RT12 Sociologie économique


Responsable(s) : Antoine de Raymond, Caroline Dufy

Descriptif :

La proposition au sein de l’AFS d’un réseau thématique en formation (RTF) fédérant la sociologie économique française est une nécessité. En effet, outre que ce secteur de recherche est représenté dans toutes les associations professionnelles de la sociologie (AIS, AISLF, etc.), on ne peut que constater depuis quelques années l’importance et le renouveau des travaux relevant de la sociologie économique. Ce phénomène, déjà ancien aux Etats-Unis, s’atteste en France depuis une dizaine d’année par le nombre de traduction, de publication originale ou des numéros spéciaux des revues. Mais cette sociologie économique française émergente n’a pas encore de lieu de fédération ou de confrontation des recherches en cours, de comparaison et de validation de ces résultats. De ce point de vue, la constitution d’un RTF de sociologie économique au sein de l’AFS constitue une opportunité.

Bureau :

François Cusin, Antoine de Raymond, Caroline Dufy, Pierre François, Marie- France Garcia, Laure Lacan, Jean-Louis Laville, Alexandre Mallard, Etienne Nouguez, Horacio Ortiz, Hélène Richard, Alina Surubaru, Marie Trespeuch, Antoine Vernet et Pierre-Paul Zalio.

Contact : Antoine de Raymond, Caroline Dufy

Site internet : http://www.melissa.ens-cachan.fr/rt12

Congrès AFS 2011 – « Création et Innovation »
Grenoble 5-7 juillet 2011

Appels à communication

Vers session croisée : RT23, RT12, RT11
Vers session croisée : RT12, RT26

RT12 Sociologie économique

Les phénomènes de création et d’innovation constituent des objets de recherche particulièrement intéressants pour la sociologie économique, de par le rôle qu’ils jouent dans l’émergence et la mise en circulation des biens économiques. En accord avec la thématique générale du Congrès, le réseau thématique 12 entend explorer ces questions qui sont au cœur de nombreuses recherches en sociologie économique. Nous aimerions organiser les sessions du RT autour de 4 axes thématiques principaux :

  • L’analyse des mécanismes de production de la valeur dans l’articulation entre création et innovation. La thématique de la valeur est au cœur de multiples interrogations récentes en sociologie économique. Rompant avec l’opposition classique entre la valeur (économique) et les valeurs sociales, ces recherches s’intéressent aux dynamiques d’évaluation, de valorisation, voire de valuation qui permettent aux biens et services marchands d’acquérir une valeur (marchande) en articulant des univers gouvernés par des valeurs (sociales) hétérogènes voire conflictuelles. Ainsi le passage d’une invention à  une innovation valorisée sur un marché suppose un travail d’articulation qui doit être étudié : Sur quelles valeurs s’appuient les acteurs de l’offre et de la demande pour évaluer et valoriser une invention ? Quelles sont les conséquences de ces processus d’évaluation sur la formation du prix ?

  • La mise en marché des produits de l’activité créative. Deux questions symétriques de sociologie économique peuvent être envisagées. Du côté des activités artistiques : comment les produits de l’activité créative sont-ils susceptibles d’être transformés en biens marchands – et dans quelle mesure peuvent-ils être décrits comme innovations ? Du côté des activités industrielles et de services : quelle place prend aujourd’hui la dimension créative des produits dans les logiques d’innovation et de compétition ? Comment se construit l’avantage obtenu ? En quels termes doit-il être appréhendé ?

  • Le cadre social et institutionnel générateur d’innovations. Longtemps l’entrepreneur-innovateur a incarné la figure héroïque du créateur luttant  seul contre les pesanteurs administratives et organisationnelles pour imposer « son idée ». Depuis, les politiques publiques à l’origine des clusters ou des pôles de compétitivité par exemple, valorisent le rôle des synergies et de la collaboration dans les processus créatifs. Il faut donc s’interroger sur les formes d’organisation (en réseau, en projet, en unités d’affaire à l’intérieur des entreprises, partenariat inter-entreprise, etc.) qui sont susceptibles de prendre en charge ces dynamiques créatives et innovatrices ainsi que sur les dispositifs réglementaires ou juridiques (droit de la propriété intellectuel, de protection de l'innovation...) permettant d'en réguler la production et d'aménager des formes spécifiques de concurrence. En quoi ces différentes organisations participent-elles à l’innovation ? Comment se répartissent contributions et « rémunérations » entre les différents acteurs du processus d'innovation ? La figure de l’entrepreneur-innovateur se dissout-elle dans l’organisation-innovante ?

  • L’émergence de nouveaux enjeux d’innovation au carrefour entre politique et économie. L’encouragement à l’innovation commerciale (nouveaux produits, services personnalisés…) prôné hier au sein des économies occidentales comme seule voie de différentiation et de croissance dans le contexte de mondialisation, semble aujourd'hui confronté à certaines limites. En amont et en aval de la mise en marché se pose en effet de plus en plus la question de la gestion des externalités négatives engendrées par les innovations : impact des nouveaux produits sur la santé et l’environnement, émergence de phénomènes d’addictions chez les consommateurs, effets destructeurs des innovations sur l’emploi, inégale répartition sociale des fruits de l’innovation… Dans certains secteurs, les stratégies économiques qui se situent en rupture avec les logiques d’imitation et misent sur la prolifération des innovations génèrent de l’inefficience et brouillent la lisibilité de l’offre pour le consommateur. Ainsi de nouveaux modes de régulation - que ce soit par de nouvelles réglementations, l’internalisation dans des dispositifs marchands ou l’accroissement des initiatives privées volontaires (mouvement RSE notamment) - suggèrent l’existence d’innovations en termes de prévention ou de  correction des débordements des activités économiques, et interrogent plus globalement la place que doit avoir l’innovation dans le processus de développement politique et social. Au-delà du discours critique classique, comment la sociologie économique peut-elle contribuer à décrypter ces enjeux ?

Les propositions de communication sont à adresser à l’adresse sociologieeconomique@gmail.com avant le 10 janvier 2011 en précisant le nom, le prénom, l’institution de rattachement et l’adresse mail de l’auteur. Ces propositions devront comporter un résumé de 1500 signes et une présentation développée de 5000 signes au maximum, et présenteront l’argumentaire principal de la recherche menée, le terrain effectué et les méthodes adoptées.

Le réseau thématique 12 « sociologie économique » co-organise deux autres sessions dont les appels sont à consulter ci-dessous, la première avec les réseaux 11 et 23 et la seconde avec le réseau 26. Attention ces sessions croisées demandent une réponse séparée de celles à l’appel central et comportent parfois un format un peu différent.

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Appel à communication
Session croisée
des RT 23 (Travail, activité, technique),
RT12 (Sociologie économique) et RT 11 ( Sociologie de la consommation et des usages)

L’innovation : une pratique au carrefour des mondes de la consommation, du travail et de l’échange

L’innovation a constitué pendant longtemps une « boîte noire » pour de nombreuses approches sociologiques qui l’ont souvent traitée « de l’extérieur », en l’expliquant par les caractéristiques d’acteurs ou d’environnements réputés « innovants ». L’innovation est ainsi souvent déterminée ou externalisée, ramenée à des « tendances profondes », des « valeurs », des « luttes de classement » ou de « statut », des stratégies d’entreprise, des opportunités objectives de marché, des compétences de créatifs, des qualités de personnes au travail….
Mais le face à face avec l’innovation elle-même, ses « capacités » et « résistances » échappe alors souvent à l’analyse.
De plus, innover, ce n’est pas simplement produire du neuf. C’est aussi le faire exister dans un collectif ; c’est l’inscrire dans des interactions et partant, recomposer des collectifs avec leurs cohortes d’objets, d’usages, de normes, de mesures, d’évaluations… ni tout à fait pareils, ni tout à fait nouveaux ; ce n’est ni faire la révolution et recréer le monde, ni non plus répéter une routine immuable, reconnaître des qualités intrinsèques, exercer des compétences personnelles… Pour comprendre l’innovation « de l’intérieur », il est donc crucial d’étudier finement ces recompositions, ces « bricolages » qui permettent au neuf d’émerger de l’ancien et d’acquérir une valeur.
Cette session croisée sera donc l’occasion de penser l’innovation en tant que pratique collective qui recompose des « espaces », des « domaines », ou des « mondes », grâce  :

  • aux consommateurs qui revoient, réinventent les objets qu’ils utilisent et recomposent des espaces entiers autour de leurs « consommations » ;

  • aux personnes au travail qui ne se contentent pas de « pratiquer », qui n’effectuent ni des tâches, ni des missions mais produisent un travail, révisant les attentes de leurs collègues, les normes de l’évaluation de leur travail…

  • aux acteurs économiques qui (re)produisent sans cesse la valeur de ces innovations et reconstruisent dans un même mouvement « l’offre » et la « demande ».

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Les propositions de communication, un résumé de 1 500 signes, espaces compris + développement de 1000 mots hors références bibliographiques (se limitant aux références citées dans le texte), sont à adresser, avant le 3 janvier 2011, en indiquant que vous soumettez pour la session croisée RT11/12/23, simultanément à :

Geneviève Teil (RT11) genevieve.teil@agroaristech.fr

Isabelle Garabuau-Moussaoui (RT11) isabelle.moussaoui@edf.fr

Alexandre Mallard (RT 12)alexandre.mallard@mines-paristech.fr

Jérôme Denis (RT 23) jerome.denis@telecom-paristech.fr

Alexandra Bidet (RT 23) alexandra.bidet@ens.fr

David Pontille (RT 23) pontille@ehess.fr

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Appel à communication
Session croisée
des RT 12 (Sociologie économique)
 et RT 26 (Réseaux sociaux)

                Dynamiques inter-organisationnelles de la création et de l’innovation

Aujourd'hui, les processus d'innovation et de création impliquent des échanges croissants  entre les  individus dans un contexte inter-organisationnel.
Cette tendance à organiser la production en articulant  des ressources provenant de multiples organisations implique la construction d'un espace social d'échange où sont à l'œuvre des processus plus ou moins explicites de régulation, de contrôle et d'apprentissage qui ont un effet sur la création de valeur. Cet espace social peut prendre de multiples formes, telle la co-localisation géographique dans le cas de start-up innovantes (Dalla Pria & Vicente, 2006, Torre & Rallet, 2005, Boschma, R. (2005).), par exemple.
Quelles sont les ressources et les formes d'échanges (marchands ou autre) associées à ces processus? Quelles en sont les implications sur la définition des normes, sur les mécanismes de sanctions ou sur la construction collective des savoirs ? Comment ces processus favorisent ou nuisent aux performances des entreprises ? Par exemple, dans le cas des musicals de Broadway où les créatifs sont employés sur des contrats de courtes durées, on voit émerger des équipes de travail qui se reproduisent de projets en projets, devenant ainsi des réservoirs de savoirs informels (Uzzi & Spiro, 2005).
Quelles sont les solutions collectives apportées aux problématiques de division du travail et de diffusion des ressources ? Quelles sont les stratégies individuelles mises en œuvre pour se procurer des ressources, modifier les règles du jeu ou capter les opportunités ? Quelle influence ont-elles sur la forme des réseaux ? Par exemple, l’accumulation du capital social favorise la reproduction des structures relationnelles existantes pour une entreprise mais aussi la capacité à saisir des opportunités entrepreneuriales par la création de nouveaux liens (Walker, Kogut, Shan, 1997).
Sur ces questions, dans le cadre d'une session commune, le RT 12 et le RT 26 attendent des propositions au croisement de leurs approches.

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Les propositions de communication sont à adresser avant le 3 janvier 2011 à Alvaro Pina-Stranger (alvaro.pina-stranger@dauphine) et Antoine Vernet (antoine.vernet@u-paris10.fr) en précisant le nom, le prénom, l’institution de rattachement et l’adresse mail de l’auteur. Ces propositions devront comporter un résumé de 1500 signes et une présentation développée de  5000 signes au maximum, et présenteront l’argumentaire principal de la recherche menée, le terrain effectué et les méthodes adoptées.

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