RT 33 Famille, vie privée, vie publique


Responsable(s) : François de Singly (francois@singly.org)

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Contact : François de Singly (francois@singly.org)

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Appel à communication pour le congrès de l'AFS - Paris 2009:
Responsables : François de Singly, Christophe Giraud

Dans le cadre du troisième congrès de l'AFS qui aura lieu du 14 au 17 avril 2009 à l'université Paris Diderot (dans le site des grands moulins près de la grande bibliothèque), le réseau thématique « Famille, vie privée, vie publique » (RT 33) de l'AFS organise des sessions consacrées à l’analyse des transformations de la famille et de la vie privée, à leurs significations et aux conséquences qu’elles ont ou devraient avoir sur les notions et les méthodes en sociologie de la famille.

La date limite d'envoi des propositions de communication est le 25 octobre 2008. Ces propositions devront comporter moins de 1400 caractères (blancs compris) : elles doivent constituer un résumé indiquant les orientations méthodologiques et théoriques. Les propositions doivent parvenir à François de Singly : francois@singly.org

Ces sessions sont ouvertes à tous, sans limitation de statut ou de spécialité. Tous les sociologues, qu'ils soient enseignants ou chercheurs, qu'ils soient doctorants ou chercheurs confirmés, qu'ils travaillent dans les organismes publics, les sociétés d'études, les administrations ou les entreprises, sont conviés à participer à ces sessions.


Texte de l'appel à communication :
La famille, un concept zombie ?

Bon nombre de discussions dans la sociologie, anglo-saxonne notamment, porte non plus sur le passage du singulier au pluriel des formes familiales, mais sur la question de la définition de la famille elle-même. Le questionnement peut aller jusqu’à s’interroger sur la pertinence même d’une telle catégorie, Ulrich Beck estime par exemple que la sociologie de la famille repose sur un concept zombie. L’interrogation des sessions de ce RT 33 – en plus d’une séance consacrée au programme d’activités de ce RT - portera donc sur cette nécessaire réflexion, sur l’éventuelle violence symbolique du maintien de cette catégorie…

1. Plus précisément on se demandera en quoi le passage au pluriel des formes familiales modifie la notion même de famille. La conquête politique de l’élargissement de cette notion, de cette extension ne suffit pas d’un point de vue théorique. Elle doit se doubler d’une analyse des transformations, des inerties, de la catégorie elle-même. En quoi la demande de reconnaissance du mariage homosexuel, des familles homoparentales, de la pluriparentalité bouleverse-t-elle les normes implicites et explicites du modèle familial ? Jusqu’où la critique de l’hétéronormativité modifie-t-elle le destin des couples hétérosexuels ? En quoi le passage de la dualité parentale à la pluriparentalité interroge-t-il les rôles de père, de mère ?

2. Il ne s’agit plus de définir d’autres types, d’autres formes de famille au-delà de la famille classique, il s’agit de laisser les individus définir eux-mêmes les contours de leur vie privée. Selon cette orientation, doivent être inclus dans la « famille » les membres, quelle que soit la nature juridique de leurs liens, qui sont considérés comme « de la famille ». Peuvent être ainsi inclus des amis, des « ex ». Cette position vise à un « au-delà » de la famille en transformant encore davantage sa définition, c’est la famille « choisie » qui domine. On s’interrogera aussi sur les conséquences d’une telle position pour la recherche, pour les enquêtes. Comment dépasser les contraintes de la définition du « ménage » (au sens démographique) ?

3. En élargissant ainsi la définition de la famille ne parvient-on pas à la subvertir à tel point que son sens s’efface ? Pourquoi élargir à ce point la notion de « famille » ? Pourquoi la sauver ainsi du cimetière des concepts zombies ? Qu’est-ce qui est en jeu dans la permanence de la catégorie au-delà des modifications ? Y-a-t-il des invariants de la famille ?

4. Pour qu’un groupe comme la famille ait un degré minimal d’existence, il faut non seulement des valeurs sous-jacentes, des fonctions, mais aussi des rituels, des pratiques communes, une mémoire commune qui créent le sentiment d’appartenance. On se demandera comment un tel sentiment d’appartenance se crée aujourd’hui dans les familles. On élargira aussi la réflexion sur le fait de sentir membre d’un couple, même sans cohabitation, à l’entrée ou non de la vie amoureuse, afin de comprendre mieux ce sentiment et ce qui le fonde. Dans la critique du concept de famille, il semble y avoir, paradoxalement, aussi une certaine nostalgie de la famille reposant sur une institution, sur une division précise des rôles, et un doute sur le flou relatif du fonctionnement des familles contemporaines. On peut poser au contraire que les effets de ce flou, à savoir notamment l’importance de la négociation à l’intérieur de la famille, constituent un des éléments constitutifs du sentiment d’appartenance. Il serait utile de dessiner les zones où se jouent de fortes négociations – avec des travaux sur le pouvoir et l’autorité – et les zones où dominent des pratiques évidentes associées à tel ou tel statut (genre, classe d’âge…).

5. Ce qui fait tenir la famille comme groupe c’est aussi les institutions qui entourent les individus et qui leur demandent des liens de famille. Des cas juridiques, des cas éthiques peuvent être utilisées comme indicateur des présupposés mis en œuvre par les institutions pour associer à tel ou tel individu telle famille. Plus largement peuvent être approchées la manière dont les institutions (école, hôpital, entreprise, prison…) et les politiques familiales, sociales rattachent les individus dont elles s’occupent à tel ou tel lien familial, et les conséquences d’un tel rattachement non seulement pour les individus et leurs familles (l’exigence de care par exemple), mais aussi sur les institutions elles-mêmes.