Responsable(s) :
Marie Jacqué et Florence Rudolf
Descriptif :
Les manières dont les sociétés contemporaines réagissent aux questions écologiques et environnementales intéressent les sociologues à travers le monde depuis une bonne trentaine d’années. De nombreux travaux de recherche empiriques et, plus récemment, des vastes synthèses portant sur le devenir de la modernité face à la question écologique et aux risques technologiques constituent désormais un corpus considérable.
Notre réseau thématique «Sociologie de l’environnement et des risques» a pour visée de rassembler les chercheurs confirmés et les apprentis sociologues qui travaillent sur des thématiques variées en sociologie de l’environnement : épistémologie, institutions et acteurs, pratiques quotidiennes et modes de vie, opinions et valeurs, politiques de l’environnement, changements culturels, rapports à la nature et à l’environnement.
Bureau : Christophe Baticle, Jacqueline Candau,Anahita Grisoni, Céline
Guilleux, Sophie Némoz
Contact :
Michelle
Dobré
Site internet :
http://rtf38afs.free.fr (responsable Philippe Boudes)
Appel à communications du RT 38
« Sociologie de l’environnement et du risque »
Congrès de l’AFS, Grenoble 2011.
Le RT 38 organise à l’occasion du congrès 2011 une session plénière et trois sessions communes avec d’autres réseaux thématiques ou groupe de travail, respectivement le RT1 « Savoirs, travail, professions », le RT19 « Sociologie de la santé » et le GT44 GT « Justice sociale et sentiments d’injustice ».
Les propositions de communication tant pour la session plénière du RT 38 que pour les sessions en collaboration avec les autres RT doivent toutes être adressées à l’adresse suivante RT38@misha.fr.
Les propositions devront comporter un titre, le nom des auteurs et leur rattachement institutionnel, 5 mots clefs et un résumé de 500 mots. Elles devront impérativement indiquer la session à laquelle elles souhaitent être rattachées.
La date limite d’envoi des propositions est le 25 janvier 2011.
1) Appel à communication pour la session plénière du RT 38 :
Qu’il se décline comme nouveau paradigme cognitif, épistémologique ou politique et social, l’environnement encore qualifié d’écologie politique est doté d’un fort potentiel de créativité et d’innovation sociétale.
Le réseau thématique « sociologie de l’environnement et du risque » invite à l’exploration de ce potentiel dans différentes directions :
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Regard rétrospectif sur l’impact de la « révolution écologique » sur les principales institutions modernes que sont la science, la démocratie, le travail et la famille, dans l’esprit d’une interprétation de la crise écologique inspirée par Ulrich Beck et d’un élargissement de ce regard en y intégrant de nouveaux aspects de la crise écologique, dont les risques d’effondrement de la biodiversité et d’emballement du système de régulation du climat, par exemple…
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Parallèlement à cette lecture inspirée de la société du risque (Beck, 1986 ; 2001), on pourrait investir d’autres dimensions de la vie sociale comme le rapport aux corps, à ses enveloppes, ses extensions et ses techniques, à travers l’étude des nouvelles formes du produire, du manger et du consommer dans le cadre de la « révolution écologique », ainsi que celles du construire et de l’habiter, de se soigner, mais également de mouvoir, de travailler, se cultiver, de faire famille, communauté et cité… Ces thèmes rejoignent l’approche institutionnelle si ce n’est qu’ils le font du point de vue des pratiques. C’est donc à une perspective plus anthropologique que la première que ce deuxième point fait référence.
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L’approfondissement des modalités de ces formes de créativité, via l’étude des acteurs mobilisés et des circonstances de telles mobilisations et des formes d’institutionnalisation caractéristiques qui s’ensuivent pourrait, enfin, constituer une orientation possible permettant d’articuler les deux premiers points. Les études donnant à voir et à penser les territoires de ces innovations ainsi que leur capacité à s’organiser en réseaux et de manière pérenne seront particulièrement bienvenues dans cette perspective. Un des enseignements des comparaisons nationales autorise à penser que certains pays et cultures semblent plus équipés et outillés dans l’institutionnalisation de l’écologie que d’autres. Des propositions relatives aux arrière-plans structurels et conjoncturels de ces dispositions seraient particulièrement appréciées.
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Une autre piste d’exploration possible du thème du congrès concerne le devenir de ces innovations, voire leur dévoiement. Toutes les innovations sont amenées à l’instar des œuvres humaines à s’émanciper des imaginaires et des intentions qui les ont insufflées. Qu’en est-il des innovations écologiques ? Il suffit de penser aux technologies propres pour saisir qu’aussi bien intentionné soit le mouvement qui les a portées, aucun processus, produit ou service ne peut prétendre échapper à des effets pervers, associés en partie à des effets de seuils, voire à l’instauration de nouvelles formes de dépendance. On s’intéressera plus particulièrement à des success stories et leur retour de boomerang que ce soit dans des domaines d’ores et déjà bien documentés comme celui des déchets, du recyclage et des énergies renouvelables ou plus incertains, en raison de l’état actuel de leur développement, comme le secteur de la location de produits, de machines, de véhicules comme alternative à la propriété comme exemple parmi d’autres de toutes les nouvelles niches de l’économie verte…
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L’ensemble de ces déclinaisons de la crise écologique prend sens, enfin, dans des territoires. Le territoire, plus qu’un seul support ou réceptacle, est façonné et façonne en retour cette « révolution écologique ». De son aménagement à son ménagement (Marié 2004), le cheminement n’est pas linéaire, et la complexité surgit des apparents consensus tels que l’ainsi nommé développement durable. Entre spécialisation accrue - entre mise sous cloche ici et béton là-bas -, et confusion, hybridation héritée d’un brouillage des anciennes dichotomies (urbain/rural, production/protection, …), on assiste à l’émergence de débats, dont le caractère inédit profite parfois à l’affirmation de nouvelles catégories d’acteurs et d’action…
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Un sixième point, enfin, est dédié à l’exploration des textes qui accompagnent ces « révolutions » et alimentent l’imaginaire et l’audace des acteurs qui s’y dévouent. Il pourrait donner lieu à des lectures et des confrontations.
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2) Appel à propositions pour la session conjointe avec le RT1 « Savoirs, travail, professions »
Une session Ecologisation des métiers et gouvernement des conduites conjointe avec le RT1 « Savoirs, travail, professions », interrogera la réalité et l’extension de la « révolution écologique » du point de vue des professions : dans quelle mesure la montée de la modernisation écologique dans les discours et les politiques publiques se traduit-elle dans les pratiques et les identités professionnelles ? On s’intéressera à l’émergence de métiers dits verts et à la transformation de métiers traditionnels dont on peut penser qu’ils sont fortement influencés par cette « révolution » (agriculture, sylviculture, ingénierie de la conception, petite et grande distribution…). On examinera le jeu entre redéfinition et permanence des identités, des normes et des pratiques professionnelles ainsi que les tensions et les dispositifs socio-techniques qui lui sont sous-jacents. Les arguments par lesquels les professionnels justifient leur « mandat » en mettant en avant les bienfaits écologiques résultant de leur intervention ou en minorant les dégâts, ainsi que les formes de « licence » (droits et possibilités réservés aux professionnels) qu’ils revendiquent feront l’objet d’une attention particulière, de même que les jeux d’alliances, les tensions et rivalités entre groupes professionnels que fait naître cette écologisation des pratiques et des discours.
Les propositions attendues pourront être à caractère monographique et porter sur un métier particulier ou être plus transversales et concerner une configuration de métiers.
Leur sélection sera menée de façon conjointe entre les RT 1 et RT 38 et doivent pour cela être adressées à Charles Gadea charles.gadea@uvsq.fr et à RT38@misha.fr
3) Appel à propositions pour la session conjointe avec le RT19 « Sociologie de la santé »
Quel regard et quels questionnements la sociologie porte-t-elle aujourd’hui sur les risques sanitaires environnementaux, sur les acteurs concernés à différents titres par ces questions, sur leurs manières de se coordonner ou de se « désaccorder » ? Ces questions, largement relayées par les médias, s’inscrivent au croisement de la science, de l’action publique et de la société. Les propositions attendues pour cette session conjointe sont ouvertes à toute approche et tout objet relevant de cette thématique : risques « industriels » (explosion de type AZF, etc.) ou « naturels » (inondations, réchauffement climatique) ; considérés aux échelons supranationaux, nationaux ou territoriaux ; pathologies et agents pathogènes reconnus : amiante, saturnisme, pollution de l’air, de l’eau, des sols et de la chaîne alimentaire par des éléments toxiques ou infectieux, etc. ; risques controversés ou émergents (OGM, ondes électromagnétiques, nanomatériaux, nouvelles épidémies, etc.) ; risques « orphelins » (radon, « plombages » dentaires, etc.). Les axes et problématiques mentionnés ci-dessous le sont donc à titre indicatif.
Les relations entre experts, administrations et collectivités territoriales, décideurs, professionnels de santé, populations. On parle fréquemment de démocratie sanitaire ou de démocratie technique pour désigner l’ensemble des pratiques d’information, de communication et d’intervention sur la santé et l’environnement initiées en direction ou en concertation avec des usagers, des citoyens, des populations riveraines ou générale. Que ressort-il de l’examen de ces pratiques à l’issue des investigations conduites sur le terrain ? Les univers respectifs des experts d’une part, des citoyens-profanes de l’autre, que l’on distingue fréquemment, présentent en fait des espaces de recouvrement (par exemple l’expert militant ou le citoyen expert) et apparaissent en outre parcourus par diverses lignes de tension (doctrinales, politiques, institutionnelles, associatives). Quels sont les objets et les postures élaborés par la recherche en sociologie à tous ces égards ?
Les formes de mobilisation citoyenne sont nombreuses et diversifiées. Certaines s’organisent sur la base d’un ancrage local et territorialisé associé le plus souvent à une situation particulière : incinérateur ou autre équipement collectif, industrie polluante, sols ou bâtiments contaminés, etc. D’autres se réfèrent à un thème donné et ont une inscription nationale (grandes associations militantes, associations de malades (victimes de l’amiante, électro-hypersensibles, etc.). Pourront être questionnés à ce propos les types de relation que les chercheurs entretiennent avec leurs interlocuteurs de terrain (externalité académique, partage de projets, échanges et retour d’information).
Nouveaux risques, nouveaux débats sociétaux, nouvelles recherches ? Faisant écho au thème général du congrès, on pourra s’interroger, notamment à partir de travaux portant sur des risques émergents (nouveaux agents infectieux, nanomatériaux, produits chimiques « innovants », etc.) sur l’éventuel renouvellement de la réflexion sur environnement et santé par les « nouveaux problèmes ». Retrouve-t-on, peu ou prou, les mêmes grands paradigmes dans la construction sociale des risques sanitaires environnementaux ou bien les nouveaux risques sous-tendent-ils des configurations sociétales innovantes dans la manière de s’en saisir ?
La sélection des communications sera menée de façon conjointe entre les RT 19 et RT 38 et doivent pour cela être envoyées à Françoise Bouchayer (bouchayer@univmed.fr) et à RT38@misha.fr
4) Appel à propositions pour la session conjointe avec le GT44 « Justice sociale et sentiments d’injustice »
3. Une session consacrée à la « justice environnementale » est organisée conjointement avec le GT 44. Initié à l’occasion du dernier congrès de l’AFS, le GT « Justice sociale et sentiments d’injustice » s’est structuré autour de l’idée qu’il y avait place pour un questionnement examinant à nouveaux frais des problématiques initialement liées à la sociologie des inégalités, du travail, de l’éducation, ou encore à la sociologie morale et politique.
Des communications sont ainsi attendues sur le thème de la « justice environnementale » :
- En quoi une approche en termes de justice contribue-t-elle à modifier la manière dont les questions environnementales sont pensées dans le champ sociologique et formulées dans le débat public ? Comment et en réponse à quels types de demande la notion de justice environnementale a-t-elle émergé dans le domaine des politiques de développement durable ? Dans quelle mesure des notions comme celles d’équité environnementale ou d’aménité restent-elles par exemple tributaires d’une lecture économiciste de la pensée rawlsienne ?
- On pourra également interroger l’articulation entre questions de justice et questions environnementales au niveau des « macro-acteurs » (Organisation Internationale du Travail…) ou des « micro-acteurs » (objecteurs de croissance…), afin de mettre en évidence les formes d’hybridation conceptuelle (« mondialisation équitable ») et les pratiques sociales innovantes ou contestataires (antiproductivisme, simplicité volontaire, coopération, partage) auxquelles elles sont associées.
- Quid enfin des liens entre justice spatiale et justice sociale ? Dans quelle mesure une lecture conjuguant ces deux thèmes permet-elle de dévoiler à la fois des mécanismes de production spatiale des injustices et d’instrumentalisation politique des espaces ou des territoires ? Comment l’action sociale de proximité et son pilotage administratif s’organisent ou se réorganisent autour de schèmes de classement (redistribution environnementale, solidarité territoriale…) où la dimension spatiale est très fortement marquée ?
Les propositions se rapportant à cette session RT 38 – GT 44
sont à envoyer à l’adresse RT38@misha.fr et à Frédéric Gonthier frederic.gonthier@iep-grenoble.fr
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