Responsable(s) :
Valérie Caillet,
Régis Cortesero,
Frédéric Gonthier
Descriptif :
L’émergence tardive d’un objet sociologique
Aujourd’hui incontournable et présente sous de multiples formes dans le débat public, la question de la justice sociale n’a été constituée que tardivement en France comme un objet sociologique à part entière. Si les analyses de Bourdieu et Passeron peuvent être considérées comme précurseurs dans la mesure où elles soulignent la place de la rhétorique méritocratique dans la reproduction des inégalités sociales d’accès à l’enseignement supérieur, il faut néanmoins attendre le milieu des années 90 pour que cette question s’autonomise et que les différentes formes de justice sociale soient étudiées en tant que telles. On peut rendre compte de cette émergence tardive en invoquant des facteurs externes et des facteurs internes au champ sociologique.
D’abord, les intérêts de connaissance des sociologues pour la question de la justice sociale ne sont pas sans liens avec les préoccupations des pouvoirs publics. Le Commissariat général du Plan sera ainsi à l’origine, au début des années 90, d’un ensemble de réflexions qui mobiliseront les théories de la justice pour éclairer à nouveaux frais la question des inégalités. Ces réflexions donneront lieu à la publication de deux ouvrages collectifs, où les sciences sociales seront notamment représentées par Robert Castel, Mary Douglas, François Dubet, Jon Elster, Albert O. Hirschman, Laurent Thévenot et Alain Touraine (Affichard et de Foucauld, 1992, 1995). Dans une perspective analogue, la MIRE et la Drees initieront en 1999-2000 un séminaire de recherche qui se traduira par la parution de trois volumes auxquels prendront part des sociologues comme Colette Bec, Louis Chauvel, Mireille Elbaum, Dominique Merllié, Roland Pfefferkorn, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Daniel et Le Clainche, 2000).
L’émergence de la question de la justice sociale dans le champ sociologique est donc étroitement liée à son apparition dans les politiques publiques. Elle coïncide, de ce point de vue, avec la persistance des inégalités sociales en France depuis le tournant des années 1980-1990 et avec leur renforcement au cours des dix dernières années dans le domaine des revenus, de l’éducation ou de l’emploi (Observatoire des inégalités, 2006). Elle coïncide encore, dans le débat citoyen, avec une exacerbation de la sensibilité collective à l’égard des inégalités, partiellement imputable à leur visibilité accrue sur la scène publique par la médiatisation des thèmes de l’exclusion, de la « fracture sociale » ou du pouvoir d’achat.
La question de la justice sociale ouvre par-là même sur les attitudes et sur les pratiques courantes des individus. Malgré quelques travaux pionniers (cf., notamment, Homans, 1974), l’étude des « conduites relatives à la justice dans la vie réelle » (Elster, 1995b, p. 84) est, elle aussi, l’objet d’une attention toute récente. Probablement l’influence de nouvelles grilles de lecture de la société, plus attentives à la manière dont le lien social s’organise par la juxtaposition d’agencements locaux (Friedberg, 1993), explique-t-elle en partie cet intérêt récent. Dans une société conçue comme pluraliste et individualiste (Bellah, 1996), le Vrai et le Juste cesseraient d’être définis d’en haut (Lyotard, 1979) de sorte que la résolution des questions morales relèverait surtout de l’activité et du travail des acteurs en situation (Rosanvallon, 1995). Les sociologues seraient ainsi conduits à déplacer leur regard, l’interrogation sur les mécanismes globaux de légitimation cédant le pas à l’observation in situ des procédures de justification par lesquels les individus construisent des modalités de coopération que chacun pourra considérer comme juste.
L’émergence tardive de la question de la justice sociale dépend, par extension, de facteurs internes au champ sociologique. L’apparition de nouveaux paradigmes, délaissant les seules structures pour resituer l’activité des acteurs dans la dynamique de la vie sociale, ouvre la voie à une interrogation sur le sens ordinaire de la justice. Celui-ci est en effet mis en œuvre par des acteurs dotés de compétences et de capacités critiques. Il décrit « ce dont les gens sont capables » (Boltanski, 1990) et ces aptitudes sont désormais prises au sérieux. La question de la justice sociale s’introduit ainsi progressivement en sociologie, depuis le milieu des années 90, sous la forme d’une confrontation des théories et des idéologies dominantes aux données empiriques et aux observations de terrain. La discipline reproduit d’ailleurs en cela la manière dont l’objet « justice sociale » s’est institutionnalisé, dans des disciplines connexes comme la psychologie sociale (Kellerhals, Modak et Perrenoud, 1997) ou les sciences de l’éducation (Meuret, 1999), par la multiplication des études empiriques et des reformulations théoriques sur le sentiment de justice ou sur l’équité.
Des travaux théoriquement pluriels
L’apparition récente de la justice sociale dans le champ sociologique français contraste avec la forte reconnaissance académique dont cet objet bénéficie, depuis la fin des années 80, en philosophie, en économie voire en droit. La réticence des sociologues à investir l’objet « justice sociale » peut ainsi être interprétée comme un effet de la division du travail intellectuel attestant, via la prévalence des théories philosophiques et économiques sur le marché intellectuel, de la faible légitimité académique d’une approche non formelle des principes, des jugements ou des sentiments de justice.
Il existe néanmoins aujourd’hui plusieurs travaux sociologiques qui prennent la justice sociale pour objet spécifique. Aboutissant le plus souvent à des résultats empiriques convergents voire complémentaires, ces travaux se distinguent surtout par la divergence de leurs orientations théoriques. Certaine approches considèrent que les formes de justice sont surtout issues de l’activité concrète des individus ou des groupes sociaux. Elles s’intéressent ainsi aux modes de justification des inégalités, aux formes d’accord qu’elles mettent en jeu et aux conceptions du bien commun sur lesquelles elles reposent (Boltanski, 1990 ; Boltanski et Thévenot, 1997), à la variété des principes de justice et à la façon dont les acteurs les investissent (Elster, 1995a ; Dubet, 2005 ; Dubet et al., 2006), ou encore à la multiplication des référentiels de justice dans l’espace public et à la manière dont les dimensions psychologiques de l’injustice peuvent être objectivées dans des cadres d’action collective (Derouet, 1992 ; Thévenot, 1995 ; Fassin, 2001 ; Baudelot, Gollac et al., 2003 ; Gonthier, 2008). D’autres approches appréhendent surtout la question de la justice sociale en termes normatifs. Elles soulignent ainsi les qualités socialement cohésives des normes de justice (Kellerhals, Coenen-Huther et Modak, 1988 ; Boudon, 1995 ; Demeulenaere, 2003), le caractère fortement consensuel des croyances relatives à la justice sociale (Dubet, 2004 ; Duru-Bellat, 2006), ou encore la dimension cumulative des grands principes de justice (Forsé et Parodi, 2005 et 2006).
Le questionnement sur les formes de justice n’échappe pas, en ce sens, aux clivages et aux débats qui traversent notre discipline. Il occupe notamment une position ambiguë par rapport à la thématique des inégalités sociales. D’un côté, il tend à prolonger la question des inégalités en invitant par exemple à interroger, via la notion d’« inégalités justes », une tendance générale à la psychologisation des rapports sociaux et à l’individualisation de la perception des inégalités. Mais d’un autre côté, la thématique de la justice sociale tend également à se substituer à la question des inégalités en insistant par exemple sur la multiplication des référentiels de justice (diversité, autonomie, équité, besoin, discrimination positive, mérite…) et sur les tensions qu’ils entretiennent avec le référentiel, lui aussi passablement équivoque, d’égalité. Dans cette perspective, la thématique de la justice sociale est encore souvent considérée comme faisant écran à la question des inégalités sociales (Pfefferkorn, 2007), non sans raison si l’on considère ses usages politiques dans l’espace public ou les stratégies d’appropriation dont elle peut faire l’objet de la part de certains groupes sociaux.
Enjeux et programme d’une sociologie de la justice sociale
Le groupe de travail « Justice sociale et sentiments d’injustice » a pour vocation de réunir les doctorants, les enseignants-chercheurs et les chercheurs en sciences sociales qui travaillent à titre principal sur la justice sociale, ou qui rencontrent cette thématique par la bande d’autres objets et d’autres interrogations.
Il se propose ainsi d’ouvrir un espace de réflexion, d’échange et de débat sur l’ensemble des questionnements qui engagent les domaines suivants : les différents principes de justice et la manière dont ils coexistent ; les grandes représentations de la justice sociale et la façon dont elles accompagnent la perception des inégalités dans le sens commun ; les jugements de justice formulés par les individus et les justifications qu’ils déploient pour les appuyer ; les sentiments de justice et les expériences sociales qui leur sont sous-jacentes. Attaché à exprimer la pluralité des courants de recherche et des méthodes, le GT s’intéresse également aux interrogations historiques et comparatives dans l’analyse des formes de justice sociale.
Un des objectifs du GT étant d’adresser à l’objet des questions épistémologiques, théoriques et empiriques, on s’attachera notamment à développer les axes suivants :
- Quelle histoire intellectuelle de la question de la justice en sociologie ? Si le questionnement sur la justice sociale considérée en elle-même semble récent, sa prise en compte par la pensée sociale ne l’est pas : alors qu’une exigence de justice constitue l’horizon de la pensée de Marx, les « types de solidarité » de Durkheim sont mobilisés au tournant du siècle, notamment par Léon Bourgeois, comme fondement d’une tentative pour repenser le contrat social et politique à la lumière des acquis des sciences sociales… Une vaste série d’interrogations s’articule ainsi à un regard rétrospectif sur la thématique de la justice : comment les pères fondateurs ont-ils traité cette question ? Comment s’est-elle historiquement articulée à une préoccupation plus directement sociologique relative à la normativité du social ? Comment, au bénéfice de quelles ruptures, selon quels principes de continuité, le questionnement sociologique actuel sur la justice émerge-t-il … ?
- Etat de l’art raisonné, tant au point de vue théorique que des résultats empiriques. Quelles sont les approches en présence aujourd’hui ? Où situer les lignes de clivages ? Quelles relations entretiennent-elles avec les paradigmes plus englobants en usages aujourd’hui ? On s’intéressera ici à la fois aux apports des grandes théories de la justice et des données empiriques issues des grandes enquêtes nationales ou internationales où figurent différents items relatifs à la justice sociales (ISSP, EVS, suivi barométrique Drees, ISJP).
- Situation de la sociologie face aux autres disciplines : économie, philosophie, psychologie sociale, sciences de l’éducation, droit, géographie sociale ... Le caractère tardif de l’intérêt des sociologues pour cette question oblige à s’intéresser aux apports de ces disciplines connexes. De fait, la plupart des entreprises théoriques et empiriques dans le domaine de la justice sociale et des sentiments d’injustice exploitent leurs résultats et discutent leurs hypothèses. La question des rapports entre disciplines se pose donc ici de manière particulièrement aiguë : la sociologie permet-elle de construire un point de vue spécifique sur la justice sociale ? Quel dialogue peut-elle établir avec les autres disciplines ? En quoi s’en nourrit-elle et quelle contribution peut-elle leur apporter ?
- Sociologies spécialisées et justice sociale. La problématique de la justice sociale peut aussi être posée en raison de la spécificité d’un objet. Les sociologies du droit, de la santé, des organisations, de l’éducation, des problèmes sociaux, des politiques publiques etc… sont toutes conduites, à un moment ou un autre, à s’interroger sur les règles de répartition de biens rares, sur la formation, la légitimation et la réception de ces règles, sur les sentiments de justice ou d’injustice des personnes… Comment chacune de ces spécialités rencontre et traite ces questions ? Par delà le morcellement des approches et des objets, quelles hypothèses, quelles références communes ?
Le GT « Justice sociale et sentiments d’injustice » visera donc à circonscrire les limites de ces domaines d’études en initiant ou en favorisant des collaborations avec l’ensemble des réseaux thématiques qui travaillent sur des objets connexes. Il visera également, à long terme, à mettre en place des formules d’échange avec les associations ou avec les réseaux du même type qui existent dans d’autres pays.
A plus court terme, on entend faire le point sur l’état des connaissances et des recherches dans le domaine de la justice sociale. A l’occasion du troisième Congrès de l’Association Française de Sociologie, un ensemble d’ateliers seront mis en place et réuniront des contributeurs chargés de poser les jalons d’une discussion à laquelle tous les participants pourront prendre part. Ces ateliers permettront, non seulement d’opérer une première série de synthèses, mais aussi de proposer un ensemble de discussions concernant les différentes définitions et mesures possibles de la justice sociale. Il s’agit ainsi de créer les conditions d’une discussion pérenne et de baliser un espace de réflexion commun à des chercheurs engagés sur des terrains et des objets multiples.
Le GT élira également son premier Bureau lors de ce troisième Congrès.
Références bibliographiques
Affichard J., de Foucauld J.-B. 1992 (dir.). Justice sociale et inégalités. Paris : Ed. du Seuil.
– 1995 (dir.). Pluralisme et équité. La justice sociale dans les démocraties. Paris : Ed. du Seuil.
Baudelot C., Gollac M., et al. 2003. Travailler pour être heureux ? Paris : Fayard.
Bellah R. et al. 1996. Habits of the heart, individualism and commitment in America life. Berkley: University of California Press.
Boltanski L. 1990. L'Amour et la Justice comme compétences. Trois essais de sociologie de l'action. Paris : Métailié.
Boltanski L., Thévenot L. 1997. De la justification. Les économies de la grandeur. Paris : Gallimard
Boudon R. 1995. Le juste et le vrai. Etudes sur l’objectivité des valeurs et de la connaissance. Paris : Fayard.
Demeulenaere P. 2003. Les normes sociales entre accords et désaccords, Paris : PUF.
Daniel C., Le Clainche. 2000 (éd.). Définir les inégalités. Des principes de justice à leur représentation sociale. Paris : Ministère de l’emploi et de la solidarité (Mission recherche-DREES, coll. MIRE).
– 2000 (éd.). Mesurer les inégalités. De la contribution des indicateurs aux débats sur les interprétations. Paris : Ministère de l’emploi et de la solidarité (Mission recherche-DREES, coll. MIRE).
– 2000 (éd.). Réduire les inégalités. Quel rôle pour la protection sociale ? Paris : Ministère de l’emploi et de la solidarité (Mission recherche-DREES, coll. MIRE).
Derouet J.-L. 1992. Ecole et justice. De l’égalité des chances aux compromis locaux. Paris : Métailié.
Dubet F. 2004. L’école des chances. Qu’est-ce qu’une école juste ? Paris : Ed. du Seuil.
– 2005. Propositions pour une syntaxe des sentiments de justice dans l’expérience de travail. Revue Française de Sociologie, vol. 46, n° 3, p. 495-528.
Dubet F. et al. 2006. Injustices. L’expérience des inégalités au travail. Paris : Ed. du Seuil.
Duru-Bellat M. 2006. L’inflation scolaire. Les désillusions de la méritocratie. Paris : Ed. du Seuil.
Elster J. 1995a. Justice locale et répartition des biens médicaux. In Affichard J., de Foucauld J.-B. (dir.), Pluralisme et équité. La justice sociale dans les démocraties. Paris : Ed. du Seuil.
- 1995b, The Empirical Study of Justice , chap. 4 in Miller D., Walzer M. (eds.), Pluralism, Justice and Equality, Oxford: Oxford University Press.
Fassin D. 2001. Charité bien ordonnée. Principes de justice et pratiques de jugement dans l’attribution des aides d’urgence, Revue française de sociologie, vol. 42, n° 3, p. 437-475.
Forsé M., Parodi M. 2005. Les opinions économiques et leurs raisons dans l’Union Européenne. Les effets d’une préséance de la justice sociale. La Revue de l’OFCE, n ° 92, p. 193-220.
– 2006. Justice distributive. La hiérarchie des principes selon les Européens. La Revue de l’OFCE, n° 98. p. 211-219.
Friedberg E. 1993. Le pouvoir et la règle. Paris : Ed. du Seuil.
Gonthier F. 2008. Justice sociale et action publique. Des principes à leur mise en oeuvre. Coll. Problèmes politiques et sociaux, n° 949-950, juin-juillet, Paris : La documentation française.
Homans G. 1974. Social Behavior. Its elementary forms. New York: Harcourt, Brace.
Kellerhals J., Coenen-Huther J., Modak M. 1988. Figures de l’équité. Ed. duParis : PUF.
Kellerhals J., Modak M., Perrenoud D. 1997. Le sentiment de justice dans les relations sociales. Paris : PUF.
Observatoire des inégalités. 2006. L’état des inégalités en France. Paris : Belin.
Lyotard J-F. 1979. La condition post-moderne. Paris, Les Éditions de Minuit.
Meuret D. (éd.) 1999. La justice du système éducatif. Bruxelles : De Boeck Université.
Pfefferkorn R. 2007. Inégalités et rapports sociaux. Rapports de classe, rapports de sexes. Paris : La Dispute.
Rosanvallon P. 1995. La nouvelle question sociale. Paris : Ed. du Seuil.
Thévenot L. 1995. L’action publique contre l’exclusion dans des approches pluralistes du juste. In Affichard J., de Foucauld J.-B. (dir.), Pluralisme et équité. La justice sociale dans les démocraties. Paris : Ed. du Seuil.
Bureau :
Contact :
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Appel à communications du GT 44 « Justice sociale et sentiments d’injustice » pour le congrès de Grenoble 2011
« Innovation et création »
Initié à l’occasion du dernier congrès de l’AFS, le GT « Justice sociale et sentiments d’injustice » s’est structuré autour de l’idée qu’il y avait place pour un questionnement examinant à nouveaux frais des problématiques initialement liées à la sociologie des inégalités, du travail, de l’éducation, ou encore à la sociologie morale et politique.
Les quatre sessions organisées en 2009 ont permis d’éprouver la fécondité heuristique d’une lecture en termes de « justice sociale » et de faire un premier état des recherches menées dans ce domaine. En 2009-2010, la co-organisation, avec le GRECO, du séminaire de l’EHESS « Dilemmes moraux pratiques et justice sociale » a conduit à mettre l’accent sur les contradictions sociales et sur les conflits axiologiques qui pouvaient présider aux choix collectifs comme aux choix individuels en matière de justice sociale.
On a ainsi remarqué que les expériences du « juste » et de l’« injuste » gagnaient à être comprises sous la forme de jugements moraux adossés à des régimes d’actions pratiques qui font signe, non seulement vers des normes socialement dominantes, mais aussi vers des principes susceptibles d’être investis par les acteurs et les groupes sociaux de manière très variable. On a également souligné combien les sentiments ordinaires d’injustice pouvaient être éclairés à la mesure de principes de justice qui sont sous-tendus, d’un côté par la mise en oeuvre de compétences critiques de la part des individus, et d’un autre côté par une tendance plus globale à l’individualisation et à la psychologisation des rapports sociaux.
Appel à communications propre au GT 44
Le congrès de Grenoble 2011 sera l’occasion de faire un pas supplémentaire dans cette direction. En lien avec le thème du congrès, l’accent sera mis sur les processus d’innovation et de création afférents à la question de la justice sociale. Prenant note du caractère plutôt récent de l’introduction de cette thématique dans les sciences sociales, le questionnement pourra se déployer dans deux directions :
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Les approches de la justice sociale comme facteurs d’innovation scientifique et d’enrichissement de l’outillage sociologique. Quels sont les apports de cette thématique à la recherche et à la compréhension du social ? Quelles nouvelles approches et méthodes se saisissent de la question de la justice sociale ? Réciproquement, on pourra aussi se demander comment la prise en charge sociologique de la notion de justice contribue à enrichir la compréhension de ce concept « transfuge » de la philosophie politique et morale.
- La justice sociale comme vecteur d’innovation sociale. Quelles dynamiques sociales de transformation et d’innovation les questionnements sur la justice sociale portent-ils ou aident-ils à éclairer ? En quoi une interrogation en termes de justice sociale peut-elle alimenter une sociologie du changement ?
Les communications pourront traiter ces différentes questions sur un plan conceptuel autant qu’empirique. Les propositions s’intéressant à des problèmes sociaux concrets et s’appuyant sur des résultats d’enquête quantitatifs ou qualitatifs sont particulièrement encouragées. Plusieurs entrées peuvent être envisagées.
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La première est une entrée par la question de la normativité. Les questions de justice seront alors appréhendées dans leurs dimensions épistémiques, selon leurs liens aux normes, aux usages, aux présupposés qui fondent la vie sociale. Comment des questions et des thèmes antérieurement associés à la seule sphère privée, ou aux nécessités du destin, de la nature, de la biologie, etc., accèdent-ils aux débats publics sur la justice sociale ? Comment ce qui était naturalisé devient alors objet de délibérations et de critiques ? Autrement dit, comment émergent et se construisent les enjeux collectifs liés à la « justice sociale » ?
De façon complémentaire, les communications pourront aussi porter sur les mécanismes de clôture, d’exclusion, d’invalidation, qui balisent l’espace de ce qui est socialement constitué en problème de justice. Existe-t-il des inégalités « non perçues comme telles », des demandes sociales interdites ou empêchées ? Quelles sont-elles et quels sont les mécanismes en jeu ? Relèvent-ils de formes de pouvoir, de dynamiques pragmatiques, de mécanismes cognitifs ? etc.
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Une autre entrée pourra inscrire la référence à la justice sociale dans une interrogation sur ses différents usages sociopolitiques, et notamment sur les stratégies d’appropriation dont elle peut faire l’objet. Comment décrire et analyser le « travail » de formulation par les individus et les collectifs de problèmes en termes de justice ? Comment les acteurs « cadrent-ils » les enjeux de mobilisation en termes de justice et d’injustice ? Comment la (re)formulation en termes de justice d’objectifs, d’intérêts ou de prérogatives permet-elle à des groupes ou à des mouvements sociaux d’accéder à la scène publique et de se faire entendre dans le débat citoyen ?
On pourra ainsi s’intéresser aux liens manifestes ou latents entre la question de la justice sociale et la question de la multidimensionnalité des inégalités. Comment la référence à la justice sociale permet-elle de penser de manière conjointe les catégories sociales d’ « ethnie », de classe et de genre ? Comment se réalise l’inscription dans l’espace public des mouvements sociaux qui, à la manière de la troisième vague féministe, s’appuient sur une analyse intersectionnelle des rapports sociaux ?
D’une manière plus générale, toutes les communications travaillant ces questions autour de la justice sociale, telles qu’elles se trouvent en jeu dans les domaines les plus divers de la vie sociale - famille, école, travail, territoire, santé, environnement, religion, droit, sport, etc. -, sont les bienvenues. De façon plus ciblée, elles pourront examiner les domaines suivants :
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L’élargissement des affirmations et des revendications d’égalité : genre, handicap, âge, ethnicités, affirmation des singularités culturelles, etc.
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La revendication et l’administration de « droits » : discriminations, problématiques et agencements pratiques liés aux questions multiculturelles dans les mondes du travail, de l’entreprise, de la ville, droits des peuples et des cultures, questionnements sur la justice « postcoloniale », etc.
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les objets ou les interrogations émergents dans différents domaines de la sociologie : la sociologie du travail et des organisations ; la socio-anthropologie des émotions, du corps, de la santé, etc., et leurs liens avec la question de la justice sociale.
Plusieurs séances jointes sont également programmées avec le RT4 « Sociologie de l’éducation et de la formation », le RT9 « Sociologie de l’urbain et des territoires » et le RT38 « Sociologie de l’environnement et des risques ». Des communications sont ainsi attendues sur les thèmes suivants :
Appel à communications pour la séance jointe avec le RT4 « Sociologie de l’éducation et de la formation ».
Justice sociale et sentiments de justice à l’école : nouvelles pistes d’analyse face à une institution en mutation
La prise en compte des questions de justice s’est récemment imposée dans le raisonnement sociologique en essaimant dans un nombre important de champs de la discipline. La sociologie de l’éducation est fortement concernée, avec l’impulsion de travaux marquants comme ceux de J.L. Derouet (1992) ou encore de F. Dubet (2000).
Dans le fil du questionnement général du congrès, cette session conjointe propose d’explorer cette rencontre de deux manières complémentaires : qu’est-ce que l’interrogation en termes de justice sociale apporte à l’analyse sociologique de l’école d’une part ? En quoi les mutations de l’école sont-elles liées aux problèmes et à l’expérience de la justice d’autre part ? En prenant en compte ce cadre, les propositions de communication pourront s’articuler à quatre grands axes.
1. Genèse et nature des débats sur la démocratisation scolaire. L’essentiel des débats sur la justice scolaire se réfère aujourd’hui à la question de la démocratisation scolaire. Plusieurs aspects pourront retenir l’attention :
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Quelle « crise » de la démocratisation scolaire ? Comment diagnostiquer les difficultés auxquelles se heurte le modèle de démocratisation qui a dominé après la Seconde guerre mondiale ? Relèvent-elles d’une inadéquation des principes et pratiques de l’enseignement secondaire à ses nouveaux publics (Prost 1992) ? Trahissent-elles les apories d’un modèle de justice qui fonde cette forme de démocratisation en l’articulant à l’idée de mérite (Duru-Bellat 2009)? Quelles tensions, quels rapports de complémentarité relient ces deux perspectives ? Des voies de dépassement sont-elles envisageables ?
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Les principes de justice et leur historicité. Le projet de démocratisation n’est pas monolithique et les principes qui le régissent évoluent dans le temps (Derouet 2005). Comment décrire et interpréter les multiples déplacements et accommodations du modèle de l’égalité des chances ? Quelles sont les critiques et reformulations dont il a fait l’objet ? Comment s’accommode-t-il de l’avènement d’un individualisme libéral, voire d’un « nouvel esprit du capitalisme » et, le cas échéant, comment arbitrer entre ces deux interprétations ?
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En quoi les politiques scolaires, qu’elles soient de niveau local, régional, national ou supranational, reflètent-elles la mobilisation de principes de justice ? Quelles tensions peut-on percevoir de ce point de vue entre les différents niveaux de régulation et de mise en œuvre de ces politiques ? Quel est l’impact des contextes nationaux sur la définition, la mise en jeu et la mise en œuvre des principes de justice ?
2. Elèves et familles dans une école inégale. Sur ce deuxième axe, les contributions pourront porter sur les questions suivantes :
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Les sentiments d’injustice et la fragmentation des inégalités. L’inégalité sociale face à l’école, thème classique de la sociologie, est redoublée d’une multitude d’inégalités, réelles ou perçues, opérant selon des critères et sur des registres différents : différences de traitement selon l’origine ethnique, le territoire, le genre, la religion, le handicap etc. Comment ces inégalités sont-elles perçues? Quels sont les effets des politiques scolaires sur cette perception (e.g. assouplissement de la carte scolaire) ?
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Sentiments de justice, niveaux et espaces de la formation. La question du sentiment d’injustice peut être spécifiée selon les types et les niveaux de formation : les critères et les attentes sont-ils les mêmes dans les grandes écoles, dans l’université massifiée, dans les filières générales, techniques, professionnelles, etc. ? Cette question peut être rapportée au système scolaire lui-même, et au temps de la scolarisation, ou encore au lien école/emploi et à la période postscolaire. Quelles différences ou quelles particularités dans l’appréciation du sentiment de justice pour chacun de ces cas ?
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Sentiments d’injustice et mutations de la formation : La montée en force du thème de la formation tout au long de la vie modifie-t-elle le rapport à la formation initiale ? Quels enseignements peut-on tirer des expériences étrangères sur ce point ? Comment la question scolaire et les appréciations portées par les acteurs sont-elles affectées par une perspective plus large en termes de parcours de vie, où les positions sociales et les identités restent à construire par delà les seules sanctions proprement scolaires ?
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La « nature » de la demande de justice. De façon transversale, les contributions pourront aussi s’interroger sur les conceptualisations les plus pertinentes pour rendre compte des sentiments de justice ou d’injustice. On pourra notamment s’interroger sur la pertinence de notions cousines de celle de la justice, comme celles de respect (Sennett, 2003), de reconnaissance (Fraser, 2005 ; Honneth, 2000 ; Taylor, 1994) ou de décence (Margalit, 1999).
3. Les acteurs du monde scolaire et l’exigence de justice. La question de la justice se pose également aux acteurs du monde scolaire lorsqu’ils sont confrontés à ses exigences. :
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Quelle interprétation des principes de justice dans la pratique, dans l’exercice quotidien du métier d’enseignant (cf., par exemple, Merle 2007) ?
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Quelle mobilisation des principes de justice et quels dilemmes dans la gestion des établissements (cf. l’exemple des responsables d’établissement dans Daverne, Dutercq 2008) ?
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Quelles conséquences de la juridicisation de l’espace scolaire (Dutercq 2010) ? La référence aux règles supplante-t-elle la référence au juste ?
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Comment la montée en force des préoccupations éthiques et déontologiques (Prairat 2009), notamment dans les pratiques et la formation des enseignants, affecte-t-elle la mise en œuvre du sens de la justice ?
4. Qu’est-ce qu’une école juste ? La question de la justice relève traditionnellement de la philosophie politique et morale. L’appropriation de cette notion par la sociologie pose dès lors la question de son apport propre à la définition du juste, ici en matière scolaire : en quoi les résultats des travaux des sociologues ouvrent-ils des pistes dans la recherche de la justice scolaire et quelles sont-elles ?
Ces propositions doivent être adressées simultanément sous fichier word à Régis Cortéséro (regis.cortesero@wanadoo.fr) et à Yves Dutercq (yves.dutercq@univ-nantes.fr) au plus tard pour le 15 janvier 2011. Les réponses aux propositions retenues seront envoyées au plus tard le 19 février 2011.
Appel à communications pour la séance jointe avec le RT9 « Sociologie de l’urbain et des territoires ».
Inégalités, expériences urbaines et justice sociale
L’analyse sociologique des inégalités et des expériences urbaines intègre de plus en plus d’approches en termes de justice sociale et de discriminations. Ainsi, les inégalités de positions et de dotations sont davantage articulées aux différents types d’espaces urbains, et à la façon dont les habitants interprètent et vivent ces inégalités. La perception en termes d’inégalités de classe et de domination semble marquer le pas au profit d’une interprétation en termes de discrimination, avec des effets profonds sur le sens de la justice et les dimensions mobilisées pour les décrire (ethno-raciale, genre, génération, quartier, origine sociale).
Ce processus a bien évidemment des conséquences sur les pratiques, notamment dans les domaines de l’éducation, du logement, de la sécurité et du rapport à la police, ou encore de l’engagement politique. Cette session propose de rassembler des travaux empiriques renvoyant à ces questionnements à partir d’enquêtes réalisées sur tous les types de contextes urbains, qu’il s’agisse de la France ou d’autres pays. Trois axes seront privilégiés :
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Justice sociale et différenciation des espaces. Comment intégrer la dimension normative de l’étude des inégalités à l’analyse des ségrégations et des inégalités spatiales ? Comment la nature de ces inégalités est-elle construite et affectée par les divers acteurs et processus qui concourent à la formation de la valeur sociale des espaces (politiques urbaines, inégalités de l’offre scolaire, localisation des ressources économiques, des bassins d’emploi, etc.) ?
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Expérience des espaces et sens de la justice. Comment analyser l’expérience de l’injustice référée aux inégalités spatiales? Quel regard "normatif" les habitants développent-il sur les différentes caractéristiques de leurs espaces et sur les institutions qu’ils y rencontrent ?
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Sentiments de justice et action. Comment les sentiments de justice et d’injustice affectent-ils les conduites des acteurs ? Quelles conséquences pour l’interprétation des phénomènes de violence urbaine et plus généralement des mobilisations collectives ? Comment ces sentiments affectent-ils leur rapport aux institutions, aux politiques sociales, urbaines, éducatives ?
Les projets de communication, de 3500 caractères maximum, devront s’inscrire dans une démarche sociologique qui implique de préciser, outre la problématique, le type d’enquête et de matériaux mobilisés, ainsi que les principaux apports théoriques. Ils devront être envoyés avant le 24 janvier 2011 à : Marco Oberti (RT 9) : marco.oberti@sciences-po.fr, Clément Rivière (RT 9) : clement.riviere@sciences-po.org, Régis Cortéséro (GT 44) : regis.cortesero@wanadoo.fr.
Appel à communications pour la séance jointe avec le RT38 « Sociologie de l’environnement et des risques »
La justice environnementale en questions
La référence simultanée à la justice climatique et la justice sociale, sous la forme du terme de justice environnementale, fait partie d’un répertoire de revendications et d’actions qui semble aujourd’hui fortement consensuel et partagé par l’ensemble des acteurs du champ de l’environnement. Ce référentiel n’en est pas moins lourd de présupposés, notamment dans la conception des inégalités sociales qu’il contribue à véhiculer.
Constitué initialement aux Etats-Unis au début des années 1980, le thème de la justice environnementale s’appuie en effet sur le constat selon lequel certains groupes sociaux, déjà défavorisés de par leur statut socio-économique, leur origine ethno-raciale ou leur distribution dans l’espace urbain, seraient davantage soumis que les autres aux risques environnementaux. Ils seraient de fait d’autant plus vulnérables qu’ils additionnent handicaps socio-économiques et atteintes environnementales.
Les travaux consacrés à la « justice environnementale » ont ainsi pour vertu de rendre attentif à la variété des inégalités et aux différentes manières dont s’organise leur cumul. Ils tendent néanmoins à laisser dans l’ombre une série de questions que la double perspective de l’innovation et de la création peut contribuer à dégager. Cette session jointe invite ainsi à déconstruire le référentiel de la « justice environnementale » en lui appliquant ces deux grilles de lecture. Trois axes pourront être suivis, sans exclusive, pour les propositions de communication :
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On pourra d’abord interroger l’articulation entre questions de justice et questions environnementales au niveau des « macro-acteurs » (Organisation Internationale du Travail, coalition de mouvements sociaux comme Climate Justice Now ! , etc.) ou des « micro-acteurs » (objecteurs de croissance, initiatives citoyennes et militantes à l’occasion du Forum Social Européen, etc.). Il s’agira alors de mettre en évidence tout autant les formes d’hybridation conceptuelle (« mondialisation équitable »), que les pratiques sociales innovantes, expérimentales ou contestataires (action de désobéissance civile non violente, simplicité volontaire, formes nouvelles de coopération ou partage, etc.) et les présupposés idéologiques (rupture avec un modèle consumériste, antiproductivisme) auxquels le thème de la « justice environnementale » peut être associé.
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On pourra ensuite se demander en quoi une approche en termes de justice contribue à modifier la manière dont les questions environnementales sont pensées dans le champ sociologique et formulées dans le débat public. Comment et en réponse à quels types de demandes la notion de justice environnementale a-t-elle émergé dans le champ des politiques publiques de développement durable ? Dans quelle mesure, par exemple, des notions comme celles d’équité environnementale ou d’aménité restent-elles tributaires d’une lecture économiciste de la pensée rawlsienne ?
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Quid enfin des liens entre justice spatiale et justice sociale ? Dans quelle mesure une lecture conjuguant ces deux thèmes permet-elle de dévoiler à la fois des mécanismes de production spatiale des injustices et d’instrumentalisation politique des espaces ou des territoires ? Comment l’action sociale de proximité et son pilotage administratif s’organisent ou se réorganisent autour de schèmes de classement (redistribution environnementale, solidarité territoriale, etc.), où la dimension spatiale est très fortement marquée ?
Les propositions doivent être adressées simultanément, avant le 15 janvier 2011, aux deux adresses suivantes : RT38@misha.fr (RT 38) et frederic.gonthier@iep-grenoble.fr (GT 44). Les réponses aux propositions retenues seront envoyées au plus tard le 24 janvier 2011.
Organisation d’une plénière avec le RT43
Parallèlement à ces trois sessions jointes, le GT44 soumettra au Comité Exécutif de l’AFS un projet de plénière.
Mise en place avec le RT43 « Sociologie et religions », la séance porterait sur les relations entre structures sociales et systèmes de valeurs, et interrogera notamment les liens entre leurs transformations respectives.
Ce projet de plénière sera également l’occasion de souligner l’intérêt et le caractère méthodologiquement novateur des différents programmes d’enquêtes sociales internationales (EVS, ISSP…) conduits à Grenoble au sein de l’UMR PACTE.
Informations pratiques pour répondre aux quatre appels à communications
Sauf mentions particulières pour les sessions jointes, les propositions de communication comporteront :
Ces propositions seront examinées, suivant une procédure de double évaluation, par des groupes ad hoc composés de membres du bureau du GT 44 et, le cas échéant, des bureaux des RT partenaires. On veillera notamment à garantir une représentation équilibrée des communications selon un critère de statut et un critère d’origine géographique. Les propositions devront être adressées soit aux responsables du GT 44 avant le 15 Janvier 2011, soit, le cas échéant, aux responsables des sessions conjointes selon les dates mentionnées dans les rubriques qui leurs sont dédiées. La sélection se fera début février. Les propositions acceptées figureront, dans une limite de 1500 signes par proposition, dans le volume édité à l’occasion du congrès.
Responsables du GT 44 pour le congrès 2011 : Régis Cortéséro, Frédéric Gonthier et David Mélo
Bureau : V. Caillet, N. Charles, R. Cortéséro, M. Duru-Bellat, M. Forsé, F. Gonthier, V. Guienne, Y. Lopez, D. Mélo, P. Paperman.
Appel à communication en pdf
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