Les transitions professionnelles dans le monde associatif

Organisateurs : MiRCTA (Mission de Recherche sur la Culture et les Territoires en Aquitaine)
                          CEMEA Aquitaine
En partenariat avec : Association Française de Sociologie (RT35),
Observatoire National de l’Animation et du Sport
UMR 5185 ADES-CNRS
Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine


Lors du dernier congrès de l’AFS (Bordeaux 2006), plusieurs communications du Réseau Thématique 35 « Sociologie de l’engagement, du bénévolat et de la vie associative » ont développé l’idée que le monde associatif est un lieu où s’expérimentent à la fois de nouvelles formes d’engagement et un nouveau rapport au travail dans lesquels les frontières entre activités bénévoles et professionnelles, militantisme et réalisation de soi se brouillent (D. Ferrand-Bechmann, 2004).
Parallèlement, alors qu’émerge la notion de volontariat et le cadre juridique qui

l’accompagne, les CEMEA travaillent sur un plan national de formation des bénévoles associatifs. L’Observatoire National des Métiers de l’Animation et du Sport (dont la dernière publication a pour nom « les transitions professionnelles vers les métiers de l’animation
et du sport » [J.P. Augustin, 2004]) lance de son côté une série d’étude destinées à mesurer le volume réel de ce nouveau champ professionnel largement issu du monde associatif. Il ne manquait plus à ce consensus que le partenariat de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine et de l’Unité de Recherche ADES-CNRS pour soutenir l’aspect scientifique de ces journées : c’est chose faite, le travail peut à présent commencer sous de bons auspices.

L’objectif de ces journées sera donc d’interroger le mondes associatif à travers ces nouvelles formes d’engagement et de travail prioritairement dans le champ de la culture, de l’animation et de l’éducation populaire, mais aussi dans celui du sport et des loisirs, de l’action humanitaire et des associations issues des « nouveaux mouvements sociaux ». Le fil
conducteur proposé consiste à illustrer les transitions entre bénévolat, volontariat et professionnalisation dans le monde associatif. On pourra se demander ce que recouvrent aujourd’hui les registres de l’engagement (militant, professionnel, confessionnel, politique, social, culturel etc.) et interroger les parcours, trajectoires, et expériences qui en découlent et se construisent sous diverses formes dans le monde associatif. L’engagement ne pourrait-il pas être aussi défini comme une transition entre des compétences tirées de la socialisation familiale ou culturelle de l’individu et une professionnalisation choisie dans des objectifs de réalisation personnelle, d’invention de soi ? L’identité sexuée, l’appartenance de classe, l’assignation des individus à une culture ou un groupe minoritaire ne sont-ils pas souvent mobilisés dans l’engagement associatif comme une compétence au service d’un projet de vie, d’un projet de société ou d’une professionnalisation ? La proximité entre innovation culturelle et pratiques déviantes (dans les rave-parties, la glisse urbaine, la culture queer) peut-elle être une marge féconde pour des transitions professionnelles ? Arrivé-e au terme de ces transitions professionnelles, l’acteur-e associatif-ve bénévole, volontaire ou professionnel-le n’est il-elle pas devenu-e comme l’artiste : « une incarnation possible du travailleur du futur (…), inventif, mobile, indocile aux hiérarchies, intrinsèquement motivé, pris dans une économie de l’incertain (…) exprimant à présent avec toutes ses ambivalences un idéal possible du travail qualifié à forte valeur ajoutée » ? (P.M. Menger, 2002). Ces transitions professionnelles ne sont elles pas aussi des transitions "négatives", synonymes de précarité, d'incertitude et d'absence d'alternatives ?

A partir de ces questionnements, il sera demandé aux intervenants de proposer une approche conceptuelle et/ou critique, fondée sur des exemples concrets, gravitant autour de quelques figures de l’acteur-e associatif-ve bénévole ou professionnel-le:

1. « L’artiste engagé-e » dans le monde associatif en marge ou en lien avec des institutions culturelles nationales ou décentralisées,
2. « L’adepte et/ou l’initié-e » des pratiques musicales, culturelles et sportives émergentes qui développe ses activités en investissant et/ou en détournant les espaces publics (espaces urbains, falaises, côtes littorales…),
3. « Le-la bénévole et/ou professionnel(le) » intervenant dans le champ de l’animation et de l’éducation populaire, de l’action humanitaire et du développement,
4. « Les acteurs-es alternatif » engagés-es dans des « nouveaux » mouvements sociaux ayant pour but le changement social et/ou la reconnaissance de l’altérité. Selon la quantité et la qualité des communications proposées et les thématiques abordées par celle-ci, les journées s’organiseront en plusieurs ateliers. Ceux-ci aborderont l’engagement dans le monde associatif en fonction des parcours et illustreront les transitions entre bénévolat et professionnalisation, l’environnement associatif qui le porte et l’aspect plus ou moins innovant de la démarche.