RT 26 Réseaux Sociaux


Responsable(s) : Catherine Comet et Ainhoa de Federico

Descriptif : Ce RT vise à fédérer les chercheurs qui travaillent sur les réseaux sociaux et les relations sociales en construisant et en mobilisant des données relationnelles. L’objectif est de rassembler les chercheurs qui utilisent l’analyse de réseaux sociaux comme méthode et ceux qui prennent les réseaux sociaux comme objet de recherche en ayant recours à différentes méthodologies aussi bien quantitatives que qualitatives. L’étude des réseaux sociaux montre sa fécondité depuis une quarantaine d’années dans les pays anglophones et plus récemment dans les pays francophones. Il s’agit dans ce contexte de favoriser l’apprentissage de ces outils conceptuels et méthodologiques et de stimuler les échanges autour des travaux menés dans cette perspective sociologique.

Mots cléf: réseaux sociaux, relations sociales, réseaux personnels, méthodologie


Description:
The study of social networks has shown its fertility in the last 40 years in English speaking countries and more recently the French speaking world. In this context, the aim is to favour the diffusion of conceptual and methodological tools associated with the study of social networks and to stimulate scientific exchange and debate on research using this sociological perspective. This RT intends to federate researchers working on social networks and social relations by building and using relational data. The aim is to gather researchers who use social network analysis as a method and those who focus on social networks as a substantive research object while using quantitative and / or qualitative methodologies.

Key words: social networks, social relations, personal networks, methodology

Bureau : Claire Bidart (LEST), Catherine Comet (Clersé), Claude Compagnone (INRA), Ainhoa de Federico (CERS-LISST), Olivier Godechot (CMH), Michel Grossetti (LISST), Pierre Mercklé (ENS), Lise Mounier (CMH), Elise Penalva (Clersé) et Alvaro Pina-Stranger (Université de Dauphine ou ORIO)

Contact : Catherine Comet et Ainhoa de Federico

Site internet : http://www.cmh.pro.ens.fr/reseaux-sociaux/

Appel à communications
« Création, innovation, et réseaux sociaux »

Dans le cadre du 4ème congrès de l’AFS, le RT26 se propose de recueillir les propositions de communication abordant la thématique générale du congrès à partir de l’approche des réseaux sociaux.

La création et l’innovation, prises ici au sens large, désignent toute activité impliquant des formes de création de savoirs, d’œuvres artistiques, d’objets techniques, mais aussi la mise en œuvre de pratiques nouvelles. Une part importante de la vie sociale, aussi bien dans sa dimension économique qu’au-delà, est dédiée à de telles activités, qui présentent des particularités que l’on saisit assez facilement à partir des études sur les sciences ou les arts : formes complexes de propriété et d’établissement de la valeur ; importance des outils techniques ; tension entre créativité individuelle et logiques collectives ; types spécifiques d’incertitude ; importance de la dimension « cognitive »… La création et l’innovation peuvent être étudiées sous des angles différents. Un premier angle est l’étude des processus d’innovation eux-mêmes, et, notamment, des savoirs, œuvres, objets techniques ou pratiques qui sont les objets et les produits de ces processus. Cet angle d’étude mobilise entre autres les apports de l’anthropologie de la connaissance, la sociologie de l’innovation (qui inclut la création artistique au même titre que les sciences et les techniques) et la sociologie économique. Un deuxième angle est celui des médiations sociales qui se construisent autour des processus d’innovation, et de transmission ou de mise en œuvre des produits de l’innovation. Ces médiations peuvent prendre la forme de réseaux sociaux, qui constituent l’un des aspects de la dimension collective de ces processus, et dont l’étude mobilise les concepts et les méthodes de l’analyse des réseaux sociaux.

Différents travaux ont déjà montré le rôle des réseaux sociaux dans les processus de génération, diffusion, acceptation et mise en œuvre des innovations : influences entre auteurs, émergence de la nouveauté dans l’interaction…

Plusieurs thèmes, sans prétendre l’exhaustivité, semblent particulièrement féconds concernant cette thématique :

1. Création, innovation et réseaux scientifiques, artistiques, économiques…

Les travaux montrant les capacités créatrices et innovatrices de réseaux sociaux en fonction de structures et de fonctionnements variés seront particulièrement appréciés. Le champ concerné pourra être celui de l’innovation et la création scientifique, artistique, ou technologique (processus de production). Mais il pourra concerner également les innovations organisationnelles, que ce soit au sein d’une entreprise (nouvelles pratiques, réorganisation, mise en place de système d’information, etc.) ou encore entre entreprises (collaborations, création de réseaux, etc.).

2. Les réseaux et l’innovation sociale

Les réseaux sociaux participent aussi des transformations sociales. Par exemple, les réseaux de discussions sont parfois à l’origine de transformations des représentations ou des opinions. Ils sont aussi importants pour comprendre l’émergence et la montée en puissance de certains mouvements sociaux ou leur articulation dans des nouvelles formes de gouvernance et des policy networks.

En particulier, concernant ce dernier point, la gouvernance en réseau est souvent présentée comme une innovation. Il existe une confusion entre le réseau comme objet d'analyse et les politiques d'organisation en réseau dans les organisations. Cette vision du réseau vante les mérites d'un mode de gouvernance innovant plus souple mais qui reste à prouver. L'analyse des réseaux sociaux aurait un avantage indéniable, tout d’abord pour expliciter cette distinction, ensuite pour vérifier les éventuels avantages de ces nouvelles formes d’organisation.

Aussi, on connaît aujourd’hui l’importance des réseaux sociaux dans l’accès à différentes ressources spécifiques (trouver un emploi, créer une entreprise, trouver un partenaire économique ou scientifique, obtenir un conseil, etc.) et leur impact sur leurs bifurcations individuelles. Il serait intéressant de savoir comment les acteurs sociaux eux-mêmes s’emparent de ces travaux et « cultivent » leurs propres réseaux sociaux et carnets d’adresses.

3. L’impact des NTIC sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle dans la création et l’innovation, mais les innovations techniques, notamment dans le domaine des moyens de communication, peuvent modifier les dynamiques des réseaux sociaux. On pourra examiner si (et le cas échéant comment) le développement des différentes NTIC, en transformant les modes de communication, modifie les processus de création des relations. Transforme-t-il aussi leur forme et leur contenu ? Assiste-t-on à l’émergence de nouvelles formes de sociabilité ? L’importance prise actuellement par des réseaux sociaux numériques que l’on peut appeler des « logiciels sociaux » doit interpeller la communauté des sociologues et mérite d’être étudiée.

4. Innovations dans l’analyse de réseaux sociaux

L’analyse des réseaux sociaux est avant tout un corpus de méthodes (générateurs de noms, analyse de graphes, etc.) et de notions à caractère empirique (densité, centralité, homophilie, etc.). Sur cette base plus ou moins stabilisée à la fin des années 1960, des auteurs ont tenté d’ériger des théories, certains mettant l’accent sur les ressources procurées aux individus par leur position dans les réseaux. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les débats théoriques en analyse des réseaux au niveau international ? Quelles sont les théories spécifiques que l’analyse des réseaux a fait émerger ? Comment sont-elles insérées dans des théories plus générales ?

Les typologies anciennes sur la nature des liens sociaux et les positions des acteurs méritent d’être réexaminées afin d’introduire à la fois la modernité des situations de contact (mail, réseaux socio - numériques, forums etc.) mais également la dynamique des relations (liens actifs, liens latents, réactivés, etc.). Des communications revisitant les typologies de liens seront appréciées.

La question des méthodes est évidemment centrale pour l’analyse des réseaux sociaux. Sur le plan des analyses de structures, comment avancent les projets visant à développer des saisies de la dynamique des réseaux, comme SIENA par exemple. Comment évoluent les études longitudinales ? Note-t-on des avancées dans les méthodes mixtes ? L’étude des réseaux personnels parvient-elle à aller au-delà des classiques études d’environnements de 5 à 30 personnes ? Comment évoluent les possibilités de visualisation ? Comment analyser conjointement les réseaux et les collectifs par des analyses multiniveaux ? Y a-t-il du nouveau dans les méthodes de construction de données relationnelles ? Dans la caractérisation des relations elles-mêmes ? Et au niveau des interdépendances proprement structurales (p.e. ERGM, réseaux de places) ?

Les propositions peuvent s’inscrire dans un (ou plusieurs) des axes suivants.

Le premier critère de sélection des communications repose sur le type de données – en l’occurrence relationnelles – analysé. Leur mode de traitement peut tout aussi bien être quantitatif que qualitatif.

Les propositions de communication doivent être adressées par courrier électronique au plus tard le 3 janvier 2011. Elles préciseront le cadre théorique, le type de données analysées, la méthodologie ainsi que les principaux résultats. Elles ne dépasseront pas deux pages et seront accompagnées d’un résumé de 1500 signes maximum (espaces compris), comprenant un titre, le(s) nom(s) du/des auteur(s), son/leur institution et leur(s) mail(s). Les propositions de communication en anglais seront examinées, les communications pouvant se faire en anglais. Le bureau du RT26 informera les candidats de l’acceptation ou non de leur proposition de communication début février 2011. Les résumés seront mis en ligne sur le site de l’AFS courant avril 2011.

Les participants ne pourront pas présenter plus de deux communications au total (individuelles et collectives) dans les différentes sessions du congrès.

Contacts mail : Ainhoa de Federico et Alvaro Pina Stranger.





Appel à communication
Session croisée des RT 12 (Sociologie économique) et RT 26 (Réseaux sociaux)

Dynamiques inter-organisationnelles de la création et de l’innovation

Aujourd'hui, les processus d'innovation et de création impliquent des échanges croissants entre les  individus dans un contexte inter-organisationnel.

Cette tendance à organiser la production en articulant  des ressources provenant de multiples organisations implique la construction d'un espace social d'échange où sont à l'œuvre des processus plus ou moins explicites de régulation, de contrôle et d'apprentissage qui ont un effet sur la création de valeur. Cet espace social peut prendre de multiples formes, telle la co-localisation géographique dans le cas de start-up innovantes (Dalla Pria & Vicente, 2006, Torre & Rallet, 2005, Boschma, R. (2005).), par exemple.

Quelles sont les ressources et les formes d'échanges (marchands ou autre) associées à ces processus? Quelles en sont les implications sur la définition des normes, sur les mécanismes de sanctions ou sur la construction collective des savoirs ? Comment ces processus favorisent ou nuisent aux performances des entreprises ? Par exemple, dans le cas des musicals de Broadway où les créatifs sont employés sur des contrats de courtes durées, on voit émerger des équipes de travail qui se reproduisent de projets en projets, devenant ainsi des réservoirs de savoirs informels (Uzzi & Spiro, 2005).

Quelles sont les solutions collectives apportées aux problématiques de division du travail et de diffusion des ressources ? Quelles sont les stratégies individuelles mises en œuvre pour se procurer des ressources, modifier les règles du jeu ou capter les opportunités ? Quelle influence ont-elles sur la forme des réseaux ? Par exemple, l’accumulation du capital social favorise la reproduction des structures relationnelles existantes pour une entreprise mais aussi la capacité à saisir des opportunités entrepreneuriales par la création de nouveaux liens (Walker, Kogut, Shan, 1997).

Sur ces questions, dans le cadre d'une session commune, le RT 12 et le RT 26 attendent des propositions au croisement de leurs approches.

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Les propositions de communication sont à adresser avant le 3 janvier 2011 à Alvaro Pina-Stranger et Antoine Vernet en précisant le nom, le prénom, l’institution de rattachement et l’adresse mail de l’auteur. Ces propositions devront comporter un résumé de 1500 signes et une présentation développée de 5000 signes au maximum, et présenteront l’argumentaire principal de la recherche menée, le terrain effectué et les méthodes adoptées.