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communications à plusieurs intervenants, le résumé n’est présenté qu’une fois,
les auteurs sont classés par ordre alphabétiques. La mention « présence à
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Professeur
des universités / Université de Rouen, Groupe de Recherche Innovations et
Sociétés (GRIS)
RT n° 25
Travail, organisation, emploi
Pourquoi le succès de la sociologie des professions ?
Depuis une vingtaine d’années, la sociologie des professions
a connu un succès incontestable en France. Ce succès est d’autant plus notoire
que, bien qu’il y ait eu dès le début des années 1960, des réflexions qui
pouvaient s’en approcher, notre tradition consistait plutôt à aborder les
questions du travail en termes de rapports sociaux de classe. La communication
proposée cherchera à comprendre le succès, en France, de ce paradigme. Elle
montrera qu’il a été retravaillé dans un sens critique notamment en resituant
les logiques professionnelles dans une perspective critique voire
macro-sociologique. Nous soulignerons ensuite que l’usage d’un certain nombre
de concepts associés à une sociologie des professions, celui de
professionnalité par exemple, sont susceptibles d’unifier un double mouvement
contradictoire : la transformation du travail ouvrier, et en ce sens on
pourrait parler de professionnalisation, et les transformations des relations
de travail dans un sens d’un renforcement des logiques institutionnelles, en ce
sens on pourrait parler de déprofessionnalisation. Nous faisons , in fine,
l’hypothèse que le paradigme professionnel permet de faire la jonction entre
des analyses centrées sur les relations au travail dans une approche
microsociologique et les analyses centrées sur la relation de travail induites
par la réévaluation des rapports de forces résultant des contextes économiques
ou politiques.
Doctorant,
chargé de cours / Centre nantais de sociologie-CENS, Département de sociologie,
Université de Nantes
RT n° 1
Savoirs, travail, professions
Savoir et savoir-faire dans le métier du meunier en Tunisie
Les meuniers des olives en Tunisie constituent un corps de
métier institué autour d’un savoir et un savoir-faire étroitement liés aux
techniques de production. Cumulés par l’histoire, ces connaissances tacites
[Karl Polanyi, 2003] sont transmises soit de père en fils ou du maître à son
apprenti [Bernard Zarca, 1986]. Face aux transformations actuelles que connaît
le secteur oléicole, ces artisans de l’huile d’olive, se trouvent dans une
situation sans précédant. Leur identité, liée au savoir-faire, est de moins en
moins affirmée. La main d’œuvre spécialisée est en phase de disparition au sein
d’une reconfiguration du marché de l’emploi et l’absence d’institutions de
qualification de leurs acquis. Il s’ensuit que ces meuniers sont exposés à un
marché international où sa logique de fonctionnement ne reconnaît pas la somme
des savoirs contextuels eu égard à la marginalisation des modes de production artisanale
au sein d’une mondialisation qui standardise les produits et réduit les
différences [Sassu, 2001]. La place des techniques dans ce système de savoir
est importante. Elles constituent un support de savoirs et un sentier par
lequel ils sont transmis. Sans les presses d’olives, le meunier ne peut rien
transmettre à son fils ou à son compagnon. Ainsi, les techniques sont un
vecteur social par lequel s’exprime et se construit les valeurs de la
compétence et de l’identité artisanale des producteurs d’huile. Marcel [Mauss,
1947].
Statut
Maître de conférences / CERLIS, Paris 5
RTf n° 4
Sociologie de l'éducation et de la formation
La formation continue à l'université, un levier pour quel
changement ?
De nombreuses réformes travaillent l’université française.
La construction d’un modèle européen semble induire une inflexion
incontournable vers un modèle plus libéral. L’autonomie de l’université tout
comme la professionnalisation des cursus sont des injonctions qui s’inscrivent
dans ce modèle. Or, de manière plus feutrée, cette hybridation du service
public était entrée dans l’université dès 1971 avec la création de services de
formation continue qui se disputent un marché avec d’autres organismes de
formation. Financement des formations, construction des contenus et des
certifications, recrutement des intervenants et des stagiaires, tout distingue
ces services des facultés. Ces dernières années, leur intervention de plus en
plus systématique dans la mise en œuvre des formations professionnelles et des
certifications par VAE leur donne à la fois plus de visibilité et de légitimité
à faire évoluer les normes d’organisation et de fonctionnement des universités.
Et, ainsi, ces services favorisent l’hybridation du modèle universitaire
français.
Doctorant en
sociologie (4e année) / Université Toulouse II Le Mirail, laboratoire
CIRUS-CERS.
RT n° 39
Identité - subjectivité - revendication - changement social
Mariage au Japon : un laissez-passer pour une meilleure vie
De nos jours, au Japon, le problème de la chute du taux de
natalité (Shoshi-ka) est d’une actualité brûlante. Ce phénomène est communément
associé à la tendance à l’élévation en âge du premier mariage (Bankon-ka).
Alors même que dans la plupart des pays occidentaux, il ne représente en rien
un passage obligé, le mariage japonais est encore une institution respectée. Ce
mariage fortement institutionnalisé constitue un lourd obstacle, avant tout
pour les «anti-mariagistes», mais aussi pour les «pro-mariagistes». Le mariage
est définitif et indispensable pour un couple qui veut être reconnu socialement
: nulle alternative possible. C’est facile d’imaginer que les
«anti-mariagistes» japonais ont la grande difficulté de s’en affranchir. Mais
le fait est beaucoup plus compliqué et plus délicat pour les «pro-mariagistes»,
qui souhaitent de demeurer dans cette institution légitime. L'inimaginabilité d’une
alternative au mariage rend souvent les célibataires en proie à une obsession,
car la plupart des pro-mariagistes ne doute jamais à propos du mariage
institutionnalisé. Ces célibataires considèrent le mariage légitime comme le
sommet de la vie, et le célibat comme une défaite. Alors qu’en France, le
mariage n’est qu’une façon de vie en couple, au Japon, le mariage est un
laissez-passer pour une meilleure vie. Nous analysons ces sentiments complexes
par des questionnaires visant une population de femmes japonaises âgées de 30 à
40 ans (mariées ou non-mariées) au Japon ou en France.
Doctorant /
Laboratoire du Gripic. Celsa, Paris IV Sorbonne
RTf n° 37
Sociologie des médias
Télévision de l'expérience, télévision de l'expérimentation
: les nouveaux visages de l'émotion médiatique
Les nouveaux formats de l'émotion télévisuelle s'appuient
sur une conception quadrillée des corps, des visages, des regards. Soumis à une
nouvelle forme de panoptisme, le dispositif émotif tire son mode de
fonctionnement d'un jeu renouvelé entre l'expression de soi et l'expressivité
extirpée par les nouvelles disciplines du regard (tel un nouveau
"dispositif de visagéité" pour parler comme Deleuze et Guattari). Expérimentale,
la télévision pousse jusqu'à son paroxysme la dualité de la notion : à la fois
expérimentation construite par le média et expérience vécue par les corps
télévisés et le corps social qui partage l'émotion produite selon le principe
du spectacle. La question panoptique permet de comprendre notamment comment la
"télé-réalité" se construit sur le dispositif
"omni-regardant" (Foucault) d'une émotion qui s'abrite pour mieux se
déverser derrière la promesse épistémique (ou plutôt osons le terme :
"épistémoïde") de "l'expérience pour voir". De sorte que se
redéfinissent alors les frontières télévisuelles entre le savoir (docere),
l'émouvoir (movere) et le divertir (delectare). C'est l'ensemble de ces
questions actuelles que l'analyse de quelques émissions récentes de télévision
pourrait nous permettre d'approfondir.
Maître de
conférences H. D. R. en sociologie et Directeur du LADEC-LAS / Université de
Rennes 2, Haute-Bretagne
RT n° 9
Sociologie de l'urbain et des territoires
La violence en milieu rural : une représentation sociale et
un objet d'étude
Après avoir montré les limites d’une sociologie de la violence,
on fera simplement quelques observations concernant les violences dites «
rurales ». Les valeurs paysannes admettaient, jusqu’au siècle dernier, la
violence comme « mode de règlement des conflits » ; les historiens ont ainsi
montré que la justice avait de la peine à maîtriser les rapports sociaux dans
les campagnes (rixes intervillageoises, comportements qualifiés de « sauvages
», etc. ). Dans la société rurale, vengeance et défense de l’honneur sont
encore des composantes essentielles du statut social ; prenant appui sur les
travaux d’anthropologues, on rappellera que les conflits internes aux familles
et entre maisons rivales sont souvent liés à la transmission inégalitaire du
patrimoine. A cette première source de violence s’ajoute celle des dissensions
au sein de la famille sur des questions d’autorité et de partage des tâches.
Au-delà de la réelle solidarité, forte dans les hameaux, les différends sont
nombreux : limites de propriété, droits de passage, questions d’irrigation,
concurrence, etc. Portés devant le juge de paix, la grande majorité des
conflits trouvent là leur solution. D’autres se prolongent en s’intégrant dans
des cycles de vengeances débouchant au pénal sur des incendies (arme des
pauvres) ou des guets-apens pouvant se terminer par la mort des protagonistes.
La violence a aussi une dimension collective…
Maître de
conférences H. D. R. en sociologie et Directeur du LADEC-LAS / Université de Rennes
2 - Haute-Bretagne
RTf n° 10
Sociologie de la connaissance
Perspective systémique en sociologie des professions : de
l'évolutionnisme au constructivisme en sociologie
La réflexion sur les professions et sur les territoires est,
à la fois, ancienne et récente. Elle coïncide d’abord avec la naissance de la
sociologie : l’intensification de la division du travail, le processus de
spécialisation dans les usines et les structures bureaucratiques, les
transformations des rapports sociaux et les principes sur lesquels s’appuie la
nouvelle société (capitaliste, industrielle et moderne) sont au cœur des
théorisations d’Emile Durkheim et de Max Weber, figures généralement reconnues
comme fondatrices de la sociologie. Leurs réflexions annonçaient la majorité des
objets et champs d’étude couverts par la sociologie : Marx dénonce
l’exploitation de la classe ouvrière et son aliénation, en analysant les
relations entre le capital et le travail comme “ nouvelle forme de rapports
sociaux ” ; Weber constate le “ désenchantement du monde ” lié au processus de
rationalisation croissante qui débouche que le capitalisme et les organisations
bureaucratiques ; enfin, s’inquiétant de la cohésion sociale, Durkheim voit
dans les interdépendances dues à la spécialisation une nouvelle forme de
division du travail substituant la solidarité “ organique ” à la solidarité “
mécanique ”. Ces réflexions ont porté également sur le développement de l’Etat
qui se chargeait, de plus en plus, de réguler les rapports sociaux.
Doctorant /
Laboratoire printemps, Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines
RT n° 1
Savoirs, travail, professions
Entre expertise et sacerdoce : la compétence dans la
rhétorique professionnelle des officiers
Face à la contractualisation croissante des carrières
militaires engendrée par la professionnalisation des armées, les officiers
occupent une position ambiguë. Alors qu’ils ont de longue date revendiqué un
statut de "professionnels de la défense" en tant que dépositaires de
savoir-faire spécifiquement militaires - par opposition aux soldats citoyens de
la conscription -, ils se retrouvent aujourd’hui parmi les dernières
incarnations du modèle d’engagement à vie de type "vocationnel",
valorisant le désintéressement. Aussi leur rhétorique professionnelle est-elle
hybride, puisqu’elle s’appuie conjointement sur la revendication de compétences
techniques et sur la mise en avant de qualités transcendantes (sens du
sacrifice, de l’honneur, patriotisme). Si les premières ne leur sont pas
exclusives, les secondes constituent un “ cœur de métier ” que l’on peine
vraiment à considérer comme un ensemble de compétences au sens propre, et qui
appellent une analyse plus approfondie tant elles interrogent la notion même de
travail. La communication proposée entend montrer comment les officiers, bien
qu’intégrés dans une organisation Etatique, agissent à bien des égards comme
une profession établie et comment le discours posant comme principe le
caractère incomparable du "travail" civil et du "service"
sous les drapeaux peut, dans certains cas, s’apparenter à une stratégie lisible
avec les schèmes de la sociologie des professions.
Doctorant /
Laboratoire Printemps UMR 8085 CNRS, Université de Versailles Saint-Quentin en
Yvelines
RTf n° 8
Sociologie du militaire : sécurité, armées et société
Structuration du champ des orientations idéologiques chez
les Saint-cyriens, l’ « Esprit de corps » en question
Sur la base de données quantitatives inédites obtenues au
travers d’une enquête par questionnaire élaborée par le C. R. E. C et soumise
aux élèves-officiers entrant et sortant de Saint-Cyr en 2002, la contribution
proposée aspire à décrire les orientations idéologiques des futurs officiers
français en les rapprochant notamment des raisons de leur engagement et de leur
perception du métier des armes. Sans contredire l’apolitisme revendiqué de ce
milieu, cette étude, qui évite d’aborder frontalement ces thématiques au
combien sensible dans le vivier des futures élites militaires du pays, permet
néanmoins de mettre en lumière la manière dont les opinions sur différents
sujets de sociétés sont structurées en fonction notamment des filières
d’appartenance et des armes de prédilection. Un certain nombre d’éléments
donnent en effet à voir une population moins clairement unanime que ce à quoi
on pourrait s’attendre, mettant en lumière plusieurs facteurs cohérents de
structuration des perceptions notamment politiques au sein d’un groupe professionnel
revendiquant par ailleurs unité et unicité. . .
Professeur
associée / ESCP-EAP
RTf n° 15
Jeunesse, âges de la vie, générations
Entrer dans le monde du travail avant l'heure : la vie
particulière des apprentis de l'enseignement supérieur
L'apprentissage est peu développé dans l'enseignement
supérieur, si bien que les apprentis doivent trouver eux-mêmes leur place, tant
dans leurs institutions scolaires que dans leurs entreprises. Leurs professeurs
et leurs managers ont parfois tendance à plus remarquer leurs absences, pour
cause d'alternance, que leur présence. Cette alternance plus formelle qu'une
simple succession de stages ou qu'une césure en cours d'études contribue
pourtant à marquer les apprentis du sceau du sérieux et de l'implication. On
peut cependant se demander si les étudiants qui choisissent cette formule ne
sont pas dès le départ plus sérieux que les autres à moins qu'ils ne soient
tout simplement plus inquiets quant à leur insertion professionnelle. L'étude
des journaux de bord de 60 apprentis d'une grande école de gestion, répartis
dans trois promotions différentes nous permet d'explorer le rapport à l'entrée
dans le monde du travail, avant, pendant et après l'apprentissage, de ces
étudiants un peu particuliers, jeunes devenant adultes avant leurs pairs.
Chercheure CNRS,
maître de conférences / Iresco(CNRS), Groupe de sociologie des religions et de
la laïcité / Université Paris XII Val de Marne (Créteil)
RTf n° 43
Sociologie des religions
Religion minoritaire et identité nationale : la place des
Juifs et du judaïsme dans l’imaginaire national français à travers les manuels
scolaire
Quelles représentations des Juifs et du judaïsme renvoient,
les manuels d’histoire des lycées en France aujourd’hui ? Déployant leurs
contenus à l’intérieur du cadre des Instructions Officielles émanant du
Ministère de l’Éducation Nationale, quelle place les Juifs et le judaïsme
occupent-ils dans la mémoire nationale que les manuels sont chargés peu ou prou
de mettre en forme en toute objectivité ? Une réflexion sur la place des juifs
dans la mémoire nationale, engage nécessairement une réflexion sur la place des
minorités dans un Etat-nation. Et « si enseigner l’histoire c’est s’inscrire
dans une mémoire dont on peut dessiner les contours et permettre aux élèves de
mieux comprendre hier afin de mieux maitriser demain, si faire de l’histoire
c’est entrainer à l’exercice de la raison, si l’histoire permet à des groupes
sociaux de fonder leur cohésion sur des valeurs communes », pour toutes ces
raisons, la légitimité de l’utilité sociale de l’histoire est fondée. Les
manuels scolaires ne sont pas des ouvrages d’érudition savante, mais le recueil
de ce qu’ « il faut » savoir, à travers ce que tracent les Instructions
Officielles. Souvent premier et seul outil de transmission du savoir aux jeunes,
«lieux de mémoire nationale » il semble légitime de s’interroger sur leur place
dans la lutte contre l’enracinement et la perpétuation de préjugés concernant
les Juifs (par exemple ceux qui les confinent à un rôle d’étrangers en France).
Maître de
conférences / Université de Sciences Sociales - Toulouse
Gr. ad
hoc n° 1 Sociologie et systèmes complexes
Quel formalisme pour la modélisation informatique en sociologie
: entre formalisation statique du discours et formalisation des processus
sociaux
La question de la modélisation dans les sciences humaines et
sociales et en particulier en sociologie, pose la question de la formalisation
des modèles qui repose également nécessairement sur le but poursuivi par le
modélisateur. Que propose donc l'informatique et ses formalismes graphiques ou
algorithmiques que ne proposaient les formalismes mathématiques ? Nous
isolerons particulièrement deux cas d'utilisation des modèles en sociologie et
deux formalismes issus des sciences de la computation correspondants. Le
premier concernera la formalisation du discours sociologique, où par
l'utilisation d'un langage graphique on essayera de construire une présentation
structurée d'un discours ou une organisation entre les objets du monde du
discours. Le second exemple s'intéressera à la formalisation des mécanismes
générateurs en utilisant une formalisation algorithmique. Pour chacun des
exemples nous insisterons sur l'ambiguïté ou non du formalisme utilisé et sur
la relation qui existe entre le modèle et sa formalisation.
Chercheuse
doctorante / Groupe de Recherche Sociologie Action Sens (Facultés
Universitaires Catholique de Mons)
RTf n° 15
Jeunesse, âges de la vie, générations
Le sens du travail. Analyse des représentations du travail
chez les jeunes dans une région post-industrielle
Cette communication se propose d’analyser les relations au
travail au sens large du terme (travail salarié, petits boulots, travail au
noir, économie souterraine, voir même l’engagement dans « l’assistance »)
entretenues par des jeunes de l’enseignement technique et professionnel (ou
passés par ces deux formes d’enseignement) dans le bassin de Charleroi,
ancienne région industrielle de la province du Hainaut en Communauté française
de Belgique. Á travers l’étude de parcours de vie, plus particulièrement
scolaires, de ces jeunes destinés à des postes peu qualifiés, l’accent sera mis
sur leur rapport aux options scolaires et le sens des nombreux changements
d’option, la relation à l’école, au monde du travail et la signification du
passage entre ces deux sphères avant la fin de la scolarité obligatoire. Une
des finalités de la recherche sur laquelle s’appuie la communication est de
voir si une culture liée à des collectifs d’appartenance, par exemple de type
ouvrier, permet de donner du sens à des formations et des métiers dévalorisés
tant dans le paysage éducatif belge que sur le plan salarial. L’observation
montre pour certains des jeunes l’inexistence de tels collectifs
d’appartenance. La communication se penchera également sur la manière dont ces
jeunes-là se représentent le sens de leur formation et du travail.
ATER /
Crapel/Atilf CNRS (UMR 7118) Université Nancy 2
Post-doctorante
/ Crapel/Atilf CNRS (UMR 7118) Université Nancy 2
RTf n° 16
Sociologie clinique
La construction collaborative entre chercheur et acteurs de
l’intelligibilité du « discours en situation »
A partir de deux approches méthodologiques portant sur
l’analyse des faits de langue en situation de travail (en entreprise/en
formation) nous questionnons la spécificité de la démarche de recherche visant
la compréhension des interactions langagières constitutives du travail. Nous
exposons les méthodologies choisies, issues de cadres théoriques distincts,
pour la construction des données en fonction de la spécificité des terrains de
recherche. L'une relève de l’approche ethnographique et place la notion de «
situation » au cœur de la démarche de recherche, pour mettre au jour les
aspects relationnels, culturels, économiques et financiers de l’objet étudié ;
l'autre s’inspire de la clinique de l’activité et place la notion d’ « action
située » au cœur de la démarche, pour mettre au jour l’interprétation et la
signification des actions en situation de travail propres aux sujets qui les
accomplissent. L’analyse contrastive des deux approches permet de discuter des
enjeux de l’observation (des acteurs, par les acteurs en situation), et donc de
la place et du rôle de chacun, dans la construction des données
extralinguistiques pour éclairer les données linguistiques enregistrées en situation
de travail. Elle permet de discuter du rôle de tiers joué par le langage dans
la relation entre locuteurs observés et chercheurs et des enjeux de la
restitution d’une intelligibilité du « discours en situation », coproduite à
des fins de recherche, à des acteurs plus en quête de prescriptions.
Wissenschaftlicher
Assistent (maître de conférences) / Département de sociologie, Université de
Magdeburg
RT n° 20 Méthodes
Analyser des formations discursives : la linguistique de
l’énonciation, une méthode pour la recherche sociologique ?
S’inscrivant au carrefour des sciences sociales et des
sciences du langage, cette contribution cherche à articuler deux problématiques
qui préoccupent l’analyse du discours depuis la fin des années 60 : celle de
formation discursive et celle de l’énonciation. Si la notion de formation
discursive telle qu’elle a été définie par Michel Pêcheux (« ce qui peut et
doit être dit par un sujet ») est peu prise en compte aujourd’hui, je
souhaiterais réinterroger ici cette notion en l’envisageant sous l’angle de sa
dimension énonciative. On considérera ici l’énoncé comme l’unité élémentaire
d’une formation discursive, une entité hétérogène qui mobilise des contextes
énonciatifs différents tout en mettant en scène des « voix » contradictoires.
Je m’efforcerai, à partir d’un énoncé programmatique du discours
altermondialiste, d’en montrer son hétérogénéité et de découvrir les formes et
règles qui le lient à d’autres énoncés. Si l’analyse énonciative dispose
aujourd’hui de nombreux outils (polyphonie, deixis, scénographie,
argumentation, point de vue…), on peut s’interroger sur les conséquences
théoriques d’une telle méthodologie. Plutôt que de considérer l’objet social
comme une totalité constituée, l’analyse énonciative mettra en valeur les
failles et frontières qui traversent le terrain social.
Chercheur au
CNRS / Cerlis (CNRS-Université Paris 5)
RT n° 22
Parcours de vie et dynamiques sociales
Un événement structurant à double titre : le licenciement
des caissières employées à temps plein
Au départ, la recherche portait sur les effets de la
flexibilité dans le cadre dérogatoire du travail à temps partiel à la fin des
années 1990. Les caissières à temps plein ne faisaient pas partie de l’objet de
recherche initial, sauf comme contrepoint ou comme personnes intervenant dans
les monographies. Les « hasards » de l’enquête ont voulu que je sois confrontée
involontairement au cours de l’enquête, à deux licenciements de caissières à
temps plein, en direct, au moins pour l’un d’entre eux. Ceci m’a amenée à
prendre en compte la précarisation du « noyau dur » des temps pleins,
apparemment protégé et non concerné par la flexibilisation du travail telle
qu’elle s’opérait via le temps partiel et la variabilité des horaires, à
reconstruire mon objet. De la juxtaposition de récits à la confrontation aux
évènements de l’enquête, on arrive à une synergie qui permet d’accéder au sens
social des récits bien au delà des dynamiques personnelles. Il s’agit de
proposer ici une réflexion sur ce qu’est un événement doublement structurant :
structurant dans les parcours des personnes, événement qui marque un tournant
de l’existence ; structurant pour la construction de l’objet de recherche,
l’infléchissement de la problématique et l’interprétation des données en termes
de dynamiques sociales.
Fonctionnaire
territorial / GIP-GPV des Hauts de Garonne
Chercheur
associé / CERVL - UMR CNRS 5116 - Sciences-Po Bordeaux - CCAS de Pessac
Chargée d'étude Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine
RTf n° 5
/ RTf n° 15 Classes, inégalités, fragmentation / Jeunesse, âges de la vie,
générations
Les services publics et les jeunes urbains : d’une vision
duale de la jeunesse au risque d’un traitement différencié des jeunes urbains
Cette proposition est issue d’une enquête dirigée par
Jean-Pierre Augustin (Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine). Les services
publics (SP) étudiés paraissent en décalage vis-à-vis des perceptions et
pratiques des jeunes urbains, saisies à partir d’entretiens collectifs de
recherche au sein de SP ainsi que de questionnaires administrés dans des lieux
“neutres. ” Notre hypothèse est qu’il existe une dissonance entre SP et jeunes
urbains : les éléments cognitifs et organisationnels propres aux acteurs
institutionnels “offreurs” structurent, davantage qu’une demande préexistante,
le mode de constitution des SP. Au risque de redoubler les inégalités d’accès
et d’usage. Du côté de l’offre de SP, la juxtaposition d’un discours
universaliste et de pratiques issues du “ nouveau management public ” aboutit à
des formes duales de SP, fonction de l’appartenance socio-territoriale des
jeunes usagers. Si l’opinion de ces derniers sur le service public en général
est plutôt positive, deux types d’usages se développent. 1) Les SP à faibles
contraintes d’utilisation sont appréciés : l’attitude “ consumériste ”, rejetée
par les institutions, est perceptible. Reste à évaluer si leur usage est moins
répandu chez les jeunes issus des catégories populaires 2) Le jugement est plus
réservé sur les SP ciblant les jeunes “ en difficulté ” et dont l’usage peut
paraître plus encadré. Des pratiques d’évitement et le recours à des substituts
(réseaux personnels) sont alors observables.
Maître de
conférences 71e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de
Technologie de Troyes) FRE 2848
Maître de
conférences 16e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de
Technologie de Troyes) FRE 2848
Maître de
conférences 71e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de Technologie
de Troyes) FRE 2848
RTf n° 37
Sociologie des médias
L'expression des émotions dans les forums de discussion
Internet
Les travaux en psychologie sociale ou en sociolinguistique
des interactions ont mis en évidence l’importance du non verbal pour
l’expression des émotions et le rôle central de la connaissance
interpersonnelle pour le partage des émotions. Partant de ces observations, les
forums de discussion internet peuvent apparaître comme des dispositifs rendant
a priori problématiques l’expression et le partage des émotions. En effet,
l’utilisation du code écrit, l’asynchronie des échanges, l’anonymat et le
caractère public sont autant de paramètres qui pourraient limiter l’émergence
de ces phénomènes. Pourtant, l’observation empirique de messages extraits de
différents forums de discussion (français et marocains) permet de noter de
nombreuses manifestations émotionnelles, par exemple l’expression des émotions
par les smileys et les émotions racontées dans les séquences de dévoilement de
soi. Nous décririons ces formes d’expression et présenterons quelques
hypothèses d’analyse de leurs fonctions. Expliciter ses émotions permet de
compenser l’absence de contact visuel réciproque. Cela favorise la création de
lien et la dimension communautaire des forums. L’expression émotionnelle est
aussi liée aux objectifs poursuivis dans de nombreux forums : demander de
l’aide et susciter l’empathie. On notera enfin que l’expression des émotions
s’explique avant tout par la nature hybride des forums de discussion, qu’on
peut définir comme des dispositifs de communication interpersonnelle de masse.
ATER /
Université Paris 3
RTf n° 37
Sociologie des médias
De l’émotion à la dénonciation civique : une étude du
courrier citoyen reçu au service de la médiation de l’information de France 2
Exprimer ses émotions à la suite d’un événement médiatisé et
de la focalisation sur une situation personnelle douloureuse est un acte
courant pour les téléspectateurs qui sont de plus en plus nombreux à le faire,
via le service de la médiation de l’information de France 2, en envoyant un
courrier (le plus souvent un e-mail). Ils cherchent ainsi à commenter les
images et leur mise en scène, avant de s’indigner et, parfois, d’agir. Au
travers d’exemples empruntés à l’actualité internationale traitée par France 2
en 2001 et 2002 et des réactions d’émotion qu’ils ont suscitées, l’objet de la
communication est de s’interroger sur la manière dont les téléspectateurs se
réapproprient un événement et mobilisent leurs émotions dans une démarche de
dénonciation civique. Pour aller vers cette démarche citoyenne, le passage par
l’affect et l’émotion semble fondamental car il permet d’installer l’individu
dans un collectif. L’émotion perçue au travers des récits médiatiques devient,
dans certains cas, soumise à des obligations sociales et morales. L’émotion est
alors un ressort de l’action dont ces courriels sont un témoignage. Si
l’événement suscite un « engagement collectif à domicile » selon Daniel Dayan,
la formulation d’une émotion par écrit s’apparente aussi, pour les
téléspectateurs qui font la démarche d’écrire aux médias, au fait d’exprimer
son appartenance à une communauté citoyenne dont les droits et les devoirs
fournissent des répertoires d’indignation constructifs.
Doctorante /
Université Victor Segalen Bordeaux 2, Département de Sociologie, LAPSAC
RTf n° 13
Droit et justice
Les alternatives aux poursuites pénales : effectivité versus
efficacité ?
Depuis la fin des années 80, les alternatives aux poursuites
pénales inaugurent une 3ème possibilité pour les magistrats du parquet dans
l’orientation des contentieux pénaux. Au cours des années 90, le nombre de
mesures ainsi réalisées et leur part dans le traitement judiciaire n’ont cessé
de progresser. Au sein de cette 3ème voie, coexistent deux démarches qui
correspondent peu ou prou aux deux dimensions – quantitative et qualitative –
de la crise pénale. Dans la première, l’objectif est de combler le « vide »
associé au classement en apportant des réponses en amont des tribunaux, sans
encombrer davantage les juridictions de jugement : leur essor procède d’une
recherche d'effectivité. La seconde démarche initie un traitement plus
qualitatif et différencié des faits délinquants. Ces réponses engagent une
autre façon d’appréhender le passage à l’acte, l’infraction devenant le
symptôme de situations plus complexes. Elles visent au-delà de la réparation,
la résolution des conflits ou encore la prévention des conduites à risques,
avec en corollaire une volonté d’efficacité et le souci de rompre avec la
logique pénale rétributive. A partir d’une enquête quantitative et qualitative
menée sur les ressorts des TGI de Bordeaux et de Bobigny, cette communication
s’attachera à mettre en évidence le poids de ces deux logiques, la façon dont
elles se combinent et/ou se hiérarchisent au gré des contextes locaux, afin
d’éclairer l’évolution consacrée par ces alternatives.
/ Université Lumière Lyon 2, laboratoire :
Médias et identités
RTf n° 21
Mouvements sociaux
Le label « altermondialisation » dans l’espace des discours
médiatiques
Nous assimilons le fonctionnement du terme «
altermondialisation » au sein de l’espace des discours médiatiques à celui d’un
label. Le Dictionnaire encyclopédique [Hachette, 1998] le définit comme une «
marque délivrée par un organisme officiel, que l’on appose sur certains
articles pour attester de leur qualité, leur origine ou le respect de certaines
normes ». Le label « altermondialisation » est délivré par les médias, instance
de validation sociale, à certaines mobilisations collectives pour attester
d’une part, de leur attachement à un master frame construit autour de la
dénonciation des effets de la mondialisation néo-libérale et, d’autre part,
pour attester du respect de certaines règles. Ainsi, le label apparaît comme un
gage de cohérence : il contribue, au sein de l’espace symbolique des discours
médiatiques, à une homogénéisation des différentes luttes en les rendant
constitutives d’une même réalité et participe à stabiliser une représentation
du mouvement. Mais il existe aussi un caractère coercitif inhérent au label qui
s’illustre, par exemple, quand la violence intervient. Son introduction dans le
répertoire d’action d’une composante du mouvement conduit ainsi à l’exclusion
symbolique de celle-ci. Si le label participe à la fondation et à la
pérennisation symbolique du groupe, il participe également à l’imposition des
critères d’appartenance et donc à une représentation du groupe qui entre en
interaction avec celles des acteurs militants.
Doctorante
sciences de l'éducation, professeur certifiée de l'enseignement agricole en
éducation socioculturelle / Université Paris8, CESOL
RT n° 1 /
RTf n° 31/ RT n° 35 Savoirs, travail, professions / Sociologie du sport et des
activités physiques / Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du
bénévolat
Engagement associatif et activités artistiques, sportives et
culturelles transgressives
Le hip-hop et la glisse urbaine constituent un ensemble de
pratiques en vogue. Leur situation dans notre société (intégration,
reconnaissance) reste pourtant marginale et alternative. A la fois pratiques
transgressives, libres et intégrées dans un système économique, elles sont
traversées de contradictions. Nous nous intéressons tout particulièrement aux
engagements -associatifs ou non- des amateurs de ces activités. Ils visent au
développement de pratiques, à la reconnaissance d'un mouvement culturel, à
l'acceptation de leurs modes alternatifs de pratique sportive ou artistique.
Les militants se démarquent par une attitude volontaire, dynamique et
contestataire. Leur démarche est politique dans le sens où ils œuvrent pour la
vie locale et défendent des valeurs. Ils s'inscrivent dans des logiques
stratégiques et utilitaires, associant des visées personnelles (accéder à un
débouché professionnel…) et collectives (améliorer les conditions de pratique
…). Enfin, ils sont animés par la passion et leurs parcours associatifs sont
influencés par la prégnance de l'affectif. Leur "combat" se situe à
différents niveaux : local, national … De cette manière, ils se constituent en
réseaux et rejoignent ponctuellement de grandes causes ou des mouvements
sociaux d'envergure. Nous nous proposons de montrer aussi de quelle manière ces
pratiques réalisent la synthèse entre culture et sport ; et enfin comment elles
illustrent la tendance actuelle à des formes libres et non instituées de
loisirs.
Doctorant /
Université Paris 5-GEPECS
RT n° 29
Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et
institutions
Production scientifique et sanctions éditoriales :
l’autonomie des sciences sociales à l’épreuve de l’édition
Malgré l’importation formelle du modèle, issu des sciences «
dures », du partage de la production scientifique et de la vulgarisation entre
l’article de revue spécialisée et le livre, ce dernier support occupe toujours
en sciences sociales une place centrale mais ambiguë, à la fois en tant que
scène d’exposition primaire des travaux de recherche et en tant que vecteur
d’exotérisation. Le développement de dispositifs de régulation interne aux
disciplines se restreint dès lors d’une dépendance par rapport aux circuits
éditoriaux qui conditionnent à la fois la sélection, la diffusion et la
réception (à travers l’inégale capacité de consécration des éditeurs) des
textes et participent de ce fait directement aux procédures d’évaluation
institutionnelle (la productivité des chercheurs) et disciplinaire (l’intérêt
de leurs travaux) des œuvres. Cette situation conduit à s’interroger sur les
principes de sélection mis en œuvre par les éditeurs et sur leurs conséquences.
Le croisement systématique du corpus des thèses soutenues entre 1995 et 1999
avec celui des thèses publiées, en histoire et en sociologie, en fonction de
leurs thématiques, périodes et aires culturelles couvertes, et de leur lieu de
soutenance, conduisent à mettre en exergue l’hétéronomie à laquelle équivaut la
dépendance matérielle des dispositifs de communication des résultats dans ces
disciplines.
Doctorante,
ATER / GTMS (CNRS EHESS)
RT n° 12
Sociologie économique
Le crédit des classes populaires en France de
Objet : le crédit de face-à-face, petit entrepreneur
immigré, relation client-commerçant Méthode : entretiens ethnographiques, archives
de l'entreprise, archives de la banque de France, statistiques à partir des
fichiers clients Problématique : la construction non institutionnelle des
marchés, sociologie de la transaction Dénoncées par les autorités depuis
Etudiante
master 2 recherche sociologie / Université Paris 5-Sorbonne
RTf n° 33
Famille, vie privée, vie publique
La conciliation dans les familles monoparentales
Nous proposons d’étudier le thème de la conciliation entre
la sphère professionnelle, la sphère familiale, et éventuellement la sphère
personnelle, dans les familles monoparentales, afin de mettre en évidence les
difficultés organisationnelles et financières, qui exercent une pression
quotidienne sur ces parents isolés (notamment les difficultés et les coûts liés
à la garde des enfants, les horaires professionnels incompatibles avec la
sortie de l’école, etc.). Cette recherche, dans une perspective de genre, pose
le problème de la difficulté dans la vie quotidienne de ces femmes, ces mères
seules face aux contraintes parentales et financières. Les questions que nous
nous posons sont donc de savoir comment ces mamans « solos » arrivent-elles à
concilier (seules) vie professionnelle et vie familiale ? Comment ces femmes
parviennent-elles à gérer à la fois le quotidien, les enfants, le travail ?
Peuvent-elles avoir une vie personnelle dans ces conditions ? Ces
interrogations nous amènent en définitive à nous intéresser à la vie
quotidienne de ces mères seules, afin de voir quelles sont les solutions
choisies afin de mener au mieux cette conciliation.
Maître de conférences
(HDR) / CRIISEA/Université de Picardie Jules Verne & IRISES UMR 7170 Paris
Dauphine
RTf n° 34
Sociologie politique
Insertion par le politique et insertion par l’économique ou
comment lire la démocratie dans des univers contrastés ?
Dans le cadre d’une recherche sur l’insertion par
l’économique et le politique, des dispositifs d’insertion –démarche quartier,
en Seine Saint-Denis, et budget participatif dans la banlieue de São
Paulo – ont été étudiés. Ces mécanismes destinés à des populations défavorisées
renvoient à la crise de la démocratie représentative et pointent une tendance
qui est de faire de la démocratie un enjeu local, les discussions sur la
« citoyenneté » au Brésil dans les années 80 en ont jeté les premiers
jalons. De quel principe démocratique s’agit-il ? Un premier ensemble de
réflexions porte sur le politique et le « territoire », le politique
et le territoire entendus comme processus sociaux en perpétuelle construction.
Comment est-on passé d’une « communauté de destin » à une « communauté
de vie » quotidienne ? Avec la décentralisation, les acteurs sociaux
trouvent des canaux de dialogue censés les rendre plus responsables. De quelle
marge de manœuvre effective disposent des populations soumises à des aléas de
conjoncture économique ? Le second ensemble de réflexions met en avant la
dimension comparative pour expliquer des phénomènes apparemment identiques se
produisant dans des contextes différenciés. En proposant de comparer des
phénomènes contrastés, l’analyse du changement d’échelle s’impose. Cette
assertion introduit la question du lien entre des instances appartenant à des
grandeurs différentes et celle du rapport entre le politique et l’économique.
Doctorante
en sociologie / Université de Toulouse Le Mirail, Equipe d'accueil doctoral
Simone-SAGESSE, laboratoire Certop-CNRS
RTf n° 15
/ RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité
La division sexuelle du travail dans l'animation
Du fait de ses caractéristiques spécifiques, les métiers de
l’animation en centres de loisirs constituent en quelque sorte un « archétype
du travail féminin ». Les stéréotypes sexués abondent également sur le plan
idéologique, notamment par le recours revendiqué aux « qualités féminines »
pour encadrer des activités auprès d’enfants. Il s’agit là d’un des facteurs
explicatifs de la féminisation du secteur de l’animation, dont il reste à
déterminer les conséquences en matière de socialisation sexuée des enfants. Toutefois,
il convient de souligner le fait que la féminisation des métiers de l’animation
s’accompagne d’une grande valorisation de la mixité sexuée dans ce secteur.
Cette valorisation se traduit notamment par une volonté d’accroître le nombre
d’hommes recrutés, afin de tendre vers une égalité numérique des sexes dans les
équipes de travail. Si la volonté de promouvoir la mixité sexuée fait
l’unanimité des acteurs et les actrices de ce secteur, plusieurs discours de
justification de la mixité peuvent néanmoins être identifiés. A partir d’une
enquête exploratoire basée sur une quinzaine d’entretiens menés auprès
d’animateurs-trices et de directeurs-trices de centres de loisirs et sur une
série d’observations participantes, nous avons pu identifier la présence d’un
système principal de légitimation de la mixité sexuée. Après avoir décrit ce
système, nous nous proposons d’analyser la division sexuelle du travail dans
les équipes d’animation.
Maître de conférences
/ Université Paris7
Professeur /
Université d’Evry
RT n° 9
Sociologie de l'urbain et des territoires
Mixité sociale et production d’un ordre public local. Une
expérience dans le logement social parisien
La notion de mixité
sociale est utilisée dans différentes perspectives dont, parfois, une volonté
de reconquête des espaces urbains par les couches sociales dominantes. Depuis
2002, l’OPAC de
Chargée
d’enseignement / Université de Nantes, UFR de sociologie
RT n° 1
Savoirs, travail, professions
La construction d’un dispositif de reproduction par les
ostéopathes non-médecins
Les ostéopathes non-médecins occupent une place de plus en
plus importante dans l'espace social et également dans le champ médical. Ces
ostéopathes, au savoir socialement reconnu, s'opposent à la subordination aux
médecins. Ils demandent un statut équivalent à celui des chirurgiens-dentistes
qui autoriserait un exercice autonome avec des compétences délimitées. Inscrits
dans un processus de professionnalisation, ils ont construit la profession sur
le modèle des professions établies. Ils ont créé des structures dans lesquelles
ils s'incarnent. En l'absence d'une formation spécifique en ostéopathie, afin
d'assurer leur renouvellement, ces ostéopathes non-médecins ont imposé leurs
propres dispositifs d'enseignement pour diffuser leur savoir, à l'image de
l'enseignement universitaire. Ils ont fixé un cadre pour que les différents
établissements de formation diffusent un même modèle d'enseignement. Ils ont
fixé des règles pour régir leur activité professionnelle.
CR1 / INSERM
U569
DR2 /
CSU-CNRS
RTf n° 28
Recherches en sciences sociales sur la sexualité
Scripts, risque et genre : pratiques sexuelles et
contraceptives en Afrique
Les travaux de Simon et Gagnon, articulant scénarios
socio-culturels, scripts individuels et interrelationnels ont permis une
meilleure analyse de ce qui se jouait effectivement entre deux individus au
moment de l’acte sexuel. À travers une enquête qualitative sur les pratiques
sexuelles et contraceptives dans quatre pays du continent africain, nous
voudrions montrer comment le modèle explicatif qu’ils ont mis en place doit
être renforcé par deux dimensions pas assez développées dans leurs propos : -
d’une part le caractère double du “risque” couru lors des rapports sexuels :
l’infection aux IST et la grossesse non souhaitée. À côté des scénarios sexuels
doivent donc être pris en compte ceux qui concernent la procréation et l’enjeu
de la parentalité dans les conséquences des actes sexuels. - d’autre part, les
rapports de genre et l’asymétrie des positions sociales des hommes et des
femmes dans la pratique de la sexualité comme d’ailleurs dans l’ensemble des
pratiques sociales. La mobilisation de la théorie des scripts dans les quatre
pays de l’enquête pose enfin la question de la pertinence de l’utilisation de
systèmes conceptuels élaborés dans des sociétés à ethos égalitaire, pour
comprendre le fonctionnement de sociétés à ethos hiérarchisé. C’est sur ces
trois points que portera notre communication, visant à affiner les différents
niveaux d’analyses et à “remplir” les boites noires que constituent les notions
de scénarios, script, niveau individuel et interpersonnel dans des sociétés non
occidentales.
Maître de
conférences / Université de Nice Sophia Antipolis
RT n° 27
Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs
De l'usage de Bourdieu dans l'étude des régimes soviétiques
: une occasion manquée
A partir de l'interrogation sur l'universalité des modèles
bourdieusiens construits dans le cas particulier de
Maître de conférences
associé en sociologie / Université Nancy 2/UFR AES, laboratoire GREE/2L2S
RT n° 1
Savoirs, travail, professions
Dynamiques de professionnalisation dans les AI : émergence
d'un nouveau segment professionnel de l'intervention publique
Le dispositif des associations intermédiaires a
progressivement structuré l’activité de ses professionnels et a défini les
logiques organisationnelles qui traversent, depuis près de dix ans, le champ de
l’insertion par l’activité économique. Mais peut-on parler de transformations
organisationnelles sans se référer aux permanents-salariés de ces structures ?
La question qui se pose est de savoir si cette évolution a généré la
constitution d’un groupe professionnel, dont il faudra énoncer les
caractéristiques et les critères d’unité. Inversement, il faut se demander quel
rôle ont joué les logiques professionnelles sur les logiques organisationnelles
et quels effets ont eus les premières sur les secondes. Le secteur d’activité
de l’insertion par l’activité économique a contribué à la transformation d’un
ensemble de pratiques professionnelles, parfois des métiers, en professions. Il
s’agit donc de comprendre si, au travers d’un processus de
professionnalisation, nous n’assistons pas, en fait, à l’émergence d’une
nouvelle profession (au sens anglo-saxon de l’expression). Nous assistons à un
mouvement de pérennisation des emplois de permanent dans les structures
observées, ce qui contribue très certainement au développement de l’emploi de
permanent salarié, constituant une forme nouvelle de l’action associative,
initialement conçue sur le seul modèle du bénévolat. Ces évolutions nous
interrogent sur l’émergence ou non d'un espace professionnel spécifique pour
les AI.
Maître de
conférences / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2
ATER / GERA
& CED, Université Lumière Lyon 2
RTf n° 28
Recherches en sciences sociales sur la sexualité
Homophobie et homo-aversion
Dans le cadre de la recherche « Nouvelles apparitions
d’homosexualités, nouvelles discriminations », nous réfléchissons sur la notion
d’homophobie. Apparue dans le champ de la psychologie, l’homophobie a été
définie à l’origine comme une phobie, c’est-à-dire une crainte ou une angoisse.
Très vite, le terme s’est étendu sur toutes les formes de discrimination de
l’homosexualité, psychologiques comme sociales. Cet extension sémantique a été
critiquée par Eric Fassin, qui propose de distinguer entre
aspects psychologiques (homophobie) et sociaux (hétérosexisme). D’autres, tels
Didier Eribon et Georges-Louis Tin, maintiennent l’idée d’un continuum entre
toutes les formes de discrimination, en référence à la théorie de l’hétérosexualité
contrainte d’Adrienne Rich. Selon celle-ci, la construction de
l’hétérosexualité est fondée sur la forclusion du même sexe en tant qu’objet
sexuel. L’homosexualité refoulée étant à la base de l’hétérosexualité,
l’homophobie est alors à la base de l’hétérosexisme social comme des
apparitions individuelles du rejet homosexuel. La théorie de l’hétérosexualité
contrainte permet donc de faire le lien entre les différentes manifestations de
discrimination de l’homosexualité. Toutefois, elle repose sur le supposé
problématique de la bisexualité originelle. Il est possible que la notion
d’homo-aversion soit mieux à même de décrire le continuum de discrimination de
l’homosexualité, sans nécessiter l’hypothèse d’une sexualité originelle et
refoulée.
Maître de
conférences / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2
ATER / GERA
& CED, Université Lumière Lyon 2
RTf n° 28
Recherches en sciences sociales sur la sexualité
La sexualité comme processus : temporalité, liminarité,
ambigüsexualité
La sexualité – et à fortiori l’identité sexuelle – est
généralement pensée comme étant stable. Nos recherches nous amènent plutôt à la
considérer comme un processus, pouvant changer (ou non) tout au long de la vie
de l’individu. Dans cette perspective la temporalité devient un aspect
fondamental pour saisir la dynamique de la vie sexuelle des individus. Les
enquêtes quantitatives (davantage que les qualitatives) en sciences sociales et
en santé publique suivent cette logique dans la mesure où elles interrogent
souvent les informateurs sur la vie sexuelle actuelle et passée. Il est
néanmoins plus rare qu’on s’intéresse aux étapes « intermédiaires » vécues
entre deux phases de « stabilité » sexuelle et identitaire. Le concept de
liminarité est utile pour penser les phénomènes impliquant les interstices,
l’entre-deux, ainsi que la transition entre deux états. Il aide à cerner
l'importance du contexte et du sens, ainsi que l’analyse des phénomènes
psychosociaux en tant que processus. Dans nos recherches ce concept apparaît
pertinent notamment pour analyser les changements apportés à la suite d’une
rupture biographique, comme la découverte d’une séropositivité au VIH, d’un
cancer ou encore d’un événement à l’origine d’un handicap. Il est intéressant
pour saisir le processus de changement identitaire, comme nous l'avons constaté
lors de notre recherche sur la bisexualité masculine. Il peut aussi aider à penser
et à analyser certaines expressions des genres et des sexualités.
Directeur de
recherche CNRS / équipe Matisse, UMR CES, Université Paris I Panthéon Sorbonne
RT n° 6
Politiques sociales, protection sociale, solidarités
La comparaison avec les autres pays prise dans le débat
politique
L’actualité du débat politique en France (2004-2005) semble
démontrer un accroissement de l’instrumentalisation des « exemples étrangers »
par le personnel politique ; pour l’essentiel, il s’agit pour ce dernier de
capter des ressources potentielles de légitimité. Dans cette situation, la
recherche en sciences humaines et sociales se trouve confrontée, nous
semble-t-il, à des exigences méthodologiques et épistémologiques renforcées :
la relation de la recherche à la politique n’est certes, elle non plus, pas
nouvelle (Max Weber), mais les conditions contemporaines du respect de la
neutralité axiologique le sont sans doute, au moins en partie. C’est ce sujet
que s’efforcera d’explorer la communication qui s’inscrit dans le cadre de
réflexion de notre programme comparatif. Elle s’attachera notamment à préciser
les pré-requis d’une démarche comparative scientifique jalouse de son
indépendance et qui ne se laisse pas enfermer dans l’expertise ou le au conseil
du gouvernement en place, tout en ne sombrant pas dans le solipsisme. Cette
réflexion oblige aussi à poser la question des différences de situation qui
existent, à ce propos, entre sociologie et économie.
Chargé de
recherche / UMR INRA SADAPT Equipe PRAxis
Doctorant /
CIRAD-INRA
RT n° 30
Sociologie de la gestion
Mise en dispositif de la surveillance et de la gestion des
risques liés au criquet pèlerin : le cas de