RT16 Sociologie clinique |
Responsable(s) : Pierre Roche Descriptif : La spécificité de la sociologie clinique réside moins dans la délimitation d'un domaine d'objets particulier que dans une certaine façon d'approcher les phénomènes sociaux. Elle s'inscrit dans une tradition selon laquelle il s'agit étudier ces phénomènes sociaux et institutionnels en intégrant la façon dont les individus les vivent, se le représentent, les assimilent et contribuent à leur reproduction. Elle place au cœur de son approche les contradictions entre objectivité et subjectivité, entre structures et acteurs, entre poids des déterminismes et capacité des individus à faire histoire, entre rationalité et irrationalité. Au delà même de l'acteur, c'est le sujet qui l'intéresse, notamment dans ses dimensions affectives, existentielles. Bureau : Mohamed Amara (Université Lyon 2), David Faure (Université Contact : Pascal Fugier Site internet : Le Réseau thématique « Sociologie clinique » dispose d’un blog dans lequel vous êtes informé de l’actualité du réseau (congrès, journées d’études, colloques, conférences, publications d’ouvrages et de revues, recensions, etc.) : http://sociologieclinique-afs.blogspot.com/ Argument pour le 4° congrès de l’AFS Les sociologues qui se réclament de la clinique ont toujours été soucieux de ne pas réduire le social à ce qui se répète avec une certaine régularité et, ce faisant, de rendre raison de ce qui naît, voire fait rupture ; soucieux de saisir sous l’apparent retour du même des dynamiques de création et d’innovation qui, spectaculairement ou souterrainement, participent des transformations sociétales. Pour beaucoup d’entre eux, un tel souci n’est sans doute pas étranger au fait d’avoir choisi une telle approche pour conduire leur recherche. Mais le fait de s’y inscrire permet-il pour autant de construire des savoirs spécifiques et originaux sur ces processus, de mieux comprendre leur nature et leur portée, de mieux saisir la logique de leur développement ? Qu’est-ce qui, dans la clinique, autorise cela ? Le fait de prêter tout particulièrement attention à la présence irréductible de la subjectivité au cœur des rapports sociaux ; à ce qui, dans leur reproduction même, favorise ou contrarie l’expression de la créativité des individus ? L’approche elle-même et les dispositifs méthodologiques concrets qu’elle requiert (groupe « roman familial et trajectoire sociale », atelier « histoire de vie », groupe d’analyse des pratiques professionnelles, groupe d’implication et de recherche, groupe de co-construction des savoirs, atelier d’écriture…). La visée transformatrice des situations sociales et professionnelles, voire émancipatoire qui sous-tend sa mise en oeuvre sur les différents terrains ? Plus précisément, quelle est ici le rôle et la place des affects qui furent au centre de notre réflexion au cours des sessions du dernier congrès de l’AFS tenu à Paris 7 en 2009 ? Au sein des mouvements sociaux mais aussi des pratiques quotidiennes, comment les phénomènes de défense, de résistance, de dégagement ou encore de riposte sont-ils susceptibles de freiner ou d’accélérer ces processus de création et d’innovation ? Comment penser ensemble reproduction et création, conservation et innovation ou encore, pour reprendre un couple conceptuel propre à Gabriel Tarde, imitation et invention ? Quelle est l’apport de telle ou telle méthodologie à la connaissance de ces processus de création, d’innovation ou d’invention ? Le fait de se positionner en tant qu’intervenant-chercheur et de contribuer à la transformation des situations sociales et professionnelles donne-t-il accès à certaines dimensions particulières de ces processus ? Enfin, ne s’agit-il pas, sur une telle thématique, de redoubler de vigilance, de lier clinique et critique afin de ne pas s’inscrire dans une idéologie de l’hypermodernité qui prône le « retour du sujet » et promeut le « management stratégique de l’innovation », la « créativité dans la gestion des projets » ou encore le « devoir d’invention » comme seule issue pour une entreprise qui voudrait survivre dans un environnement qui serait désormais caractérisé par la concurrence exacerbée, l’hyper-compétitivité et la guerre économique à l’échelle mondiale ? Ces interrogations traversent sans doute l’ensemble du champ de la sociologie. Nous voudrions mettre à profit ce 4° congrès de l’Association Française de Sociologie afin d'en actualiser la formulation. Les contributions peuvent porter soit sur des résultats de travaux de recherche éclairant ces questions, soit sur un travail spécifiquement épistémologique, méthodologique, ou encore de mise en perspective historique. N’oublions pas que les pionniers, en construisant une telle démarche, ont sans doute ici fait eux-mêmes acte de création et d’innovation. Les résumés des communications devront faire 250 mots (+-10%) et être adressés à stephanierizet@yahoo.fr ; marty.laurent@wanadoo ; roche@cereq.fr AVANT Clinical approach, creation and innovation Clinical sociologists are always concerned about not reducing social issues to a state of eternal repetition. They would like to make clear what is new, including breaking with the past. They are eager to understand the dynamics of creation and innovation which, spectacularly or discretely, participate in social transformations. For many clinical sociologists, such preoccupations have contributed to their having chosen this approach to their research. But does this approach give them the possibility to build specific knowledge about those processes, to understand their nature and the logic of their development? What, in the clinical approach, authorises that? Is it the fact of paying particular attention to the constant presence of subjectivity at the heart of social relations? Is it the approach itself and their methodological devices (“family history and social trajectory” group, “life story” workshop, analysis group of professional practices, implication and research group, writing workshop)? Do the aims of change and emancipation of the clinical approach uphold its realisation in these different fields?
More precisely, what is the role and the place of affects, which were at the centre of our reflection at the last congress of the AFS held in Paris 7 in 2009? In social movements, but also in daily practice, how are defence, resistance, conter-attack phenomenons susceptible to brake or make the processes of creation and innovation? How to conceptualise reproduction and creation, conservation and innovation, imitation and invention? What is the contribution of such and such methodology to the understanding of those processes of creation, innovation, and invention? Does being a “research intervener”, contributing to the transformations of social and professional situations, give access to certain particular dimensions of those processes? At last, should we, within this theme, be much more vigilant, link clinical and critical approaches in order not to subscribe to a hypermodern ideology which advises the “return of the subject” and promotes the “strategic management of innovation”, the “creativity in project management”, or then again the “necessity of innovation”, as the only solution for a firm to survive in an environment that would now be characterised by “full-blown competition”, “hyper competitively”, and “economic war on a global scale” ? Those questions are certainly present in the whole sociology field. We would like to seize the opportunity of this 4th congress of the French Association of Sociology to update their formulations. Contributions can encompass either the results of specific research on these questions, either a specifically epistemological or methodological work, or even historical reflections. Let us not forget that the pioneers of this field also certainly gave rise to acts of creation and innovation. Abstracts should contain 250 words (+/-10%) and be addressed to stephanierizet@yaho.fr ; marty.laurent@wanadoo.fr ; roche@cereq.fr. BEFORE
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