Pauline Young, Les pèlerins de Russiantown, Editions L’Harmattan,
2006.
Traduction deJean-Pierre
et Marie Hierle
Voici, enfin traduite, une monographie injustement méconnue de l’école de
Chicago. Paru en 1932, l’ouvrage relate et analyse l’arrivée et l’installation
à Los Angeles d’une secte de Vieux Croyants russes, les Molokans, qui vivaient
depuis plusieurs générations dans le sud du Caucase. En 1905, devant les menaces
d’incorporation militaire résultant des guerres russo-turque et russo-japonaise,
ces pacifistes convaincus décident d’émigrer en masse au "pays de la
liberté religieuse", les Etats-Unis.
Ils passent ainsi, en bloc et en quelques mois, d’une société patriarcale
rurale à une société urbaine moderne. On est donc, ici, en présence d’une sorte
de cas de laboratoire, très rare dans les annales humaines, de transplantation
complète et rapide de l’ensemble d’un groupe social d’un mode de vie dans un
autre, complètement différent.
Cet ouvrage présente cette expérience humaine exceptionnnelle dans un langage
simple et accessibe au non spécialiste. Il enrichit notre compréhension des
problèmes liés à l’intégration des étrangers ainsi qu’à la vie des petits
groupes religieus fermés quand ils sont amenés à s’ouvrir sur un monde plus vaste.
L’auteure, Paulin Vislick Young, est néée en Pologne en 1896. Elle émigre en
1914 aux USA, suit les cours de Small, Park Burgess et Thomas à Chicago. Après
des études de groupes sociaux originaires d’Europe centrale et orientale, elle
commence à s’intéresser à la communauté molokane de Los Angeles. Elle publie
"Pilgrimes of Russian Town" en
1932. Enseignante à lUniversité de Californie du Sud, elle a écrit de nombreux
ouvrages consacrés à la méthodologie des enquêtes de terrain ainsi qu’à la question
de la déviance. Elle est décédée en 1977 à Modesto, Californie.
L'ouvrage est disponible à l'Harmattan (26 euros)