ABDELNOUR Sarah
Doctorante / ater / CMH (ENS/EHESS/CNRS)
GT42 Sociologie des élites Session 5b (jeudi 7 juillet 2011 - 14h30/16h30 en salle non précisée)
Le régime de l’auto-entrepreneur pour « absorber la misère du monde » salarial ? Les justifications sociales d’un nouveau régime de création d’entreprise.
Le régime de l’auto-entrepreneur s’inscrit dans une lignée de politiques publiques, que l’on peut qualifier de néolibérales, visant depuis une trentaine d’années à faciliter et mieux assurer le travail indépendant, notamment en direction des chômeurs. Il recèle la nouveauté significative d’être promu dans une logique de cumul, se présentant comme une opportunité pour tous de « se mettre à son compte », à titre principal ou complémentaire. La rhétorique consiste alors à effacer les frontières sociales de l’entrepreneuriat, et ce dans la logique de la « cité par projets » de valorisation de l’activité au-delà des oppositions du travail et du non-travail, du salariat et du non-salariat. Cet objectif, libéral et assumé comme tel, ne se dispense toutefois pas de discours de justification attribuant au dispositif une portée sociale. Si la lutte contre le chômage est minimisée, le dispositif est néanmoins présenté comme au service des classes populaires, puisque présenté comme une solution à la crise économique et aux limites structurelles du salariat. Ces discours sont relayés par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, dessinant ainsi des convergences politiques autour d’un « entrepreneuriat populaire » destiné à « absorber la misère du monde ». Nous analyserons ces arguments, en prenant en compte leur inscription dans des scènes sociales et dans des trajectoires individuelles, ainsi que leurs impacts, et cela en combinant archives et méthodes ethnographiques.


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MAJ 4/10/2008