RT 21 Mouvements sociaux


Responsable(s) : Denis Merklen (Université Paris 7 - IRIS/EHESS), Valérie Cohen (Université Lille 1 - Clersé) et Geoffrey Pleyers (Université Louvain-la-Neuve - CADIS/EHESS).

Descriptif : La sociologie des mouvements sociaux produit classiquement une connaissance sur le changement et la transformation culturelle ; sur les acteurs sociaux, leur identité et leurs représentations ; sur les organisations collectives et les ordres politiques. Le mouvement social est à la fois un objet de recherche, à ce titre souvent une mobilisation collective qui prend la forme d'une lutte. Mais le mouvement social est aussi un outil conceptuel qui occupe une place importante dans la plupart des systèmes théoriques. Les deux perspectives ne s'excluant nullement l'une l'autre, bien au contraire. A ce titre, la sociologie des mouvements sociaux rend visible et lisible des formes concrètes de domination, par exemple d'un sexe sur un autre, ou les inégalités sociales et culturelles entre des individus ou des groupes. La réflexion en cours sur l'évolution des classes sociales, mais aussi la connaissance sur les procédures de socialisation, ou bien encore le constat des mobilisations sociales et spatiales en panne, paraissent ainsi des idées suffisamment partagées et servir d'entrée en matière pour débuter la rencontre entre ceux qui souhaitent donner corps au projet de constitution d'un réseau de sociologues sur la sociologie des mouvements sociaux. La démarche ainsi entreprise ne manquera pas de rappeler celle initiée de longue date par la plupart des fédérations et associations de sociologues, tant sur le plan national et qu'international.

Bureau : Denis Merklen (Université Paris 7 - IRIS/EHESS), Valérie Cohen (Université Lille 1 - Clersé) et Geoffrey Pleyers (Université Louvain-la-Neuve - CADIS/EHESS).

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Appel à propositions RT 21 « Mouvements Sociaux »

3e congrès de l’Association Française de Sociologie
Université Denis Diderot – Paris 7, Paris, 14 au 17 avril 2009

Les mouvements sociaux face à la question de la violence

Les mouvements sociaux sont très fréquemment « confrontés » à la violence.  La plupart du temps, celle-ci se présentant comme un « problème » à résoudre. Il s’agit, par exemple, de rendre visible des formes de violence institutionnelle qui, du travail au cadre de vie, traversent la vie quotidienne sans jamais arriver à l’espace public. D’autres fois, au contraire, ce sont les mouvements sociaux qui trouvent leurs formes d’action délégitimées par des actes qualifiés « violents ». Des actions illégales aux atteintes à l’autorité en passant par la dégradation des biens publics ou privés, les mouvements sociaux voient souvent leurs demandes disqualifiées car accusés d’agir « dans la violence ». Parfois, ce sont des revendications violentes (révoltes, occupations illégales de terres ou de lieux de travail, usines récupérées, usurpations diverses) qui donnent naissance à certains mouvements sociaux, alors que d’autres finissent dans la violence (allant même jusqu’au terrorisme) lorsque leur horizon s’épuise ou est étouffé. Le 3e Congrès de l’Association française de sociologie donne l’occasion au RT21 de proposer à travers un travail en Atelier d’aborder la question de la « violence » sous des angles différents.  C’est ainsi que nous lançons cet appel à communications en vue d’une discussion organisée en quatre ateliers.

Atelier 1 : Violence et moments du mouvement social
Il s’agit ici d'interroger les temporalités des mouvements sociaux et la place qu’occupe la violence dans celle-ci. Quel impact et quels sens peut avoir la violence selon qu’elle se présente au moment de l’émergence ou du déclin du mouvement ? Quels sont les « moments » dans la vie d’un mouvement social dans lesquels il est question de « violence » ? Y-a-t-il un changement dans la signification qu’un fait de violence revêt pour un mouvement en fonction du moment dans lequel il se présente ?

Atelier 2 : Expériences de la violence et mouvement social
Il s'agit ici d'interroger ce qui est ressenti et perçu  comme « violent » autour d'un mouvement social, en termes de violence institutionnelle comme source et entrave du mouvement social, tant du point de vue de ses acteurs, que du point de vue de ceux qui se trouvent confrontés à un mouvement social. Qu’est-ce que les acteurs nomment/classent derrière la désignation de « violence » ? Comment ses événements sont-ils vécus ? Dire la violence ne va pas de soit, comment est-elle formulée au sein du mouvement social et par quels acteurs ?

Atelier 3 : Violences institutionnelles et construction identitaire
L’interrogation qu’anime cet atelier est double. Il s’agit d’une part de travailler la question des « violences institutionnelles » comme des situations mises à jour et construites par le mouvement social lui-même. Les faits qualifiés de « violents » sont reconnus comme tels dans l’espace public souvent à la suite du mouvement social. Celui-ci ne vient pas seulement « en réponse » à des violences subies mais est la condition même de l’identification des faits comme « violents ». D’autre part, les « mépris » et les « dénis » sont souvent liés à l’émergence de collectifs et de modes d’action qui participent à l’articulation de formes identitaires. La violence institutionnelle ne s’adresse pas seulement à des identités déjà là, mais elle contribue à leur production. La violence aurait ici un caractère performatif ?

Atelier 4 : Au-delà de la violence ? Les « localisations » et les dimensions culturelles et religieuses des mobilisations collectives
Cet atelier vise à laisser une place à la réflexion et à la discussion autour des mouvements sociaux et des problématiques qui leur sont liées y compris dans les cas où la question de « violence » n'apparaît pas. Trois aspects particulièrement explorés dans les travaux récents sur les mouvements sociaux nous intéressent ici. Le phénomène de la « localisation » de nombreuses mobilisations est relié de façon problématique à la question des dimensions culturelles et religieuses qui contribuent de plus en plus à leur émergence. Si à l'évidence, problématiser ainsi la localisation des mouvements sociaux suppose de mettre en doute l'idée qu'elle pourrait immuniser le mouvement social de la violence, les communications n'auront donc pas ici nécessairement la question de la violence pour objet.

L’appel à propositions est ouvert à des travaux en cours et à des recherches avancées, à la réflexion théorique ainsi qu’à la discussion d’observations de terrain. Les propositions seront reçues jusqu’au 19 décembre 2008. Elles doivent inclure le titre de la communication, un résumé d’une page, nom de l’auteur, ses coordonnées et un rattachement institutionnel. Elles devront indiquer aussi pour quel atelier elles sont proposées.

Les propositions peuvent être envoyées jusqu’au 19 décembre 2008 à :
Philippe Bataille (CADIS, EHESS) : philippe.bataille@ehess.fr
Valérie Cohen (CLERSE, Université Lille 1) : valeriacohen@aol.com
Denis Merklen (IRIS-EHESS, Université Paris 7) : merklen@ehess.fr
Alexandre Piettre (CSPRP, Université Paris 7) : a_piettre@yahoo.fr
Geoffrey Pleyers (CADIS, Université Catholique de Louvain) : geoffrey.pleyers@uclouvain.be