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La sociologie de la santé au prisme des évolutions du système de
santé et de la demande sociale d’études et de recherche |
Programme 2007-2008 des
journées d’études du
Réseau Thématique 19 « Santé, Médecine, Maladie,
Handicap »
Association Française de
Sociologie
I. Présentation générale
Le Réseau Thématique 19 « Santé, Médecine,
Maladie, Handicap » de l’Association Française de Sociologie a organisé en
2005 et 2006 plusieurs journées d’études portant sur les « Savoirs
incertains et décisions en médecine » (Paris, 16 septembre 2005) ainsi que
sur « Les approches sociologiques de la médecine générale » (Rennes,
8 et 9 juin 2006, en liaison avec le LAPSS). Pour 2007 et 2008, le bureau du RT
19 souhaite engager une réflexion collective sur les incidences diverses, pour
la sociologie et les sociologues de la santé, des évolutions parcourant de
manière concomitante le champ de la santé et celui de la recherche. Cette
réflexion prendra la forme de plusieurs journées d’études qui laisseront une
large place à la discussion.
Sont successivement présentés dans les pages qui
suivent tout d’abord le cadre général de cette série de journée, puis la
thématique de la première rencontre qui interviendra le mercredi 25 avril
2007, à Paris.
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Dans le champ de la santé, l’orientation des
sociologues vers certains sujets et problématiques a notamment été influencée
par les évolutions épidémiologiques (sida), législatives (reconnaissance des
pathologies liées au plomb ou à l’amiante), populationnelles (vieillissement)
ou encore par la promotion politique de grandes questions de société (les
handicaps, le cancer, les risques environnementaux). Parallèlement, certains
objets et terrains de recherche « novateurs » comme les droits des
patients, les associations de malades, les réseaux de santé, les récentes
modalités d’encadrement de l’activité des professionnels de santé, ont été ou
commencent à être investis par les chercheurs. Ce mouvement a également été
alimenté par les considérables changements technologiques - informatique,
imagerie numérique, nouvelles molécules, biotechnologies, etc - dont les
applications diagnostiques, thérapeutiques et organisationnelles apparaissent
sans cesse renouvelées et démultipliées. De même, les réformes relatives au
système de protection sociale et d’assurance maladie (carte vitale, CMU,
parcours de soins…) et aux politiques publiques de santé (maîtrise des
dépenses, gestion des établissements, agences sanitaires, etc.) ont refaçonné
le champ de la santé et inspiré diverses
thématiques de recherche.
D’une manière générale et de longue date, la
sociologie s’est largement saisie des questions posées par les changements
sociétaux. Dans la période actuelle, ce tropisme disciplinaire se trouve activé
par les financements incitatifs de la recherche publique (aux échelons
nationaux et européens) auxquels s’adosse une vaste demande sociale d’études et
de recherche émanant d’instances diverses ne relevant pas du champ de la
recherche.
Que
peut-on dire aujourd’hui des modalités d’articulation entre les sociologues de
la santé et les divers canaux de la demande sociale d’études et de
recherche ? En quoi ces évolutions déterminent-elles les domaines de
recherche couverts, les problématiques développées, la production de savoirs, et
contribuent-elles à en laisser d’autres peu ou pas explorés ? Quelles en
sont les incidences sur les modes de socialisation du chercheur (statut,
rémunération, marges de manœuvre professionnelles et scientifiques) et plus
spécifiquement sur le parcours des jeunes chercheurs et la diversification
de leurs métiers ? La question de la restitution aux commanditaires, ainsi
qu’aux protagonistes rencontrés sur le terrain, et celle, plus largement, de la
valorisation sociale et scientifique des recherches conduites se trouvent
également au cœur de ce mouvement de « sécularisation » de la
sociologie de la santé – ou d’un segment de la sociologie de la santé (en
France tout au moins, où tout ceci est relativement nouveau).
Ces
changements multiples et interférant entre eux conduisent en outre à analyser
la place et la spécificité de la sociologie de la santé en France en regard
d’autres disciplines qui revendiquent la production de savoirs sur les états de
santé et le fonctionnement du système de santé (épidémiologie et santé publique
notamment). La réflexion engagée contribuera également à mettre en perspective
les caractéristiques actuelles de la sociologie de la santé avec d’autres
domaines de recherche de la sociologie. Il conviendra aussi de s’interroger sur
les éventuelles retombées des évolutions en cours sur l’inscription de la
sociologie de la santé au sein de la sociologie en tant que science sociale et
sur la circulation, plus ou moins dense et réactive au sein de cette
discipline, des concepts, des questionnements, des méthodes, des résultats.
En
2007, deux journées d’études seront
consacrées aux thématiques spécifiques suivantes :
1)
Structuration de la sociologie de la santé et
financement de la recherche : transformations et incidences sur le travail
des chercheurs - Paris, MSH, 25 avril 2007 (voir
ci-dessous le texte de présentation de cette journée) ;
2)
Les sociologues et la sociologie de la santé face
aux enjeux de professionnalisation - automne 2007 (la date et l’argumentaire de
cette 2e journée seront diffusés dans le courant de l’année).
Les thématiques des journées programmées en 2008
seront annoncées ultérieurement.
II. Première journée
Structuration
de la sociologie de la santé et financement de la recherche :
transformations
et incidences sur le travail des chercheurs
Mercredi 25 Avril 2007, 9h30 – 17h, à la MSH, 54 Bd
Raspail, 75014 Paris (métro Sèvres-Babylone)
(La salle sera indiquée dans le hall d’entrée de la
MSH)
Les politiques budgétaires propres aux
organismes publics de recherche (ministère de la recherche, ANR, CNRS, INSERM,
ANRS, universités, etc.) connaissent de profondes mutations qui doivent en
partie être comprises en lien avec le financement de la recherche par l’Union
européenne (le 7e PCRD, récemment lancé, accorde une place spécifiée
aux sciences sociales). Au plan national, le financement de la recherche par
l’Etat transite également par les budgets incitatifs alloués à toute une série
d’instances insérées dans de grandes administrations sectorielles.
Parallèlement, un nombre croissant d’institutions appartenant à d’autres
secteurs que celui de la recherche définissent et financent une « demande
sociale » polymorphe d’études et de recherches en sociologie de la santé.
L’ensemble de ces évolutions s’accompagne du développement exponentiel de la
recherche contractualisée. Celle-ci apparaît aujourd’hui vitale tant pour
contribuer au budget de fonctionnement des laboratoires et de leurs chercheurs
(missions, vacations, documentation, notamment) que pour assurer une
rémunération aux jeunes chercheurs ne disposant pas de poste. Ce mode
d’insertion sociale de la recherche parcourt la plupart des domaines de
recherche, et celui de la sociologie de la santé est l’un de ceux qui s’en
trouvent largement irrigué.
Cette
première journée s’intéressera en priorité à la recherche contractualisée en
sociologie de la santé - par appels d’offres ou financement de gré à gré -
émanant de structures ne faisant pas partie du champ des institutions
spécifiquement dédiées à la recherche comme, par exemple, la Haute
Autorité en Santé, l’Institut National du Cancer, les directions
« techniques » de grandes administrations, les fondations, les
collectivités territoriales et certains opérateurs de services. Ces instances
appartiennent le plus souvent, mais non systématiquement au domaine de la
santé. Les articulations entre les questionnements posés aux chercheurs par les
divers bailleurs et les évolutions, les réformes, les politiques publiques dans
le champ de la santé méritent d’être examinées et commentées.
En
quoi les modalités de travail, l’orientation intellectuelle et méthodologique,
la production scientifique des sociologues de la santé ainsi que la
valorisation sociale de leurs travaux apparaissent-elles modelées par ces
transformations ? Que pensent les chercheurs - novices ou expérimentés et
engagés à divers titres dans des contrats de recherche - des attentes, des
intérêts, des espoirs ou des déceptions de ces « nouveaux »
demandeurs-financeurs institutionnels ? Comment s’opèrent les mises en correspondance,
les compatibilités difficiles et les processus de traduction entre les termes
de ces demandes sociales et les
« manières de connaître » propres au milieu de la recherche et au
métier de chercheur en sociologie ? Peut-on repérer certaines caractéristiques
de la demande adressée aux sociologues de la santé qui contribuent à un
déroulement satisfaisant, ou à l’inverse contraint ou heurté, des démarches de
recherche ? Le point de vue des chercheurs sera privilégié dans ce débat.
Par
ailleurs, au plan synchronique, il s’agira de s’interroger sur la cohérence et
la convergence - ou l’incohérence et la dispersion - des thématiques de
recherche soutenues par les organismes financeurs, tous types de bailleurs
confondus. Dans ce contexte, comment se présente le sous champ de la recherche
contractualisée ne relevant pas des circuits classiques de la recherche
publique ? La distinction entre études et recherche voit-elle sa pertinence se
reconfigurer ? Les questions effectivement travaillées par les sociologues
de la santé dans le cadre de relations contractuelles dessinent-elles un ou
plusieurs paysages au sein desquels des thématiques ou objets orphelins
pourraient être mis à jour ? Dans une perspective plus diachronique, on
cherchera également à caractériser la nature et les ressorts des récentes
évolutions en matière de financement et à apprécier la spécificité de la
sociologie de la santé, dans cet environnement institutionnel et scientifique
mouvant.
La
palette des thèmes de recherche concernée par cette réflexion reste très
ouverte et intègre des sujets relatifs aux politiques publiques et au secteur
de l’offre de santé (pratiques institutionnelles et professionnelles notamment)
ainsi que tout le domaine des conduites profanes (les usagers, les patients,
les maladies et les recours, etc.).
Deux
ordres de communications, complémentaires les unes des autres, serviront de
point de départ aux discussions. D’un côté, des exemples circonstanciés
d’expériences de recherche contractualisée seront présentés. Leurs auteurs
s’attacheront tout autant à en explorer la singularité qu’à tenter d’en dégager
des enseignements ou questionnements de portée généralisable relatifs aux
différentes étapes d’une démarche de recherche (définition du cadre et de la
problématique, accès et modalités de présence au terrain, formes de
restitution, etc.). De l’autre, seront exposées des communications plus
synthétiques et « panoramiques » mettant en outre l’accent sur les
évolutions de la décennie écoulée et sur celles pressenties pour l’avenir.
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Le programme définitif de
cette journée sera communiqué début Mars 2007.
4 à 5 interventions de 40
minutes suivies de 20 minutes de discussion sont prévues au total.
Nous invitons tous les
sociologues intéressés par cette réflexion ou souhaitant proposer une
intervention à prendre contact avec Françoise Bouchayer (bouchayer@univmed.fr) ou Patrick Castel
(p.castel@cso.cnrs.fr).