationnelle »
et « extérieure » à une équipe projet, mais comment en situation les
acteurs font effectivement pour réussir un projet. C’est le travail entrepris
par Christophe Midler qui a suivi toutes les étapes de conception de la Twingo
chez Renault en tant qu’observateur-participant et qui a pu en dégager des
principes « effectifs » du management de projet (Midler, 1998).
C’est dans
cette perspective que nous travaillons sur les expéditions polaires comme
illustratives d’un certain type de projet innovant à risque (Lièvre, 2001,
2003, 2004a, 2004b). Ce sont les possibilités d’observation en situation pour
le chercheur et les caractéristiques extrêmes de ce type de projet qui nous ont
conduit à choisir ce type de terrain. Par ailleurs, nous avons investi frontalement
d’un point de vue méthodologique le problème de rendre compte de l’effectivité
du fonctionnement d’une organisation : « l’action de
s’organiser », « l’organisation en train de se faire »,
l’ « organisant » au sens de Weick à partir des travaux engagés
depuis vingt ans en psychologie (Piaget, Vermersch, Clot…), en ergonomie
(Theureau…). Il s’agit d’investir les « rationalités en acte » des
acteurs en situation dans une perspective proche du courant de l’« action
située » de Lucie Suchman, dans le but d’en dégager des principes
d’organisation. C’est ainsi que nous avons investi la mobilisation des réseaux
sociaux dans le mode projet (Lecoutre, Lièvre, 2004, 2005).
D’autres domaines peuvent
faire l’objet de contributions significatives dans cette quête des règles de
l’activité à projet comme celui de l’entrepreneuriat et plus particulièrement
celui du champ des Très Petites Entreprises. Les économistes ont investi
l’analyse de projet : ils ont construit des méthodes d’évaluation des
projets sur la base de critères économiques. Dans le champ de la logistique, la
démarche de Soutien Logistique Intégrée développée initialement par un
organisme comme la NASA et qui s’est rapidement étendue à d’autres domaines
constituent aussi des gisements de connaissance sur l’activité à projet. De
nouveaux outils formels comme les progiciels de gestion, émergent au sein des
organisations mais aussi de la démarche projet et deviennent des instruments
inscrits dans des usages : comment décliner ces différents outils et comment
appréhender leurs usages ? Les experts-praticiens, ceux qui font, ont
évidemment aussi leur mot à dire dans cette réflexion sur les règles de
l’activité à projet. Ils feront part de leurs pratiques réflexives. C’est
l’objet de ce colloque que de dresser un état des lieux de l’activité à projet
en mobilisant des chercheurs experts en la matière au niveau national et
international. Nous remercions ainsi l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne
pour son soutien à cette manifestation. Il s’agit aussi de fédérer derrière
cette thématique des enseignants-chercheurs auvergnats répartis dans diverses
institutions, l’Université d’Auvergne, l’Université Blaise-Pascal, le Groupe
ESC Clermont, regroupés au sein du Centre de Recherche Clermontois en Gestion
et Management, ainsi que d’autres.
Programme des
journées
Jeudi 23 novembre 2006
08h30 – 09h00 Accueil
des participants (inscriptions, café…)
09h00 – 09h45 Ouverture
- Philippe
Dulbecco, Vice Président de la Recherche, Université d'Auvergne
- Andres
Atenza, Directeur du Groupe ESC Clermont Graduate School of Management
-
La Présidente de l’Université Blaise Pascal
- Jean-Pierre
Védrine, Directeur du CRCGM, Université d'Auvergne
- Dominique
Foray, Directeur du Collège de Management Technologique de l'Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne
-
Pascal Lièvre, Université d’Auvergne, CRET-LOG/CRCGM
09h45 – 11h10 Séance
1. De l’économie de la connaissance au management de l’activité à projet
- Dominique
Foray, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Chaire d’Economie et de
Management de l’Innovation : Caractériser
les projets d’innovation fondés sur la connaissance :
une approche sectorielle
- Gilles
Garel, Université Marne-La-Vallée, OEP/PRISM : Un état de l’art des
recherches en management de projet en France
11h10 – 11h30 Pause
café
11h30 – 12h30 Séance
2. Les modes d’investigation de l’activité à projet
- Eric
Godelier, Université de Poitiers, Ecole Polytechnique, CRG : Du bon
usage de la méthode historique par les chercheurs en management de projet
- Géraldine
Rix, Université Blaise Pascal, LAPRACOR-SOI : Pour un meilleur
positionnement du Dire par
rapport à l’Agir
12h30 – 14h00 Repas
buffet traiteur
14h00 – 15h00 Séance
3. Illustration d’une investigation de l’effectivité d’une activité à
projet : le cas des expéditions polaires
- Marc
Lecoutre, Groupe ESC, LISE/CRCGM, Pascal Lièvre, Université d’Auvergne, CRET-LOG/CRCGM,
Management de projet et mobilisation des
réseaux sociaux : un exemple d’investigation de l’effectivité
organisationnelle d’expéditions polaires
- Pascal
Lièvre, Université d’Auvergne, CRET-LOG/CRCGM, Géraldine Rix, Université Blaise
Pascal, LAPRACOR-SOI : Modes d’investigation de l’expédition Labrador
en 2006 et premiers résultats
15h00 – 16h00 Séance
4. Entrepreneuriat et management de projet
-
Christophe Schmidt, ENSAIA Nancy, GREFIGE : De la convergence de l’entrepreneuriat
vers la notion de projet
-
Philippe Trouvé, Groupe ESC, CA-Céreq/CRCGM : L’utopie dans les
projets, le projet dans les utopies : quelques leçons à partir des utopies
managériales
16h00 – 16h15 Pause
café
16h15 – 17h30 Séance
5. Le management de projet vu par des praticiens réflexifs
-
Antoine Lopez, Association « Sauve qui peut le court métrage » :
Naissance d’un festival de cinéma
- Georges
Giraud, ENITAC, UR TPA : La gestion de projets de recherche européen
- Patrick
Enot, Directeur ADAPEI Haute-Loire : Conduire
une démarche Qualité, la gestion du doute au cœur de la conduite de projet
-
Maurice Chenevoy, IUP, Université d’Auvergne, CRCGM : Le management de
projet d’un appareil de formation : l’IUP de management de
Clermont-Ferrand
Conclusion : les compétences
managériales du chef de projet
- Rodolphe
Jonvaux, Université d’Auvergne, CRCGM : Le management par projets à
l’hôpital
- Bernard
Guillot, Groupe ESC, CRCGM : Projets
et compétences entrepreneuriales
19h30 Repas au Pôle Tertiaire
21h Concert « Jazz et Vidéo », Pôle
Tertiaire
Vendredi 24 novembre 2006
08h30 – 09h00 Accueil
des participants (café)
09h00 – 10h00 Séance
6. Théorie des organisations et management de projet
-
David Marker, Olivier Léon, Groupe ESC Clermont, CRCGM : Processus de
changement organisationnel et management de projet
- Alexandre
Asselineau, Groupe ESC Clermont, CRCGM : La place du projet dans la réflexion stratégique, l’exemple de la
démarche d’intelligence économique
10h00 – 11h00 Séance
7. Usage des modèles formels et management de projet
- Mamadou
Kaba Traoré, Université Blaise-Pascal, LIMOS : Modèles formels et contextes
d’utilisation
- Amaury
Grimand, François-Xavier De Vaujany, PREACTIS, Université de Saint-Etienne :
Repères pour un management de l’appropriation des outils de gestion
11h00 – 11h30 Pause
café
11h30 – 12h15 Synthèse
de la journée
- Conclusion
externe : Albert David, ENS, Université Paris Dauphine, M-Lab, DRM.
- Conclusion
interne : Pascal Lièvre, Université d’Auvergne, CRET-LOG/CRCGM.
12h15 – 14h00 Repas
buffet traiteur
14h00 Fin du
colloque