RT 35 Sociologie du monde associatif |
Responsable(s) : Anne Bory, Vérène Chevalier et Francis Lebon Descriptif : Le groupe de recherche "sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat" a été fondé lors du congrès de l'Association française de sociologie en février 2004. Il aborde une sociologie des associations, marquée par la présence de bénévoles souvent militants et inventifs ;engage une réflexion sur le bénévolat à côté et au secours du travail rémunéré et les nouvelles formes d'engagements et de pouvoir d'agir à tous les âges de la vie et dans divers espaces géographiques et politiques. Bureau : Anne Bory, Vérène Chevalier, Dan Ferrand-Bechmann, Erika Flahault, Eric Gallibour, Yves Raibaud, Matthieu Hély, Francis Lebon, Emmanuel de Lescure, Yves Lochard, Diane Rodet, Maud Simonet, Arnaud Trenta. Contact : Anne Bory, Vérène Chevalier, Francis Lebon Site internet : http://matthieu.hely.perso.sfr.fr/spip.php?rubrique10 Appel à communication RT 35. Les mondes associatifs sont, notamment depuis les années 1970, producteurs d’un discours sur eux-mêmes centré en partie sur leur capacité intrinsèque et quasi « naturelle » à innover. A la fin des années 1960 et au cours des années 1970, on observe ainsi l’apparition de nouvelles luttes sociales (défense et revendications de droits pour les femmes, les étrangers, les minorités sexuelles, défense de l’environnement…), portées par le secteur associatif. En outre, à cette période, puis au cours des années 1980, les discours savant, associatif et politique sur les associations convergent vers la vision d’un espace associatif ouvrant vers une nouvelle forme de participation politique, concomitante avec le processus de décentralisation de l’Etat. Le bénévolat, l’association, sont décrits comme des espaces propices à l’innovation sociale, à des formes de participation très proches du quotidien et des enjeux locaux, garantes d’un renouveau démocratique[1]. La « spécificité » invoquée par le monde associatif, et plus largement par les organisations de l’« économie sociale et solidaire »[2], de se situer entre le marché et les pouvoirs publics, est l’un des piliers du discours des associations sur elles-mêmes, notamment autour du thème de l’« hybridation des ressources »[3]. Nous proposons donc durant ce congrès de partir des discours associatifs, politiques et académiques sur la capacité des mondes associatifs à innover en termes de travail, d’organisation, d’activité, d’engagement, de participation politique, d’ouverture aux publics et de représentation des usagers… afin d’une part d’analyser ces discours et les conditions de leur production, et d’autre part de nous attacher aux pratiques qui les confirment ou les infirment. En outre, l’analyse de l’émergence et du contenu des discours valorisant les mondes associatifs dans d’autres pays serait vivement appréciée. Le thème du congrès, nous invite à interroger les pratiques associatives actuelles au regard du discours plein d’espérance qui a accompagné l’essor des mondes associatifs. Le monde associatif s’est-il révélé être un véritable laboratoire d’innovation et de création ? Si oui, dans quel(s) domaine(s), selon quels processus et en lien avec quels acteurs ? Les communications pourront donc notamment porter sur : - La construction des discours valorisant le secteur associatif et mobilisant les notions d’innovation et de création. La circulation des idées et des pratiques innovantes d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre. Comment, et par qui, s’effectuent ces innovations, sont-elles transférées et appliquées ? Les perspectives historiques et internationales sont vivement souhaitées. - La question de l’engagement et du bénévolat, en s’attachant aux perspectives présentant les associations comme espace potentiel de développement de nouvelles formes d’engagement différant de l’engagement politique ou syndical. Ce nouveau type d’engagement - qui s’avèrerait plus individualisé, plus spécialisé, plus ponctuel, moins sous-tendu par un projet de transformation de la société – se substitue-t-il ou coexiste-t-il avec le type plus ancien du militant ? S’observe-t-il dans tous les secteurs d’activité et auprès de tous les groupes sociaux ? Est-il réservé aux seuls mondes associatifs? - La sociologie du travail et de l’emploi : les mondes associatifs sont-ils un espace de développement de conditions de travail et d’emploi « innovantes » ? Cette question rejoint les interrogations portant sur la possibilité et/ou l’existence d’une « autre économie » au sein du monde associatif. Il s’agit alors de ne pas se cantonner au statut non lucratif des associations – qui suffirait à caractériser leur spécificité - , mais également de s’attacher aux formes de management et de pratiques gestionnaires, afin d’interroger leur statut « innovant » ou alternatif au regard des autres mondes du travail que sont les entreprises lucratives et les administrations. - Les relations entre les mondes associatifs et l’action publique. L’histoire de Grenoble, notamment lors des mandats de Hubert Dubebout, amène à s’interroger sur l’espace associatif comme terrain privilégié d’expérimentation des politiques publiques. Depuis le Développement social des quartiers et les premières politiques de la ville, comment le monde politique a-t-il (dé)construit des ponts avec les acteurs associatifs ? Inversement, l’espace associatif se révèle-t-il être un vecteur de publicisation des problèmes sociaux et un levier de mobilisation entraînant l’action des pouvoirs publics ? Egalement, quel est le rôle joué par les acteurs associatifs dans la variété des dispositifs participatifs mis en place dans les quartiers ou les communes ? - La création et la diffusion de normes. Soit des normes internes aux mondes associatifs : mesure de l’impact social d’une action associative, normalisation (labellisation) de l’utilité sociale, chartes, conventions, protocoles d’évaluation, labels ont connu des développements considérables ces dernières années. Que révèlent-ils de l’évolution des mondes associatifs ? Soit des normes externes aux mondes associatifs: l’idée de « croisade morale » s’avère-t-elle toujours pertinente pour comprendre l’imposition de normes par un groupe social à l’ensemble de la collectivité ? Avec quels acteurs (publics, professionnels, etc.) les associations interagissent-elles pour parvenir à l’institutionnalisation d’une norme ? Qu’en est-il de l’expertise associative ? Cette liste de thèmes ne prétend pas à l’exhaustivité, et les propositions de communication qui s’attacheraient à l’étude des discours sur la capacité d’innovation des mondes associatifs et à l’analyse de pratiques associatives dites ou présentées comme « innovantes » dans d’autres domaines, seront les bienvenues. Les propositions de communication sont à envoyer avant la fin janvier simultanément aux trois adresses suivantes : anne_bory@yahoo.fr, verene.chevalier@ens.fr, francis.lebon@u-pec.fr Lire l'appel à communication du RT 35 en format pdf [1] Voir notamment Martine Barthélémy, Associations, un nouvel âge de la participation ? Paris : Presses de Sciences Po, 2001, 286 p.
[2] Expression que nous employons ici en toute connaissance des discussions qui entourent sa définition, voir : Bernard Eme, « Économie sociale et solidaire : autonomie, encastrement et régulations », 2008, et Pascale Moulévrier et Matthieu Hély, « « Economie sociale et solidaire » : quand les sciences sociales enchantent le travail », Idées, n°157, septembre 2009 [3] Voir la charte du Réseau des territoires pour l’économie solidaire qui préconise « l’hybridation des ressources (public/privé, marchand/non marchand, monétaire/non monétaire) »
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