DUMITRU Speranta
Chercheure post-doctorale / CERSES Université Paris Descartes
RT 2 Migrations et productions de l'altérité Session 3 (mercredi 15 avril 2009 - 14h30/16h30)
La carte bleue européenne est-elle une opportunité pour les femmes ? Pour un autre « recrutement éthique »
La politique de la carte bleue européenne a pour but d’attirer vers l’UE les ressortissants des pays tiers hautement qualifiés. Son approche, fondée sur les besoins du marché de travail de l’UE (plutôt que sur les capacités des migrants), met au premier plan les relations entre les entreprises et les Etats d’accueil. Aussi, afin d’éviter un recrutement actif dans les pays en développement, la directive permttra d’exclure de son champ d’application certains métiers. Ce souci pour la « fuite des cerveaux » est appelé par le législateur européen « recrutement éthique ». Nous évaluerons ici le caractère « éthique » de cette politique d’immigration à l’aune de l’égalité des chances hommes/femmes. On s’appuiera sur les résultats de l’enquête OCDE (2006) qui montre les femmes migrantes cumulent trois types de désavantages : liées au sexe, au lieu de naissance et au niveau de formation . Plus les femmes migrantes sont diplômées, plus les taux de déclassement, d’emploi précaire ou de chômage sont élevés comparés à ceux des natives. Si cette tendance se maintient pour l’employeur européen qui introduit de la main d’œuvre étrangère, l’approche fondée sur la demande, qui donne priorité aux entreprises, préservera ces inégalités. Nous analyserons les effets de deux autres contraintes de la carte bleue sur la condition des migrantes et examinerons un concept alternatif de recrutement éthique qui tienne compte des effets prospectifs de la migration sur la condition des femmes.

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MAJ 4/10/2008