RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap |
Responsable(s) : Françoise Bouchayer, Centre Norbert Elias (UMR Ehess-Cnrs) et Béatrice Jacques, MCF, Bordeaux 2. Descriptif :
Le Réseau Thématique 19 est un lieu d’échanges entre les diverses approches théoriques, méthodologiques et modalités de travail (recherche, études, expertises, …) de la sociologie de la santé. Bureau :
Lise Demailly, professeur émérite, Lille 1. Contact : Françoise Bouchayer, Centre Norbert Elias (UMR Ehess-Cnrs), Béatrice Jacques, MCF, Bordeaux 2. Site internet : En projet / under construction. 4e Congrès de l’AFS, Grenoble, 5-8 Juillet 2011 Les sessions du congrès organisées par le RT 19 sont ouvertes à toute proposition portant sur le champ de la santé, de la médecine et des soins, de la maladie et du handicap et engageant différentes approches méthodologiques et perspectives théoriques. Les ouvertures à l’international et les démarches faisant appel à plusieurs disciplines sont les bienvenues. Pour le congrès de 2011, le RT 19 souhaite privilégier les propositions se rapportant aux thématiques présentées ci-dessous. Des sessions conjointes sont organisées avec les RT 31, RT 38 et GT 41. La date limite d’envoi des propositions de communication est le Mercredi 15 Décembre 2010.Les propositions doivent être transmises par mail à Françoise Bouchayer (bouchayer@univmed.fr) et à Béatrice Jacques (beatrice.jacques@u-bordeaux2.fr). Nous vous remercions de bien vouloir nommer votre fichier de la façon suivante : nom-AFS2011.docLes propositions seront sélectionnées en fonction de leur qualité scientifique et de l’originalité du matériau empirique mobilisé. 1/ Soigner / se soigner autrement Aux côtés de la médecine conventionnelle et des pratiques de prévention, de diagnostic et de soins qui en découlent coexistent au sein des systèmes de santé des pays développés des pratiques autres, usuellement qualifiées d’alternatives, de parallèles, de non conventionnelles, etc. Cet ensemble disparate regroupe en premier lieu les médecines hétérodoxes « savantes » telles que l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie ou la phytothérapie, dont les praticiens sont fréquemment des professionnels de santé diplômés. Un large éventail de soins alternatifs, dont les contours méritent d’être mieux connus, se retrouve également au sein et aux marges des institutions de santé : art-thérapie, psychothérapies à médiation corporelle, relaxation et méditation, kinésiologie, etc. Certains domaines semblent plus particulièrement propices à la mise en place de telles propositions soignantes : l’obstétrique, la psychiatrie, le champ du handicap ou de la prise en charge des personnes âgées, les pathologies chroniques et graves. De nombreuses pratiques apparaissent davantage promues par des thérapeutes ne disposant pas d’un titre officiel de professionnel de santé ainsi que par leurs usagers profanes : modes alimentaires particuliers, usage méthodique des huiles essentielles, guérison par la prière, tradithérapies (magnétiseurs, rebouteux), etc. Les questions soulevées par l’existence de ces pratiques non conventionnelles renvoient au secteur de l’offre comme à celui de leurs usages. Elles amènent à s’interroger sur les praticiens qui les mettent en oeuvre : qui sont-ils ? Comment se sont-ils formés et dans quelles conditions exercent-ils ? S’agissant des usagers il convient de s’intéresser notamment à leurs parcours de santé-maladie-soins et aux déterminants sociaux des recours mis en place. Que peut-on dire des différences ou des similitudes existantes entre les logiques de l’offre et celles des usages de soins alternatifs? Une attention particulière mérite d’être portée aux modalités d’articulation (ou d’exclusion) du soigner/se soigner autrement avec le système conventionnel de distribution des soins et le dispositif d’assurance maladie. 2/ Transformations organisationnelles et évolutions professionnelles Ces dernières décennies et dans la plupart des pays développés, l’application au secteur de la santé des règles du nouveau management public donne lieu à la diffusion de référentiels de bonnes pratiques associés à de nouveaux modes de financement des institutions sanitaires et médico-sociales (T2A, triple tarification) et de rémunération des professionnels de santé du secteur libéral (forfaitaire, à la performance). En France, ces évolutions sont mises en oeuvre par l’UNCAM et les caisses d’assurance maladie (et au-delà les ARS) qui relaient les travaux et les avis de la HAS (Haute Autorité de Santé). La médecine conventionnelle, confortée par la médecine des preuves, s’adosse désormais à ce que l’on nomme la gouvernance clinique. Parallèlement, les domaines de compétences des métiers du soin (au sens large du terme incluant par exemple des auxiliaires de vie sociale) sont appelés à évoluer (par le transfert de tâches notamment). Les pouvoirs publics cherchent aussi à promouvoir des offres de soins regroupés ou coordonnés (maisons médicales, réseaux de santé) tandis qu’à l’échelon local diverses initiatives, souvent orientées vers des préoccupations de santé publique, voient le jour : maisons des adolescents, consultations pour populations précaires ou en grande difficulté, conseils locaux de santé, etc. Sont appelées à ce sujet des communications portant sur tout type de transformations des dispositifs et métiers du soin (tous n’ont pas explicitement été mentionnés ci-dessus). Quelles sont plus précisément les dimensions de la prestation de soins concernées par ces changements ? Que peut-on dire de leurs incidences sur la relation - et les rapports sociaux - entre soignants et patients ? Comment approcher les effets de la plus grande présence des tiers-gestionnaires (assurance maladie mais aussi complémentaires santé) dans le champ de la délivrance des soins. En quoi ces transformations contribuent-elles à une plus grande régulation du marché des soins et/ou à sa dérégulation : sortie du système conventionnel d’une part croissante de professionnels de santé (soins hors convention), dépassements de tarif, etc ? Assiste-t-on à une diversification des modes de délivrance des soins qui traverse les frontières des métiers et des institutions de la santé ? 3/ Le handicap en mouvement Le secteur du handicap, comme la sociologie du handicap, sont depuis quelques années en plein renouvellement. Le RT 19 souhaite se faire l’écho de ce bouillonnement, et le thème du quatrième Congrès de l’Association française de sociologie, « Création et innovation », s’y prête tout particulièrement. Toutes les communications portant sur les innovations techniques, conceptuelles ou organisationnelles dans le domaine du handicap seront donc examinées avec intérêt. Alors que les conséquences de la loi de 2005 font désormais sentir leurs effets et que l’on dispose du minimum de recul nécessaire pour les analyser, des questionnements portant sur le travail des nouvelles commissions (en particulier les CDAPH) et des MDPH pourraient souligner les bouleversements organisationnels en cours et leurs conséquences sur les pratiques des professionnels comme des personnes handicapées. La reconnaissance officielle du handicap psychique, qui a déjà fait l’objet d’un certain nombre de travaux, appelle également de nouvelles analyses sur ses fondements théoriques, sa mise en œuvre et ses applications pratiques. Du côté de la sphère privée également, on pourrait se pencher sur les transformations organisationnelles que l’arrivée, l’évolution ou la reconnaissance d’un handicap suscite dans l’entourage de la personne concernée. Comment les familles font-elles face au handicap ? Que mettent-elles en place pour minimiser, normaliser ou au contraire souligner les effets du handicap ? Dans quelle mesure sont-elles transformées par le handicap tout autant qu’elles le transforment ? Soulignons enfin l’intérêt d’une réflexion méthodologique sur les outils et les méthodes d’enquête à adapter, voire à inventer, pour accéder à l’expérience du handicap, que ce soit celle de la personne concernée, de son entourage, des professionnels qui y sont confrontés ou de tout un chacun. Comment faire entendre la parole des personnes handicapées mentales, d’enfants handicapés ou de personnes âgées dépendantes ? De quelles données statistiques dispose-t-on et comment les analyser pour rendre compte des processus sociaux liés au handicap ? Quel bilan tirer du passage des enquêtes Handicaps-Incapacités-Dépendance aux enquêtes Handicap-Santé dont on commence à connaître les premiers résultats ? 4/ Environnement et santé Appel à communications conjoint, RT 19 et RT 38 (Sociologie de l’environnement et des risques environnementaux)Quel regard et quels questionnements la sociologie porte-t-elle aujourd’hui sur les risques sanitaires environnementaux, sur les acteurs concernés à différents titres par ces questions, sur leurs manières de se coordonner ou de se « désaccorder » ? Ces questions, largement relayées par les médias, s’inscrivent au croisement de la science, de l’action publique et de la société. Les propositions attendues pour cette session conjointe sont ouvertes à toute approche et tout objet relevant de cette thématique : risques « industriels » (explosion de type AZF, etc) ou « naturels » (inondations, réchauffement climatique) ; considérés aux échelons supranationaux, nationaux ou territoriaux ; pathologies et agents pathogènes reconnus : amiante, saturnisme, pollution de l’air, de l’eau, des sols et de la chaîne alimentaire par des éléments toxiques ou infectieux, etc ; risques controversés ou émergents (OGM, ondes électromagnétiques, nanomatériaux, nouvelles épidémies, etc) ; risques « orphelins » (radon, « plombages » dentaires, etc). Les axes et problématiques mentionnés ci-dessous le sont donc à titre indicatif. Les relations entre experts, administrations et collectivités territoriales, décideurs, professionnels de santé, populations. On parle fréquemment de démocratie sanitaire ou de démocratie technique pour désigner l’ensemble des pratiques d’information, de communication et d’intervention sur la santé et l’environnement initiées en direction ou en concertation avec des usagers, des citoyens, des populations riveraines ou générale. Que ressort-il de l’examen de ces pratiques à l’issue des investigations conduites sur le terrain ? Les univers respectifs des experts d’une part, des citoyens-profanes de l’autre, que l’on distingue fréquemment, présentent en fait des espaces de recouvrement (par exemple l’expert militant ou le citoyen expert) et apparaissent en outre parcourus par diverses lignes de tension (doctrinales, politiques, institutionnelles, associatives). Quels sont les objets et les postures élaborés par la recherche en sociologie à tous ces égards ? Les formes de mobilisation citoyenne sont nombreuses et diversifiées. Certaines s’organisent sur la base d’un ancrage local et territorialisé associé le plus souvent à une situation particulière : incinérateur ou autre équipement collectif, industrie polluante, sols ou bâtiments contaminés, etc. D’autres se réfèrent à un thème donné et ont une inscription nationale (grandes associations militantes, associations de malades (victimes de l’amiante, électro-hypersensibles, etc). Pourront être questionnés à ce propos les types de relation que les chercheurs entretiennent avec leurs interlocuteurs de terrain (externalité académique, partage de projets, échanges et retour d’information). Nouveaux risques, nouveaux débats sociétaux, nouvelles recherches ? Faisant écho au thème général du congrès, on pourra s’interroger, notamment à partir de travaux portant sur des risques émergents (nouveaux agents infectieux, nanomatériaux, produits chimiques « innovants », etc) sur l’éventuel renouvellement de la réflexion sur environnement et santé par les « nouveaux problèmes ». Retrouve-t-on, peu ou prou, les mêmes grands paradigmes dans la construction sociale des risques sanitaires environnementaux ou bien les nouveaux risques sous-tendent-ils des configurations sociétales innovantes dans la manière de s’en saisir ? 5/ Innovations technologiques, médecine et e-santé Appel à communications conjoint, RT 19 et GT 41 (Corps, technique et société)Lors d’une session conjointe, le RT 19 et le GT 41 souhaitent questionner les innovations technologiques en médecine et leurs implications en termes de rapport au corps d’une part, et de nouvelles relations soignants-soignés d’autre part. Les innovations technologiques en médecine sont nombreuses et ne cessent de progresser : imagerie numérique, en 3D, médecine du futur (médecine expérimentale, individu bionique), biotechnologies… L’innovation médicale concerne aussi aujourd’hui le domaine de la bioéthique (cellules souches, dépistage génétique, médecine régénérative) et pose plus largement des questions sur la manipulation des organismes vivants, sur leur statut et le développement de ce que S. Bateman appelle une médecine hors corps. Quels sont les impacts de ces nouvelles technologies sur le corps ? Peut-on parler d’une nouvelle dépendance des corps ? D’autre part, les innovations technologiques concernent également l’information des usagers et la communication entre usagers et professionnels que l’on peut rassembler sous le terme e-santé. Il convient de s’interroger d’abord sur le développement de la télémédecine (télésurveillance, téléconsultation, télédiagnostic), de son impact sur les relations soignants-soignés et sur les rapports au corps et aux organes malades ; l’interrogation porte ensuite, et plus largement, sur l’essor de l’Internet qui vient modifier les relations établies entre usagers et professionnels : de nouveaux rapports de connaissances, d’autorité et de pouvoir, d’expertise émergent et demandent de la part des usagers et des patients, des professionnels de la santé et des experts médicaux, mais également des institutions, des ajustements nécessaires. Un thème associé est celui de la pratique depuis quelques années d’un tourisme médical de la part des usagers, généré par l’offre de ces nouvelles technologies, qui peut être également interrogé lors de cette session conjointe. 6/ Sport et santé Appel à communications conjoint, RT 19 et RT 31 (Sociologie du sport et des activités physiques)Les liens entre sport et santé, historiquement comme aujourd’hui, s’organisent au travers de divers espaces et faits sociaux. Aux côtés des complémentarités et des potentialisations entre la pratique du sport et la « bonne santé » coexistent des mises en tension voire des antagonismes de différents ordres (traumatologie, usure physique prématurée, culte totalitaire de la performance, dopage, etc.). Parallèlement, de multiples articulations, en évolution permanente, se tissent entre d’une part les mondes de la médecine et de la pharmacologie, d’autre part ceux du sport « pour tous », pour certaines catégories de personnes (malades chroniques, notamment les enfants obèses, handicapés) ou encore de compétition. Ces questions peuvent donner lieu à des démarches de recherche sociologiques fondées sur une diversité d’angles d’approche et d’objets interrogeant d’une part la gestion de la santé au sein des pratiques sportives, d’autre part l’irruption de la question des activités physiques et sportives dans le champ des pratiques de prévention et d’entretien de la santé. Les contributions attendues pourront se référer à l’un ou à plusieurs des axes mentionnés ci-dessous, ou à d’autres thématiques portées par des travaux achevés ou en cours.
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