RT 36 Théories et paradigmes sociologiques |
Responsable(s) : Pierre Demeulenaere, Gerald Bronner Descriptif : La sociologie, science empirique, fait inévitablement recours, dans ses énoncés, descriptifs ou explicatifs, à des concepts, des hypothèses, ou des théories. Elle ne peut parvenir à restituer directement une réalité externe, mais l'organise pour en donner le sens. Cette démarche implique inévitablement des présupposés théoriques. La tradition sociologique a essayé, par la contribution de ses auteurs de référence, de préciser, de formaliser et de débattre de ces présupposés afin de garantir la scientificité de cette entreprise. Celle-ci est alors confrontée à la multiplicité des perspectives, des paradigmes interprétatifs, et des théories en présence. Le but de ce réseau est de permettre aux sociologues, de tous horizons, d’échanger leurs réflexions sur les conditions de leur propre travail. Ceci peut se faire soit à partir de travaux empiriques particuliers, en analysant leur structure théorique, soit par référence aux textes théoriques et épistémologiques, qu’ils soient classiques ou contemporains. Bureau : Gerald Bronner, Guillaume Erner, Jean-Christophe Marcel Contact : Pierre Demeulenaere, Gerald Bronner Site internet : Réseau Thématique 36 Responsables : Pierre Demeulenaere (Université Paris 4 Sorbonne) L’analyse sociologique est descriptive et explicative. Que les données retenues soient des données quantitatives ou qualitatives, le passage d’une description à une explication pose le problème de l’analyse causale : à partir de quel moment peut-on légitimement dire « parce que » et proposer une explication satisfaisante d’un phénomène social quelconque? Le débat a été, historiquement, partagé entre une référence à l’existence de lois, dans une perspective positiviste, qui permettent d’établir des relations de causalité, et un refus de l’existence de telles lois. L’acceptation de lois pose le problème de leur repérage : existe-t-elles réellement dans le cadre de la vie sociale ? Si elles peuvent être repérées, est-ce à un niveau micro, ou à un niveau macro ? Sont elles assimilables à des lois de la nature ? Si tel n’est pas le cas, peut on véritablement parler de lois ? Quel est par ailleurs le statut de l’analyse des corrélations statistiques interprétées en termes de causalité ? Est il légitime de parler réellement de causalité à leur propos, comme cela est communément fait depuis Durkheim ? Au contraire, si l’on refuse la notion de lois, sur quelles bases peut on proposer des explications ? A partir de quel moment peut on légitimement dire « parce que », et introduire des relations de causalité ? Les explications sociologiques sont partagées entre deux écueils : accepter l’idée de causalité semble impliquer de renvoyer au repérage de lois du comportement, ou de lois de la société, qu’il est souvent difficile d’établir, eu égard à la multiplicité des cas repérables, et à la difficulté de dépasser l’ individualité des situations ; inversement, refuser de telles lois rend difficile l’usage de la notion d’explication, de causalité, ou tout simplement le recours à la locution « parce que ». Sur quelles bases établir des explications si l’on ne peut établir de claires relations de causalité ? Le développement récent de la sociologie analytique (Peter Hedström, Dissecting the social, Cambridge University Press 2005) insiste sur l’importance de la notion de mécanisme comme mode fondamental de l’explication en sciences sociales : par exemple les mécanismes explicatifs du renforcement des inégalités, les mécanismes de ségrégation urbaine etc. Les mécanismes apparaissent ainsi comme un mode d’explication qui échappe aux difficultés de la référence à des lois, et qui permette d’élucider les relations « causales » entre variables macro. Toutefois, les liens de la notion de mécanisme avec la question de la causalité restent problématiques, dans la mesure où il semble difficile de parler de mécanisme sans mettre en évidence des relations de causalité, ce qui renvoie à nouveau à l’élucidation de leur statut. Cette notion de mécanisme doit aussi être confrontée (comme le problème de la causalité) à l’historicité du monde social : comment concilier l’insistance sur la notion de mécanisme qui prend toujours pour base des processus repérables et répétables de la vie sociale, et le caractère évolutif, incertain, et en partie imprévisible des changements sociaux ? Le but de cette rencontre de Grenoble devrait donc permettre de préciser deux points centraux pour toute investigation sociologique:
Les propositions de communication doivent être envoyées à Pierre.Demeulenaere (pierre.demeulenaere@gmail.com) avant le 28 janvier sous forme d’un résumé d’environ 300 mots. Lire l'appel à communication du RT 36 en format pdf
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